mâtiner

(Mot repris de mâtinâtes)

MÂTINER

(mâ-ti-né) v. a.
Couvrir, en parlant d'un mâtin ou de tout autre chien d'une race inférieure à celle de la chienne ou différente. Trivialement. Se dit aussi d'une femme qui s'est mariée à un homme indigne d'elle. Cette femme a été mâtinée.
Fig. et populairement. Gourmander, maltraiter de paroles.
Mâtiner s'est dit pour broyer.
Leur défendons.... de mâtiner et mettre en poudre aucun tabac... ; leur permettons néanmoins de le fabriquer, filer et mettre en rolle, [, Ordonn. 22 juill. 1681]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ysengrin ne l'escoute mie ; Ainz l'a saisi par le chaon ; Sel mastine comme un gainon [chien] [, Ren. 7766]
  • XVe s.
    Gens felons, gens de dure teste.... Tous jors avez vous mastinées Les saintes gens, et contredit Et resisté au saint Esperit [, le Martyre de St Étienne]
  • XVIe s.
    Plustot que de se laisser mastiner contre l'honneur de son rang, Razias se frappa de son espée [MONT., II, 33]
    Qu'un homme seul mastine cent mille villes, et les prive de leur liberté ; qui le croiroit ? [LA BOETIE, Servitude volontaire.]

ÉTYMOLOGIE

  • Mâtin.

mâtiner

MÂTINER. v. tr. Il se dit d'un Mâtin et, par extension, de tous les chiens qui couvrent une chienne d'une espèce différente de la leur.

Il s'emploie surtout au participe passé et se dit d'un Animal qui a perdu une partie de sa race. Les chiens mâtinés sont parfois bons à la chasse.

Par extension, MÂTINÉ signifie Qui est mêlé de. Il parle un français mâtiné d'espagnol.