mânes

mânes

[ mɑn] n.m. pl. [ lat. manes ]
1. Dans la mythologie romaine, âmes des morts, considérées comme des divinités.
2. Litt. Ancêtres considérés comme vivant dans l'au-delà : Invoquer les mânes de ses aïeux.

MÂNES

(mâ-n') s. m. pl.
Nom que les anciens donnaient à l'ombre, à l'âme des morts.
Aux mânes paternels je dois ce sacrifice [CORN., Cinna, I, 2]
Vengez la reine, immolez tous Ce traître à ses augustes mânes [LA FONT., Fabl. VIII, 14]
Pensez-vous qu'après tout ses mânes en rougissent ? [RAC., Andr. III, 8]
Ô fils d'Ulysse ! me dit Aceste, je ne puis refuser votre sang aux mânes de tant de Troyens que votre père a précipités sur les rivages du noir Cocyte [FÉN., Tél. I]
Ils [les Juifs] pensèrent, comme presque toutes les autres nations, que l'âme est quelque chose de délié, d'aérien, une substance légère, qui retenait quelque apparence du corps qu'elle avait animé ; c'est ce qu'on appelait les ombres, les mânes des corps [VOLT., Pol. et lég. Tolérance, Extr. tol. des Juifs.]
Si je meurs pendant que vous serez en route, cela ne fait rien ; venez toujours, mes mânes en seront très flattés ; ils aiment passionnément la bonne compagnie [ID., Lett. Delisle, 12 juill. 1773]
Nous [Athéniens] n'avons à présent d'autre ressource que l'indulgence ou la pitié de ce prince [Philippe] ; la pitié ! mânes de Thémistocle et d'Aristide !... [BARTHÉL., Anach. ch. 61]
Ah ! vous pleurer est le bonheur suprême, Mânes chéris de quiconque a des pleurs ; Vous oublier, c'est s'oublier soi-même ; N'êtes-vous pas un débris de nos cœurs ? [LAMART., Harm. II, 1]
Fig.
Laissons en paix les mânes de ses ouvrages [du P. Castel], ensevelis dans le journal de Trévoux [VOLT., Lett. Rameau, mars 1738]
Les anciens Romains disaient aussi les dieux mânes. Aux dieux mânes (Diis manibus), se trouve souvent sur les tombes.

REMARQUE

  • Bossuet, à tort, a fait mânes du féminin :
    Et vous, grandes mânes, je vous appelle, sortez de ce tombeau, [BOSSUET, Cornet.]
    Lesage a dit aussi, Diable boit. XII : C'est l'ombre d'un vieux notaire lequel a eu la vanité de se faire enterrer dans un cercueil de plomb ; ce qui a choqué toutes les autres mânes de bourgeois dont les cadavres ont été mis en terre ici plus modestement. C'est un archaïsme, voy. l'historique et Furetière, qui, dans son dictionnaire, indique mânes comme féminin.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Les manes font un bruit, et Caron par ses cris Reclame à son secours Pluton et ses esprits [DESPORTES, Rodomont.]
    Vous disiez que les manes toutes guerrieres et bouillantes de M. de Martigues.... s'irriterent.... [BRANT., Vie de Lanoue.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. manes, de manis, doux, bienveillant, usité seulement dans le composé im-manis.

mânes

MÂNES. n. m. pl. Nom que les anciens Romains donnaient à l'ombre des morts. Polyxène fut sacrifiée aux mânes d'Achille. Apaiser les mânes irrités.

Il désigne aussi poétiquement l'Âme des morts. Prendre à témoin les mânes de son père.

Le séjour des mânes, Le Tartare.

manés

Manés, id est, les ames sorties des corps humains, Manes, manium, manibus.

mânes


MâNES, s. m. pl. [1re lon. 2e e muet.] Nom que les Anciens donaient aux âmes des morts. On le dit toujours au pluriel, même quand il s'agit d'un seul. "Polixène fut sacrifiée aux mânes d'Achille.

Traductions

mânes

manes