luisant, ante

LUISANT, ANTE

(lui-zan, zan-t') adj.
Qui luit. Un ver luisant.
Du ciel qui vient d'ouvrir ses luisantes barrières, D'où quelque déité vient, ce semble, ici-bas Terminer elle-même entre vous ces débats [CORN., Androm. I, 2]
[Le chrétien durant les persécutions] voyant autour de lui d'un côté un tyran furieux et des bourreaux inhumains... de l'autre, des fers brûlants, des épées luisantes... [FLÉCH., Sermons, Pour le jour des rois]
Fig.
Ne vous persuadez pas qu'il n'ait converti que les hérétiques ; cette science ardente et luisante agissait encore bien plus fortement sur les domestiques de la foi [BOSSUET, Panég. St Franç. de Sales, 1]
Substantivement. Le luisant d'une étoffe. Fig.
Je sais qu'assez souvent ce sont de faux luisants [CORN., Imit. III, 22]
François de Sales n'a pas été de ces faux luisants qui n'attirent que des regards curieux et des acclamations inutiles [BOSSUET, Panég. St Franç. de Sales, Préambule.]
Terme de peinture. Le luisant, l'effet de la lumière réfléchie sur les tableaux peints à l'huile ou vernis.
Qui a quelque éclat, qui réfléchit quelque lumière. Des couleurs luisantes. Des étoffes luisantes. Une encre luisante.
...l'acier poli de leurs armes luisantes [MAIR., Sophon. II, 3]
Je me dépouillai de mes habits ; on fit couler des flots d'huile douce et luisante sur tous les membres de mon corps, et je me mêlai parmi les combattants [à la lutte] [FÉN., Tél. V]
Il se dit aussi du reflet que communiquent les corps gras. Une peau luisante.
S. f. Luisante, nom donné à certaines étoiles qui brillent d'un éclat particulier. C'est ce qu'on nommait autrefois lucide. La luisante de la Lyre. Luisante, petite espèce d'hélice assez commune en France.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Les crins [elle] ot lons et blons plus que li ors luisans [, Sax. V]
  • XIIIe s.
    Frere, fait il, mult estes biaus ; Et mult est luisanz vostre piaus [MARIE, Fable 34]

ÉTYMOLOGIE

  • Luire.