magistrat

(Mot repris de magistrats)

magistrat, e

n. [ lat. magistratus, de magister, maître ]
1. En France, tout fonctionnaire ou officier civil investi d'une autorité juridictionnelle, administrative ou politique : Les membres des tribunaux, les maires, les préfets sont des magistrats.
2. En France, fonctionnaire exerçant ses fonctions au sein d'une juridiction de l'ordre judiciaire ou administratif ; membre de la magistrature du siège ou du parquet : Les juges, les procureurs généraux et leurs substituts, les avocats généraux sont des magistrats.

MAGISTRAT

(ma-ji-stra ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des ma-ji-stra-z intègres) s. m.
Officier civil qui rend la justice ou maintient la police ou administre un territoire. Un maire, un conseiller municipal sont quelquefois qualifiés de magistrats.
D'un magistrat ignorant C'est la robe qu'on salue [LA FONT., Fabl. V, 14]
Ce magistrat dont la vieillesse vénérable impose le respect à tout un peuple [PASC., Pens. III, 3]
Nos magistrats ont bien connu ce mystère : leurs robes rouges, leurs hermines, dont ils s'emmaillotent en chats fourrés, les palais où ils jugent, les fleurs de lis, tout cet appareil auguste était fort nécessaire [ID., ib.]
Sous ces yeux redoutables [de Dieu], notre sage magistrat écoutait également le riche et le pauvre, d'autant plus pur et d'autant plus ferme dans l'administration de la justice que, sans porter ses regards sur les hautes places dont tout le monde le jugeait digne, il mettait son élévation comme son étude à se rendre parfait dans son état [BOSSUET, le Tellier.]
S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence.... [BOILEAU, Lutr. III]
Le peuple au champ de Mars nomme ses magistrats [RAC., Brit. I, 2]
Les préjugés des magistrats ont commencé par être les préjugés de la nation [MONTESQ., Préf. de l'Esprit des lois.]
Un paysan du pays allemand, dans le canton de Berne, est persuadé, sans orgueil, que les magistrats ne sont que ses gens d'affaires [CONDIL., Étud. hist. II, 2]
Les magistrats, dans quelque circonstance et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que magistrats, sans parti et sans passions comme les lois, qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr [D'ALEMB., Éloges, Montesquieu.]
Sous l'ancienne monarchie les charges de magistrats étaient vénales.
L'argent seul au palais peut faire un magistrat [BOILEAU, Épître V]
Vos jeunes magistrats, qui achètent une charge de juge dès qu'ils savent monter à cheval, doivent étaler dans les tribunaux tout ce que l'impertinence a de plus ridicule [VOLT., Babouc.]
Magistrat de sûreté, nom donné à des fonctionnaires chargés de la poursuite des délits ; ils sont remplacés par les procureurs impériaux.
Absolument et collectivement. Dans quelques villes, le corps des officiers municipaux (ce sens est latin). Le magistrat fit une proclamation.
Le comte de Steinbock, un des généraux suédois, assembla le magistrat de la part du roi, demanda le passage pour les troupes et quelques munitions [VOLT., Charles XII, 2]
Il se dit aussi, dans un sens analogue mais plus étendu, de l'ensemble des hauts fonctionnaires civils.
Plus le magistrat est nombreux, plus la volonté du corps se rapproche de la volonté générale [J. J. ROUSS., Contr. III, 2]
Magistrats du Pô, du Rhin, commissions chargées de la conservation des rives de ces fleuves.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Sachez que touz offices publiques estoient appellez magistraz en general [BERCHEURE, f° 2, verso.]
  • XVIe s.
    Solon voulut que les offices et magistrats demourassent entre les mains des riches citoyens [AMYOT, Solon, 30]
    Il voulut que le peuple seul eust l'authorité d'élire tous les officiers et magistrats publiques [ID., Publ. et Sol. 2]
    Ayant eu à dire qu'il avoit exercé certain honorable magistrat [magistrature] à Rome [MONT., IV, 62]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. magistrat ; espagn. magistrado ; ital. magistrato ; du lat. magistratus, de magister, maître (voy. MAÎTRE). Le plus ancien sens de magistratus est magistrature ; d'où le sens collectif que l'on trouve encore en français.

magistrat

MAGISTRAT. n. m. Officier civil revêtu d'une autorité administrative. En France, le président de la République est le premier magistrat. Les préfets, les sous-préfets sont les magistrats de chaque département. Magistrat municipal.

Ce mot s'emploie plus particulièrement pour désigner les Membres de l'ordre judiciaire (Conseiller, juge, procureur, etc.). Un magistrat de la Cour de Cassation, de la Cour d'appel, d'un tribunal de première instance.

magistrat

Magistrat, m. acut. Qui a jurisdiction et empire, Magistratus huius magistratus.

Le magistrat qui apportoit la loy au peuple, Rogator comitiorum.

Un magistrat qui a cognoissance des causes criminelles, Quaesitor quaesitoris.

Une espece de magistrat qui eut pour un temps semblable puissance et authorité que les Consuls, Tribuni militares.

Le vieil magistrat estant en la province, qui fait place aux nouveaux successeurs, Decessor.

Magistrats en la creation desquels les solennitez n'ont point esté gardées, Vitiosi magistratus.

Le magistrat qui ne pouvoit estre exercé que par les Patrices, Patricius magistratus.

L'office et dignité d'un magistrat, Magistratus.

Le nom d'un magistrat Romain conservateur du menu peuple, Tribunus, Tribunus plebis.

Lors que tu estois magistrat, ayant empire et souveraine puissance, Quum esses cum imperio.

Qui lors estoit magistrat en Syracuse, Qui tum magistratum Syracusis habebat.

Avoir le magistrat par sort, Magistratum sortiri.

Donner office de magistrat, Mandare magistratum.

Exercer un magistrat, Gerere potestatem.

Qui ont exercé magistrats, Homines honore vsi.

Recevoir l'office de magistrat, Consulatum suscipere.

Quand un magistrat par son Edict taxe nomméement l'honneur de quelqu'un, Aliquem Edicto compellare.

Quand un magistrat assembloit le peuple, et traittoit avec luy de quelque affaire publique, Agere cum populo.

Par ordonnance du magistrat, Publicitus.

magistrat


MAGISTRAT, s. m. MAGISTRATûRE, s. f. [Le t ne se prononce point dans le 1er, 4e lon au 2d, dern. e muet.] Magistrat est un Oficier établi pour rendre la justice ou pour maintenir la police. Il ne se dit que des Juges Royaux, et l'on ne done point ce nom aux Oficiers de certaines Juridictions particulières, et encôre moins aux Juges des Seigneurs. = Magistratûre est, ou la dignité du Magistrat, ou le tems pendant lequel il exerce sa charge. "Exercer la Magistratûre. "Durant sa Magistratûre. = On emploie quelquefois Magistrat au singulier, pour signifier le corps des Magistrats Municipaux. "Il n' étoit pas décidé qu'un maître qu'on se donerait y remédiât mieux (aux vices du Gouvernement) que le Magistrat. Rayn. "Le Magistrat de Groningue entendoit trop bien ses intérêts. Formey. — L'Acad. dit seulement qu'en quelques endroits on dit simplement le Magistrat, pour le Corps des Magistrats. — Mais on ne le dit, même en ces endroits, que des Magistrats Municipaux.

Traductions

magistrat

(maʒistʀa) masculin

magistrate

magistrateשופט (ז)ambtsdrager, gezagsdrager, rechterlijk ambtenaar, magistraatmagistratoقَاضِيِ الْصُّلُحِúředník se soudní pravomocímagistratVerwaltungsbeamterκατώτερος δικαστικόςmagistradorauhantuomarisudac nižeg suda治安判事행정관forhørsdommerurzędnik mający władzę sędziowskąmagistradoмировой судьяfredsdomareผู้พิพากษาsulh hakimiquan tòa地方法官裁判官 (maʒistʀat) féminin
nom
fonctionnaire de justice

magistrat

[maʒistʀa] nmmagistrate