local, ale

LOCAL, ALE

(lo-kal, ka-l') adj.
Qui appartient à un lieu.
Qu'ajouterait à votre science [de vous, Dieu], à votre puissance, à votre grandeur, quelque espèce d'étendue locale que ce soit ? [BOSSUET, Élévat. sur myst. III, 3]
Il y avait déjà des coutumes locales dans la première et la deuxième race [MONTESQ., Esp. XXVIII, 12]
Ce qui vient de Dieu est universel et immuable ; ce qui vient des hommes est local, inconstant et périssable [VOLT., Dial. XXVIII, 3]
Le bruant fou ne se trouve point dans les pays septentrionaux, et son nom ne paraît point dans les zoologies locales de la Suède, du Danemark, etc. [BUFF., Ois. t. VIII, p. 70]
Il ne pouvait plus faire renaître ces petites circonstances locales qui l'attendrissaient profondément [STAËL, Delphine, 5e p.]
Il ne suffit pas que Robertson se montre à moi impartial envers Luther et Léon X ; il faut que son récit soit assez complet, assez personnel, assez local, pour qu'en le lisant je conçoive et le rôle des deux personnages et la puissance qu'ils ont exercée l'un et l'autre [VILLEMAIN, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon.]
Mémoire locale, celle qui retient particulièrement la disposition et l'état des lieux, des choses, des idées et même des mots ; locution fondée sur ce que les anciens, dans leur mnémotechnie ou mémoire artificielle, faisaient apprendre par cœur à leurs élèves toutes les parties d'un palais, par exemple ; on s'imaginait déposer dans chaque lieu tantôt une pensée, tantôt une phrase ou un objet qui les rappelait ; et, en repassant en idée par les mêmes lieux, on retrouvait les mêmes objets ou les mêmes mots ; de sorte que la mémoire était essentiellement locale. Terme de peinture. Couleur locale, couleur propre à chaque objet, indépendamment de la distribution particulière de la lumière et des ombres. Fig. En littérature, couleur locale, observation exacte des mœurs, des usages, des temps et des lieux ; c'est ce qu'on nommait autrefois les mœurs, le costume.
Je pouvais à présent corriger mes tableaux, et donner à ma peinture de ces lieux célèbres les couleurs locales [CHATEAUBR., Itin 1re part.]
Vers l'an de grâce 1827 j'étais romantique.... nous entendions par couleur locale ce qu'au XVIIe siècle on appelait les mœurs ; mais nous étions très fiers de notre mot, et nous pensions avoir imaginé le mot et la chose [MÉRIMÉE, Avertissement de la Guzla, 1840]
Terme de grammaire. Adverbe local, adverbe qui désigne le lieu. On dit ordinairement adverbe de lieu. Terme de mathématique. Problème local, problème qui se résout par un lieu géométrique. Terme de médecine. Affection locale, se dit, par opposition à affection générale, d'une maladie bornée à un seul organe, à un seul endroit du corps. Traitement local, applications locales, traitement, applications qui se font uniquement sur la partie malade.
S. m. Ce qu'il y a de local.
Il ne serait pas inutile que Votre Majesté ordonnât à M. Amelot de conférer, sur le projet à faire [un traité avec le roi de Sardaigne], avec quelques-uns de vos ministres, afin de suppléer aux connaissances du local et de la cour de Turin qu'il ne peut avoir par lui-même (1743), [, Corresp. de Louis XV et de Noailles, t. I, p. 44]
Nous avions toujours un grand atlas sur la table, pour suivre la position du local des événements [D'ARGENSON, Mém. t. I, p. 100]
Lieu, considéré par rapport à sa disposition et à son état. Un vaste local. Les locaux dont l'administration dispose.
Il s'est dit abusivement pour lieu particulier, localité.
D'ailleurs connaissant mieux le local [Genève], vous faites des distinctions plus justes [J. J. ROUSS., Lett. à J. Vernet, 18 sept. 1758]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Les choses locaus [applications locales] soient huile de violete et oignemens resumptis [H. DE MONDEVILLE, f° 67]
    Tout mouvement local est mesuré par aucun espace ou ligne laquelle descript la chose meue par tel mouvement [ORESME, Thèse de MEUNIER.]
    Venons aux remedes locals [BERNARD DE GORDON, Traduction, II, 5]
  • XVIe s.
    Vostre maison est elle pas en bel air ? ....Y a il quelque pensée locale qui vous ulcere ? [MONT., IV, 125]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. local, logal ; espagn. local ; ital. locale ; du lat. localis, qui est dérivé de locus, lieu (voy. LIEU).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • LOCAL. - HIST. Ajoutez : XIIIe s.
    Priès de là si est, ce lisons, Li louaus [le local] ù fu la maisons Le roi de Jude Ezechie [PH. MOUSKES, Chronique, V. 10 488]