liseur, euse

LISEUR, EUSE

(li-zeur, zeû-z') s. m. et f.
Celui, celle qui a l'habitude de lire beaucoup.
C'est une liseuse ; elle sait un peu de tout [SÉV., 30 avr. 1689]
Il se dit quelquefois pour celui qui fait une lecture à haute voix.
Nous avons ordres pour aller en basse Bretagne faire uniquement de la dépense, sans autre profit, et nous ôter notre compagnie [celle de son fils], notre liseur infatigable ; cela nous met en colère [SÉV., 8 juin 1689]
Ouvrier qui, dans une fabrique de tissus ouvrés, lit les dessins qu'on doit imiter.
S. f. Liseuse, ouvrière en soie qui fait le lisage.
Liseuse, espèce de petit couteau à papier, garni d'un petit crochet, et qui sert à marquer la page à laquelle on est resté dans la lecture d'un livre.

SYNONYME

  • LECTEUR, LISEUR. On appelle lecteurs, lectrices, ceux ou celles dont l'emploi est de lire à des personnes qui les écoutent ou qui devraient les écouter ; et liseurs ou liseuses ceux ou celles qui ont l'habitude de lire beaucoup. Pourtant Mme de Sévigné a employé liseur au sens de lecteur à haute voix. Quand on parle de celui qui lit pour son instruction ou son amusement, on dit aujourd'hui lecteur ; l'historique montre qu'on disait autrefois liseur.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais par tant que nos avons de Davit parleit et rameneit à memore son grand pechiet, si muet [est mu, ému] par aventure lo corage del leisor [, Job, p. 507]
  • XIVe s.
    Le liseur de cest livre [LANFRANC, f° 15]
  • XVe s.
    Si je faulx aux termes comme ung mois plus ou moins, les liseurs me excusent s'il leur plaist [COMM., VI, 3]
  • XVIe s.
    Pour contenter l'esprit du liseur [PARÉ, XIX, 32]