luron, onne

LURON, ONNE

(lu-ron, ro-n') s. m. et f.
S. m. Bon vivant, ou bien homme vigoureux et déterminé.
Sans fréquenter les Porcherons, Le rendez-vous des bons lurons [VADÉ, Pipe cassée, II]
Auprès de ta femme, sans crainte, Se glisse un chasseur franc luron [BÉRANG., D. Chasse.]
En scène, d'abord admirons La grâce de ces deux lurons [ID., Boxeurs.]
Il y a un Dieu pour les bons lurons comme nous [CH. DE BERNARD, le Gentilhomme campagnard, II, 20]
S. f. Une luronne, une femme réjouie, décidée, qui ne s'effarouche pas aisément. Quelle luronne !

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le filz en chantant, Avant lure, lurete, Avant lure, luron, Mon Dieu, que je suys vrai luron ! [, dans FR. MICHEL, Argot.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. luron, homme fait. Origine inconnue. Génin, remarquant qu'on écrivait jadis leuron (u pour v ; un levron est un jeune lévrier : Plusieurs jeunes leurons amoureux, Aresta amorum, p. 413, dans LACURNE ; Pour le jeune Sanche, c'est un jeune levron qui est bien affamé, GUI PATIN, Lett. t. II, p. 241), pense que luron en est l'équivalent. Charles Nisard, Curiosités de l'étym. franç. p. 79, trouvant dans Pierre Faifeu, ch. 13 : Tant seullement des bribes et lorreaux Pour le souper des compaignons lureaux, admet que lureau est le même que luron, et tire lureau de leurre, celui qui a été fait au leurre, qui est habile. L'assimilation de lureau et luron n'est pas sans vraisemblance, mais il n'est guère possible d'aller au delà de la vraisemblance. Le mot luron n'a point d'historique ; cependant on trouve dans le Charoi de Nymes (XIIe siècle) : Par le conseil que li lurons lor done, Li cuens Guillaumes fait retorner ses homes, V. 956 ; mais peut-être lurons est-il une faute, et faut-il lire hurons, mot si souvent employé pour mineur dans les descriptions de siége. Fr. Michel voit dans luron un dérivé du mot loure (Dict. d'argot, Luron).