métis, isse

MÉTIS, ISSE2

(mé-tis', ti-s') adj.
Qui est né d'un blanc et d'une Indienne (d'Amérique), ou d'un Indien (d'Amérique) et d'une blanche ; on dit mulâtre quand il s'agit d'un blanc et d'une négresse, ou d'un nègre et d'une blanche. Les Espagnols naturels et les Espagnols métis.
Qui est engendré par deux êtres d'espèce différente, en parlant des animaux. Animaux métis.
Des races métisses ou mélangées [BUFF., Quadrup. t. I, p. 336]
Terme de botanique. Fleurs métisses, fruits métis, fleurs, fruits nés du mélange de deux espèces.
S. m. et f. Métis, métisse, se dit en parlant des hommes et des animaux. Troupeau de métis. Donner des métis en cheptel.
Un valet tel qu'on en trouve beaucoup sur les côtes d'Espagne et dans les colonies ; c'était un quart d'Espagnol, né d'un métis dans le Tucuman [VOLT., Candide, 14]
Le produit de deux reproducteurs de races différentes s'appelle premier métis ; demi-sang, lorsque l'un des reproducteurs est de pur sang ; le produit de l'accouplement d'un premier métis avec un individu d'une des races primitives s'appelle deuxième métis ou trois quarts de sang. On dit aussi troisième métis, quatrième métis, etc.

REMARQUE

  • Quelques-uns disent métif, et au féminin métive :
    Il faudrait faire repasser les Indiens et les métifs en Espagne, [MONTESQ., Lett. pers. 121]
    Des races métives ou mélangées [BUFF., Chien.]
    Je ne sais comment les nobles non possédants-fiefs consentirent à cette exclusion, qui les rendait, pour ainsi dire, une classe métive également étrangère à la noblesse et au tiers état [MIRABEAU, Collection, t. I, p. 11]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    À ces mestiz Franceis, demi Borgoings [Bourguignons] [, Gérart de Ross. p. 377]
  • XVe s.
    Chiens mestiz et mastins [DU CANGE, mestosus.]
  • XVIe s.
    On appelloit nothos ou mestifs ceux qui n'estoient citoyens que d'un costé [BODIN, De la république, I, 6]
    Ce vin mestif, participant et du raisin et de la poire, se rendra doux et piquant [O. DE SERRES, 223]
    J'ay veu mill' hommes soupples, mestis, ambigus, se perdre où je me suis sauvé [MONT., III, 19]
    Se tenir chancelant et mestis en une division publicque [ID., III, 239]
    Les enfans mestifz, c'est à dire ceux qui n'estoient pas nez de pere et de mere naturelz citoyens d'Athenes [AMYOT, Thémist. 1]
    Il y a des formes d'hommes, en certains endroits, qui ont fort peu de ressemblance avec la nostre, et y en a de metisses et ambigues entre l'humaine et la brutale [CHARRON, Sagesse, I, 43]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. mestis ; espagn. mestizo ; port. mestiço ; d'un thème fictif mixtitius, de mixtus, mêlé