linot ou linotte

LINOT ou LINOTTE

(li-no) , s. m. ou (li-no-t') , s. f.
Petit oiseau gris, à bec conique, dont le chant est très agréable.
Linot, le mâle ; linotte, la femelle.
Un linot, depuis peu charmé de votre note, A fait divorce avecque sa linotte [PELLISSON, dans JAUBERT, Gloss.]
Linotte se dit du mâle comme de la femelle.
Plusieurs curieux ont fait exprès le voyage de Londres à Kensington pour avoir la satisfaction d'entendre la linotte d'un apothicaire, qui articulait les mots pretty boy [BUFF., Ois. t. VII, p. 86]
Fig. et familièrement. Il a une tête de linotte, c'est une tête de linotte, c'est une linotte, il a bien peu de jugement, son esprit est fort léger.
M. de Saint-Malo, linotte mitrée, âgé de soixante ans, a commencé, vous croyez que c'est les prières de quarante heures, c'est le bal à toutes les dames, et un grand souper : ç'a été un scandale public [SÉV., 237]
Je ne démêle point ce que vous me dites de M. d'Argenson, ni pourquoi vous ne pouvez parler de lui gravement ; ce n'est point une linotte [MAINTENON, Lett. à Mme de Dangeau, t. VII, p. 117, dans POUGENS.]
Maisons regardait Canillac comme une linotte qui parlait bien et beaucoup, et ne faisait nul cas de son jugement [SAINT-SIMON, 393, 82]
Fig. et populairement. Siffler la linotte, boire plus que de raison, et, aussi, être en prison.
Bon homme, dans quelque cabaret Viens-tu de siffler la linotte ? Est-ce le vin rosé, le blanc ou le clairet, Qui t'ont si bien chamarré la calotte ? [, le Théâtre italien de Gherardi, t. III, p. 308]
Fig. et familièrement. Siffler la linotte, signifie aussi instruire un intrigant, une intrigante, pour les faire réussir dans les projets qu'on a formés.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Où estes-vous, chants de linottes, De chardonnerets ou serins, Qui chantés de si plaisans notes, Soubs les treilles de ses jardins ? [COQUILLART, Monologue du puits.]
  • XVIe s.
    De tes chansons plus suis esmerveillé Qu'à escouter en la verte campagne Au frais matin le linot esveillé [MAROT, dans JAUBERT, Gloss.]
    Les leinotes, ou lunotes, ou linotes vont en trouppe tout l'automne et hyver, vivants de semences de chardons [P. BELON, De la nature des oiseaux, VII, 16]
    Une linotte coiffée [une femme] [OUDIN, Dict.]

ÉTYMOLOGIE

  • Ainsi nommé parce qu'il aime les linières, la graine de lin ; Berry, linot, le mâle, lunette, lunotte, linotte ; wall. linièroû ; nam. linè ; génev. ninotte. En Normandie, siffler la linotte signifie perdre son temps, bayer aux corneilles, attendre en vain ; cela se rattache au sens : être en prison.