limon

(Mot repris de limons)

1. limon

n.m. [ du lat. limus, boue ]
Ensemble de particules de terre mêlées de débris organiques et déposés par les eaux, constituant des sols légers et fertiles.

2. limon

n.m. [ it. limone, de l'ar. ]
Citron très acide, fruit du limonier.

3. limon

n.m. [ du gaul. ]
1. Chacun des brancards qui sert à atteler un cheval à une voiture.
2. Partie latérale d'un escalier qui supporte les marches.

limon

(limɔ̃)
nom masculin
terre déposée sur les rives d'un cours d'eau le limon d'un fleuve

LIMON1

(li-mon) s. m.
Dépôt de terre divisée et de débris organiques formé au fond des étangs, des fossés, ou entraîné par les eaux courantes dans les parties déclives des terrains.
L'eau de cette rivière est toujours trouble et mauvaise à boire, à cause qu'elle traîne quantité de limon [VAUGEL., Q. C. liv. VII, dans RICHELET]
Le Seigneur Dieu forma l'homme du limon de la terre [SACI, Bible, Gen. II, 7]
On a pris le limon pour de l'argile ; cette erreur capitale a donné lieu à de faux jugements et a produit une infinité de méprises particulières [BUFFON, Min. t. II, p. 124]
Leurs jours [des parias] sont à ses yeux Comme ceux du reptile ou des monstres immondes Que le limon du Gange enfante sous ses ondes [C. DELAV., Paria, I, 1]
Fig.
À peine du limon où le vice m'engage, J'arrache un pied timide et sors en m'agitant, Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant [BOILEAU, Épît. III]
Terme de géologie. Roche où dominent à la fois le sable et l'argile.
Fig. Extraction, origine, nature, par allusion à la terre dont la Bible dit que l'homme fut formé.
Mais ceux que la nature a formés comme nous D'un limon moins grossier que le limon vulgaire [DESHOUL., Épît. à l'abbé de Lavau.]
On dirait que le ciel est soumis à sa loi, Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi [BOILEAU, Sat. V]
Si du même limon la nature féconde Sur un modèle égal ayant fait les humains.... [VOLT., Scythes, IV, 1]
Nos mères nous ont faits tous du même limon [LAMART., à Némésis.]

SYNONYME

  • LIMON, FANGE, BOUE. Ces trois termes désignent de la terre détrempée par l'eau. Le limon est cette terre détrempée que les fleuves charrient et qu'ils déposent. La fange est de la terre détrempée par la pluie, par la neige, par une eau qui s'épanche, ainsi que la boue ; elle ne diffère de la boue que par l'emploi qu'on en fait : boue est de tous les styles ; fange est du style élevé.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Sa bouche est pleine de sanc et de limon [, Roncisv. p. 100]
  • XIIIe s.
    Je sui enfichiez au limon de la mer [, Psautier, f° 79]
    L'endemain à vostre levée, E buche e denz devez laver, E oster le limun des denz [, Ms. St Jean]
  • XVIe s.
    Après aussi que le lymon tout frais Est eschauffé du soleil et ses rais [MAROT, IV, 35]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. limo, limon ; catal. lim ; espagn. et ital. limo ; du lat. limus, le grec signifie lieu humide ; comparez l'anc. scand. lim ; all. Schleim ; ancien haut all. slîm, argile. Corssen pense que les formes commençant en l ont perdu une s initiale. Le provençal et le français supposent une forme allongée limonus ( o long).

LIMON2

(li-mon) s. m.
L'une des deux branches de la limonière d'une voiture. Mettre un cheval dans les limons, en limons.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Li chevaliers à pié, sans lance, Après la charete s'avance, Et voit un nain sor les limons Qui tenoit comme charretons Une longue verge en sa main [, la Charrete, V. 345]
  • XIIIe s.
    Droïns [le moineau] au cheval des limons Saut sus la teste maintenant, Et de son bec le vait bechant [, Ren. 25524]
    En leu de chevaus atelés Ot es limons huit colombiaus Pris en son colombier mout biaus [, la Rose, 15987]
  • XIVe s.
    Icelluy varlet se ferma une corde au col en maniere d'une vercolle [bricole] pour soustenir le limond du dit demi char [DU CANGE, vercolenum.]

ÉTYMOLOGIE

  • Espagn. limon, dérivé de leme, timon, gouvernail, dont la provenance ultérieure est inconnue. Le wallon a limon, poutre.

LIMON3

(li-mon) s. m.
Fruit qui ressemble au citron, excepté qu'il n'a pas l'écorce si épaisse, qu'il est un peu plus long et que le jus en est plus aigre ; il est le produit d'une variété du citronnier limonier.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Il semble que les antiques n'aient cogneu que le seul citronier, pour ne faire mention aucune des oranges, limons, ne ponciles [O. DE S., 707]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. limo ; catal. lliemó ; espagn. limon ; portug. limão ; ital. limone ; du persan laimun ; indoustani, limu, nimu ; bengali, nibu ; sanscrit, nimbûka, citron.

LIMON4

(li-mon) s. m.
Terme d'architecture. Nom donné à la pierre ou à la pièce de bois qui termine et soutient les marches d'une rampe d'escalier, sur laquelle on pose une balustrade pour servir d'appui. Faux limon ou limon en crémaillère, planche rampante posée contre le mur et contre laquelle les contre-marches viennent butter. Terme de marine. Se dit des bouts de cordages bien ridés qui servent de bras d'échelle pour monter dans les haubans, sans marcher sur les bastingages.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Limons de montées [, Nouv. coust. génér. t. II, p. 989]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. limus, oblique, d'après Scheler.

limon

LIMON. n. m. Terre détrempée charriée par un cours d'eau et qui se dépose sur ses deux rives quand le courant se ralentit. Ce fleuve charrie beaucoup de limon. Les anguilles et quelques autres poissons se tiennent dans le limon.

Fig. et spécialement dans le langage biblique, Nous sommes tous pétris du même limon.

limon

LIMON. n. m. L'une des deux branches de la limonière d'une voiture.

En termes d'Architecture, il désigne spécialement une Pièce de bois ou de pierre, taillée en biais, qui supporte les marches et la balustrade d'un escalier.

limon

LIMON. n. m. Sorte de citron qui a beaucoup de jus.

limon

Limon, m. acut. Signifie ores une espece d'orange qui est longue, de cotte jaunastre et moins dorée que l'orange, le jus blanc, froid, aigre et agassant, on l'appelle aussi Citron. Et ores une ordure, bouë ou humidité crasseuse et visqueuse, comme le limon des anguilles et escargots, Limus, Et consequemment une terre glaireuse et poisseuse. Selon ce il dit que l'homme a esté fait du limon de la terre, Ex limo terrae, Et ores se prend pour le devant du brancar d'une charrete, et parce que le brancar a deux bras, on dit les limons en nombre pluriel, qui sont ces deux grosses perches courbées entre deux, desquels le cheval qui porte la sellete sur laquelle ils reposent, est attelé, et les soustient avec une grosse large et renforcée courroye de cuyr qui s'appelle dossiere, laquelle porte sur la sellete, et pour ceste raison ledit cheval est appelé Limonnier, là où les autres n'ont point de sellete, et tirent avec traicts.

limon


LIMON, s. m. LIMONADE, s. f. LIMONADIER, IèRE, s. m. et f. LIMONEUX, EûSE, adj. LIMONIER, s. m. [3e lon. au pénult., neû, neû-ze; é fer. au dern. nié: 4e é fer. au 3e, è moy. et lon. au 4e; nadié, diè-re.] Limon a trois significations, qui n'ont point de raport l'une avec l'aûtre: 1°. Boûe. "Dieu forma Adam du limon de la terre: 2°. Citron, qui a beaucoup de jus. "Sirop de limon. 3°. L'une des deux grosses pièces de devant d'une charrette, entre lesquelles on atèle les chevaux. "Mettre un cheval dans les limons. = Limoneux a raport au 1er sens: bourbeux, plein de limon. "Terre limoneûse. = Limonade et Limonadier se disent dans le 2d: Boisson faite avec du jus de limon, ou de citron, de l'eau et du sucre. — Celui qui fait et qui vend de la limonade, de l'orgeat, etc. — Limonier a le 2e et le 3e sens. Arbre qui porte les limons. — Cheval qu'on met aux limons.

Traductions

limon

Holm, Wange

limon

zancra

limon

[limɔ̃] nmsilt