mépris

Recherches associées à mépris: mépriser

mépris

n.m. [ de mépriser ]
1. Sentiment par lequel on juge qqn ou qqch inférieur, indigne d'estime, d'attention : Il s'adresse à son subordonné avec mépris dédain, hauteur ; déférence, respect
2. Fait de ne tenir aucun compte de qqch : Son mépris du règlement est choquant indifférence ; observation, respect
Au mépris de,
sans considérer ; malgré : Il a entrepris cette expédition au mépris de toutes les mises en garde ; contrairement à : Vous agissez au mépris du bon sens.

MÉPRIS

(mé-prî ; l's se lie : un mé-pri-z insultant) s. m.
Prix inférieur à la valeur réelle.
C'est le cours du marché des affaires humaines, Qu'encore qu'un chacun vaille ici-bas son prix, Le plus cher toutefois est souvent à mépris [RÉGNIER, Sat. XI]
Vieilli en ce sens.
Fig. Sentiment par lequel on ne tient pas en prix, absence d'estime, de considération pour une personne ou une chose.
Quelque raison qu'on ait, on est dans le mépris, Lorsque l'on abandonne un parti qu'on a pris [TRISTAN, Panthée, I, 5]
Je vois par raison et par expérience que rien n'est plus propre [que les arguments tirés de l'ordre de la nature en faveur de la religion] à leur [aux incrédules] en faire naître le mépris [PASC., Pens. XXII, 2, éd. HAVET.]
Quelle erreur à une chrétienne, et encore à une chrétienne pénitente, d'orner ce qui n'est digne que de son mépris ! [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Qui vit jamais paraître en cette princesse le moindre sentiment d'orgueil ou le moindre air de mépris ? [ID., Duch. d'Orl.]
Vous vous taisez, madame, et ce cruel mépris N'a pas du moindre trouble agité vos esprits [RAC., Androm. IV, 2]
L'horreur et le mépris que cette offre m'inspire [ID., Bajaz. V, 4]
Le mépris est un sentiment froid qui ne pousse à aucun procédé violent [DIDER., Claude et Nér. I, 67]
.... Ce loyal mépris Que tout mauvais auteur inspire aux bons esprits [GILBERT, Mon apologie.]
Ce mépris froid et tranquille que doit inspirer la folie unie à la perversité [GENLIS, Veillées du château t. III, p. 174, dans POUGENS]
Il [Napoléon] haussa les épaules [en apprenant que Moscou était déserte], et, avec cet air de mépris dont il accablait tout ce qui contrariait son désir, il s'écria : ah ! les Russes ne savent pas encore l'effet que produira sur eux la prise de leur capitale [SÉGUR, Hist. de Nap. VIII, 4]
Mon inconnu soupira ; un sourire de regret et de mépris vint effleurer ses lèvres [SCRIBE, le Prix de la vie, dans les Hist. et prov.]
Être à mépris, inspirer un sentiment de mépris.
Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris.... [MOL., Dépit amour. IV, 4]
Mettre à mépris, avoir à mépris, dédaigner.
Mais l'Éternel mettra leur audace à mépris, Et d'un si vain complot ils n'auront que la honte De l'avoir entrepris [RACAN, 2e psaume.]
De l'aller voir Amour n'eut à mépris [LA FONT., Cuvier.]
Faire mépris, traiter avec mépris.
Elle craint toutefois L'ordinaire mépris que Rome fait des rois [CORN., Pomp. III, 3]
Je n'ignore non plus que votre âme plus saine.... Rejette les conseils, en dédaigne le prix, Et fait de ces grandeurs un généreux mépris [ID., Théod. II, 4]
Vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils [les chrétiens] font des richesses [BOSSUET, 2e sermon, Pentec. 1]
Tomber dans le mépris, tomber dans un état où on est méprisé.
Et fille qui vieillit tombe dans le mépris [CORN., le Ment. II, 2]
Joas tombé dans le mépris [BOSSUET, Hist. I, 6]
De mépris, avec mépris.
Le trône, qu'à vos yeux j'ai traité de mépris [CORN., Tois. d'or, IV, 4]
Et traitant de mépris les sens et la matière [MOL., F. sav. I, 1]
Le mépris de soi-même, le sentiment qui fait qu'on n'a pas d'estime pour soi-même.
Ce sont deux sortes d'amours.... l'un est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu.... l'autre c'est l'amour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même [BOSSUET, la Vallière.]
Ce n'est pas la mort que je crains, mais la honte d'en être digne, et le mépris de moi-même [J. J. ROUSS., Hél. I, 24]
L'objet même du mépris.
Que ta religion, que fonda l'imposture, Soit l'éternel mépris de la race future [VOLT., Fanat. V, 2]
Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus des attachements ordinaires du cœur humain. Le mépris de la mort, des richesses.
Ce mépris du malheur, si grand s'il avait coûté plus d'efforts, si héroïque s'il ne venait pas de la même source qui rend incapable des affections profondes [STAËL, Corinne, I, 3]
Au plur. Il se dit de paroles ou actes de mépris.
J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents [MOL., Fem. sav. I, 2]
On dit des injures, des mépris, des rudesses, des cruautés, des querelles, des plaintes, des rages [SÉV., 20 oct. 1679]
Je reconnais toujours vos injustes mépris [RAC., Mithr. III, 5]
Pouvez-vous d'un superbe oublier les mépris ? [ID., Phèd. III, 1]
Au mépris de, loc. prépos. Sans avoir égard à.
Au mépris de ta foi, tu veux détruire un homme Qui veut mourir pour elle [Carthage], ou triompher de Rome [MAIRET, Mort d'Asdrub. IV, 4]
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord.... [BOILEAU, Art p. I]
Il [Henri III] éprouva à ses dépens ce que c'est que commander sans pouvoir ; Guise, au mépris de ses ordres, vint à Paris [VOLT., Ess. guerr. civ. France.]
En mépris de, loc. prépos. Par un sentiment de mépris pour. En mépris du devoir.

PROVERBES

  • La familiarité engendre le mépris.
  • Il n'y a point de dette sitôt payée que le mépris.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Les Atheniens en conceurent une grande confiance d'eulx mesmes, et un grand mespris de leurs ennemis [AMYOT, Lysand. 17]
    Au mespris de leur chef [MONT., I, 4]
    Le mespris de la mort [ID., I, 70]
    Le mespris de la vie [ID., I, 83]
    Avoir une chose à mespris [ID., III, 75]

ÉTYMOLOGIE

  • Substantif abstrait formé de mépriser (voy. ce mot). Mépris ne se trouve pas dans l'ancienne langue. Provenç. menespretz ; catal. menyspreu ; espagn. menosprecio ; portug. menospreço. Mesprisement a été dit quelquefois dans le XVIe siècle :
    Povreté, ignominie, mesprisement, affliction [CALV., Instit. 127]

mépris

MÉPRIS. n. m. Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d'estime, d'égards, d'attention. Profond mépris. Il l'a traité avec le dernier mépris. Des paroles de mépris. Concevoir, témoigner, avoir du mépris pour quelqu'un. Montrer du mépris pour les choses qui méritent le plus de respect. Il mérite le mépris de tous les gens de bien. S'exposer au mépris. Faire à quelqu'un un geste de mépris. Braver le mépris public. Tomber dans le mépris.

Par extension, Le mépris de la vie, le mépris de la mort, le mépris du danger, Le sentiment par lequel on s'élève au-dessus de l'amour de la vie, de la crainte de la mort, du danger. On dit dans un sens analogue Le mépris des richesses, des grandeurs, des honneurs, des louanges, etc.

MÉPRIS, au pluriel, signifie Paroles ou actes de mépris. Les mépris que j'ai essuyés de votre part. Prodiguer à quelqu'un ses mépris. Un tel homme est au-dessus des mépris de la foule.

AU MÉPRIS DE, loc. prép. Sans avoir égard à. Il fait cela au mépris des lois, au mépris de la foi jurée.

mépris


MÉPRIS, s. m. MÉPRISABLE, MÉPRISANT, ANTE, adj. MÉPRISER, v. act. [Mé-pri, zable, zan, zante, : 1re é fermé, 2e br. Devant l' e muet elle est lon. il méprise, méprisera, 3e dou. au 2d, lon. au 3e et 4e, é f. au dern.] Mépris, sentiment par lequel on juge une persone ou une chôse indigne d'égard, d'estime, d'atention. Mépriser, avoir du mépris. Méprisant, qui marque du mépris. "Avoir, témoigner du mépris. "Prendre quelqu' un en mépris Acad. — "Homme, femme méprisable. "Se rendre méprisable. "Air, ton méprisant; manières méprisantes. "Il ne faut mépriser persone, surtout les paûvres et les malheureux. "Il méprise tous les conseils qu'on lui done.
   Rem. 1°. Quand on parle du sentiment, on met toujours mépris au singulier. On dit à plusieurs, comme à un seul: je ne mérite pas votre mépris, et non pas vos mépris. Le pluriel ne semploie que pour signifier les témoignages du mépris. "Je ne suis pas fait pour souffrir vos mépris. = 2°. Tomber dans le mépris, dans un état où l'on est méprisé. Dans cette expression, mépris a le sens passif. = Au mépris de, adv. "Au mépris des conseils qu'on lui a donnés. = Par mépris, autre adverbe. Il se dit, ou sans régime: "il l'a fait par mépris; ou avec la prép. pour: "il l'a dit par mépris pour nous. = 3°. Mépris et mépriser ont un beau sens, avec les chôses pour régime. "Le mépris de la vie, de la mort, des honeurs, des richesses. Mépriser les grandeurs, les dangers, la mort. = 4°. On dit: avoir du mépris pour, et non pas de: "Le souverain mépris qu'Elisabeth avoit de leurs procédés. Hist. des Tud. Dites, pour leurs procédés. = 5°. Avoir à mépris est une expression surannée. "Si le prisonnier se portoit insolemment... à l'égard de la Cour, ou témoignoit de l'avoir à mépris. Procès de Charles I. = 6°. Méprisant ne se dit point des persones, mais seulement des chôses, qui ont raport aux persones. On ne dit point, un homme méprisant, une femme méprisante, quoiqu'on dise un geste, un ton méprisant, des manières méprisantes. = 7°. Méprisant ne peut guère précéder le substantif, même au féminin; mais méprisable le précède élégamment.
   Et, vil client de la fierté,
   À~ de méprisables idoles
   Prostituer la vérité.
       Gresset.
  Leurs méprisables voeux, leurs peines dévorantes.
      Idem.

Synonymes et Contraires

mépris

nom masculin mépris
2.  Fait de ne pas tenir compte de.
Traductions

mépris

contempt, scorn, scornfulness, condescension, disdain, disregardאי-התחשבות (נ), בוז (ז), זלזול (ז), עקימת חוטם (נ), שאט נפש (ז), זִלְזוּל, בּוּזminachting, verachtingpohrdánídesprecioföraktπεριφρόνησηdisprezzo, spregioاِحْتِقَارforagtVerachtunghalveksuntaprijezir軽蔑모욕foraktpogardadesprezoпрезрениеการหมิ่นประมาทhor görmesự khinh miệt轻视 (mepʀi)
nom masculin
1. fait de considérer qqn comme inférieur traiter qqn avec mépris
2. fait de considérer sans intérêt, sans importance le mépris des convenances

mépris

[mepʀi, iz]
pp de méprendre
nm
(= dédain) → contempt
Il nous a traités avec mépris → He treated us with contempt.
(= indifférence) le mépris de [+ loi, dignité humaine] → contempt for
au mépris de [loi, convenances, conseils, règles] → in defiance of