mécroire

(Mot repris de mécrus)

MÉCROIRE

(mé-kroi-r' ; il se conjugue comme croire) v. n.
Refuser de croire.
On en pourra gloser, on en pourra mécroire [LA FONT., Fiancée.]

PROVERBE

    Il est dangereux de croire et de mécroire.
Activement.
Mais il ne faut telles choses mécroire [LA FONT., Aveux.]
Et partant ne veux pas Mécroire en rien la vérité du cas [VOLT., Antigit.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Ançois m'estuet [il me faut], se voeil [si je veux] à droit jugier, Croire et mescroire et ses fais et ses dis [MÄTZNER, p. 34]
    Si que, s'il a aucun lai [laïque] qui mescroie en le [la] foy.... [BEAUMANOIR, XI, 2]
    Or nous ledenge, or nous mesame Jalousie qui nous mescroit [, la Rose, 3663]
  • XVIe s.
    Tant de constances esmerveillables parurent, que les spectateurs mescroient leurs yeux d'avoir veu, et les escrivains d'avoir fidellement rapporté [D'AUB., Hist. I, 71]
    Le voulant rendre suspect, afin que, si le petit roy venoit à. deceder, on le mescreust de l'avoir secrettement fait mourir [AMYOT, Lyc. 3]
    Quand je me plains du defaut de ma memoire, ils me reprennent et me mescroyent [MONT., I, 33]

ÉTYMOLOGIE

  • Mes... préfixe, et croire ; Berry, mécreire ; provenç. mescreire.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

mécroire

MÉCROIRE. v. n. Refuser de croire, ne pas croire. Il ne se dit plus guère que dans cette phrase proverbiale, Il est dangereux de croire et de mécroire.

Dictionnaire de L'Académie française 6th Edition © 1835