maille

1. maille

[ maj] n.f. [ du lat. macula, tache, point d'un filet ]
1. Boucle de fil reliée à d'autres boucles pour former un tricot ou un filet : Une rangée de mailles point
2. Tissu tricoté : La bonneterie fait partie de l'industrie de la maille.
3. Petit annelet de fer dont on faisait les armures au Moyen Âge : Une cotte de mailles.
4. En technique, chacune des ouvertures d'un tamis, d'un grillage.

2. maille

[ maj] n.f. [ lat. medialia, de medius, demi ]
Anc. Monnaie médiévale en cuivre, de faible valeur.
Avoir maille à partir avec qqn,
avoir des démêlés, un différend avec qqn : Il a eu maille à partir avec l'administration.
N'avoir ni sou ni maille,
Vx être complètement dépourvu d'argent ; être démuni.

maille

(maj)
nom féminin
1. boucle de fil une rangée de mailles d'un tricot
2. trou, ouverture d'un filet de pêche Les mailles serrées empêchent les poissons de s'échapper du filet.
figuré échapper à une contrainte Il n'a pas été contrôlé, il est passé entre les mailles du filet.
3. anneau métallique sur une armure une cotte de mailles

MAILLE1

(mâ-ll', ll mouillées, et non pas mâye) s. f.
Nom donné aux bouclettes de fil, de soie, de laine, de coton ou de corde, qui, passées l'une dans l'autre, forment par leur réunion un tissu serré et sans intervalles, ou un tissu lâche, tel que du crochet, du tricot, etc. Rompre, reprendre, relever une maille. Les mailles d'un filet. Il y a plusieurs mailles rompues à ce filet.
Ce lion fut pris dans des rets Dont ses rugissements ne le purent défaire ; Sire rat accourut, et fit tant par ses dents Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage [LAFONT., Fabl. II, 8]
Vous m'avez envoyé des bas de soie si étroits, que j'ai eu toutes les peines du monde à les mettre, et il y a deux mailles de rompues. - Ils ne s'élargiront que trop. - Oui, si je romps toujours des mailles [MOL., Bourg. gent. II, 8]
Maille double, celle dont le fil est double. Maille carrée, celle qui est rangée comme une case de damier quand le filet est tendu. Maille à losange, celle dont la pointe est en haut, quand le filet est tendu.
Maille mordue, dans les fabriques de bas au métier, celle dont la moitié est dans la tête de l'aiguille et l'autre moitié dehors. Maille portée, celle qui, sans sortir de son aiguille, est engagée dans la tête de l'aiguille suivante. Maille retournée, celle qu'on laisse tomber et qu'on relève sur la même aiguille, de manière qu'elle fasse relief à l'envers et creux à l'endroit. Maille de corps d'en bas, se dit, dans les manufactures de velours, du second fil double dont on garnit les maillons.
L'ouverture que laissent entre eux les nœuds du filet. Les mailles de ce filet sont trop larges.
Les petits annelets de fer dont on formait des armures, en les entrelaçant les uns dans les autres. Une chemise, une cotte de mailles.
Des vases de Dodone, une riche cuirasse, Où l'or à triple maille avec art s'entrelace [DELILLE, Énéide, III]
En termes de tisserand, l'ouverture pratiquée dans les lisses du métier à tisser et qui sert à recevoir les fils de la chaîne.
Vide carré, oblong, losange, etc. que forment les compartiments de treillage. Espace vide que forme chaque fil de fer ou de laiton, dans un grillage.
Terme de blason. Boucle ronde sans ardillon.
Terme de marine. La distance entre deux couples mis en place, et aussi un espace carré laissé entre quatre pièces de bois qui se croisent deux à deux. Espèce de cordage dont on se sert pour mailler une voile. Anneau d'un câble-chaîne. Anciennement. Œillet des rabans de ferlage.
Terme de charpente. Se dit de certaines fissures du bois, qui partent du cœur de l'arbre, et divergent suivant les rayons. Terme de serrurerie. Anneau en S qui sert à former une chaîne, et qu'on appelle aussi chaînon.
10° Terme de pêche. Maille royale, espèce de filet à grandes mailles.
11° Terme de boucherie, voy. HANCHE.
12° Proverbe. Maille à maille se fait le haubergeon, c'est-à-dire en travaillant peu à peu mais constamment à une chose, on parvient à l'achever.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Le blanc haubert dont la maile est menue [, Ch. de Rol. CII]
  • XIIe s.
    Quarals [carreau] ne lance n'en puet maille fausser [, Roncis. 50]
  • XVe s.
    [Le sire de Vertaing] ferit par telle mainere le sire de Puisances, que il transperça les mailles et la poitrine d'acier et tout ce qui estoit dessous [FROISS., I, III, 80]
  • XVIe s.
    [Gargantua] vouloit que maille à maille on feist les haubergeons [RAB., I, II]
    Il avoit un pourpoint de maille [D'AUB., Hist. II, 358]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, mâie ; namur. maie ; provenç. malha, malla ; esp. malla ; ital. maglia ; du lat. macula, maille et tache.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. MAILLE. Ajoutez :
    13° Terme forestier. Un chêne est débité sur maille, lorsqu'on dirige la scie dans le sens du rayon ; contre maille, si l'outil est perpendiculaire à ce même rayon.

MAILLE2

(mâ-ll', ll mouillées, et non mâ-y') s. f.
Taches qui se forment sur les ailes du perdreau quand il devient fort.
Tache ronde qui vient sur la prunelle.
Terme de fauconnerie. Voy. MAILLURE.
Endroit d'où sort le fruit, dans les melons et les concombres ; terme employé par La Quintinie.
Maille, nom vulgaire, à Cayenne, d'une variété de manioc.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    À la maclie [taie à l'œil] ki est enclose, Covient mult curuzive chose [, Ms. de Saint-Jean]
  • XVIe s.
    Tunica ocularis, en françois maille, taye, bourgeon [PARÉ, XV, 5]
    Il voit bien clair, il n'a pas la maille [OUDIN, Curios. franç.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. macula, tache et maille.

MAILLE3

(mâ-ll', ll mouillées, et non mâ-ye) s. f.
Petite monnaie de cuivre qui n'est plus en usage, mais qui valait la moitié d'un denier, et était de la sorte synonyme d'obole. Il n'a ni denier ni maille. Cela ne vaut pas la maille. Je n'en rabattrai pas la maille, une maille.
Suffit d'être enrôlé dans la gentilhommaille Pour être convaincu de n'avoir pas de maille [BOURS., Mots à la mode, sc. 12]
Montre-leur comme il faut.... Ne laisser de sa bourse échapper une maille [, Chapelain décoiffé, 1, dans les Œuvres de Boileau]
Fig. N'avoir ni sou ni maille, être très pauvre. Faire la maille bonne, garantir que le compte est juste, à une maille près. À sou, maille et denier, c'est-à-dire très exactement, en parlant d'un compte. Je sais à sou, maille et denier, ce que lui a coûté sa maison. Fig. Avoir maille à partir avec quelqu'un, avoir un différend comme si l'on avait une maille à partager.
Toujours de son devoir je tâche à l'avertir, Et l'on nous voit sans cesse avoir maille à partir [MOL., l'Ét. I, 9]
Je vaux aujourd'hui plus de sous qu'hier je ne valais de mailles, c'est-à-dire je suis aujourd'hui mieux portant, plus dispos, plus fort. On dit qu'une chose vaut mieux écu qu'elle ne valait maille, quand on l'a beaucoup améliorée.
Rien, pas, point, avec la négation ne.
De nouveauté dans mon fait il n'est maille [LA FONT., Juge.]
Vous faites des merveilles, vous êtes aimée de tout le monde, et il me semble que je vous vois valoir mieux ; c'est que vous ne valiez maille derrière moi, comme dit M. de la Rochefoucault [SÉV., 7 juin 1671, à Mme de Grignan.]
Les Lorrains avaient une monnaie d'or, qui se nommait maille de Lorraine.
Terme d'orfévrerie. Petit poids qui est la quatrième partie d'une once.

PROVERBE

    Bonne est la maille qui sauve le denier [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 253]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais il ne porta là ne maille ne denier [, Th. le mart. 117]
  • XIIIe s.
    Avons baillé la maaille de la dite prevosté pour LXX livres l'an [DU CANGE, medala.]
    Ne ne cuide que riens lui faille, Tout n'ait il vaillant une maille [, la Rose, 5012]
    Nus [nul] qui vende oes [œufs] ne fromages ne doit avoir oes cassés, ne por denier ne por maaille [, Liv. des mét. 37]
  • XIVe s.
    Argent tant en or qu'en argent, blanches maalles et noires [DU CANGE, forgerium.]
    Sangbieu ! je ne vous crains maille [VILLON, Archer de Bagn.]
    Les especes d'or qui s'en suivent, c'est assavoir les mailles au traict, mailles au chat, mailles au chien, et les mailles de Liege aux armes de Bourbon [, Ordonn. 5 oct. 1485]
  • XVIe s.
    Maintenant de toutes ces aumosnes il n'en vient une seule maille aux pauvres [CALV., Inst. 879]
    Encore suis-je tenu de faire la maille bonne de ma parole [MONT., III, 252]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, mâie, mauie, nauie ; nam. maie, mauie, nauie ; anc. esp. meaja ; anc. port. mealha. On a fait venir ce mot de maille 1, parce que cette petite monnaie n'était pas plus grande que la maille d'un filet ; mais l'orthographe maaille, et les formes meaja, mealha conduisent à un mot plus étendu que macula, qui n'a donné que maille ; ils conduisent au bas-latin medala, medalia (voy. MÉDAILLE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    3. MAILLE. Ajoutez :
    Maille blanche, nom vulgaire de la monnaie de huit deniers tournois frappée par Philippe VI et par Jean II.
  • Maille tierce, nom vulgaire de la pièce de quatre deniers tournois sous Philippe le Bel.

MAILLE4

(mâ-lle, ll mouillées) s. f.
Nom, dans la Haute-Saône, d'une sorte de pioche pointue qu'on emploie dans les sols pierreux [, les Primes d'honneur, Paris, 1872, p. 211]

maille

MAILLE. n. f. Chaque boucle que forme le fil, la soie, la laine, etc., dans des tissus plus ou moins lâches, comme les tricots. Il y a une maille rompue à votre bas. Deux mailles de ce bas ont coulé. Reprendre, relever une maille. Il se dit également des Noeuds faits de corde, de fil, etc., dans les filets. Les mailles d'un filet. Il y a plusieurs mailles rompues à ce filet.

Il signifie aussi l'Ouverture que les noeuds laissent entre eux. Les mailles de ce filet sont trop grandes, trop larges.

Fig., Passer entre les mailles du filet, Échapper à une surveillance, à des règles, à des prescriptions qui vous sont imposées.

Il se dit en outre de Petits annelets de fer dont on formait des armures, en les entrelaçant les uns dans les autres. Une cotte de mailles.

En termes de Filature, il désigne l'Ouverture pratiquée dans les lisses du métier à tisser, et qui sert à recevoir les fils de la chaîne. Maille à noeuds, à crochets, à coulisses.

Il se dit encore des Marques, des taches qui paraissent sur les plumes du perdreau, lorsqu'il devient fort.

En termes d'Horticulture, il désigne l'Endroit marqué d'une petite tache, d'où sort le fruit, dans les melons et les concombres.

maille

MAILLE. n. f. Ancienne monnaie de billon, au-dessous du denier. Il se dit encore d'une Chose de très petite valeur, dans ces locutions usuelles : N'avoir ni sou ni maille, Être sans argent. Ils ont toujours maille à partir ensemble, Ils ont toujours quelque différend sur peu de chose, comme s'ils avaient une maille à partager. Il a maille à partir avec tout le monde.

maille

Maille, f. penac. Signifie ores une espece de monnoye noire, valant la moitié d'un denier tournois, presque equivalant à l'obole, laquelle en Avignon, Comté de Venice, terres papales, et païs limitrophes, est marquée en la pile de deux clefs. Ore une tache ronde en l'oeil en forme de petite maille, Argema. Comme, Il a la maille en l'oeil, Minus oculatus est. Pour celuy auquel mainte chose passe devant les yeux sans l'appercevoir. Ores la haglure et moucheture du perdreau. Selon laquelle signification l'on dit un perdreau estre desja maillé, quand en grossissant et croissant laditte haglure se monstre à plus d'evidence, Maculis latioribus perdicula interstincta. Combien que Nonius par l'authorité de Varron le face masculin. Ores un cercelet, soit de fer, de laton, or, argent, ou autre metal, propre à lacer, à en faire bourses, gants d'armes et de guerre, jaques et hoquetons, manches, coiffes d'armes, hauberts, et tels habillements de gens de guerre. Selon ce on dit, Il a en laçant laissé une maille entre deux, Annulum intermisit. Un gant de maille, qui sert ou pour saisir à plein poing les armes tranchants de l'ennemi en combatant: pour couvrir celle de l'espée, Chiroteca militaris ferreis annulis supertexta. Jaques de maille. Tunica militaris aut lorica ferreis annulis contexta. Une coiffe de maille, un gorgerin et baniere de maille, dont les hommes d'armes userent jadis. Et ores cette lozenge de fil à claires-voyes, dont les rets et filets sont lacez, Retis macula. Et dont les colets de reseul sont faits et appelez, Retiaculum muliebre, collare, aut potius, humerale maculosum. Selon ce on dit Alier tremaillé, c'est à dire triple de maille, qui est à trois rangs doubles de maille, voyez Tremaille. En toutes lesquelles significations, exceptée la premiere, ce mot François Maille vient de ce Latin, Macula, par syncope de la voyele u, et changement de la lettre c, en l, pour plus aisée pronontiation. Et ainsi peut-on bien rendre, Jacques de maille par Lorica maculosa. Et au cas pareil les autres dessusdits.

maillé

Maillé, m. acut. Est celuy qui est armé d'un Jaques de maille, Loricatus. Selon ce on dit de celuy qui a une querelle, ou se doute d'estre offencé en sa personne, Il est ordinairement maillé, Nunquam non loricatus, siue, lorica maculosa tectus, incedit.

Traductions

maille

mesh, loop, stitch

maille

steek, maas, breisteek, strik, maas [handwerk], malie

maille

maŝo

maille

mesh

maille

메쉬

maille

MeSH

maille

ตาข่าย

maille

[mɑj]
nf (tricot)stitch
maille à l'endroit → plain stitch
maille à l'envers → purl stitch
une maille à l'endroit, une maille à l'envers → knit one, purl one
avoir maille à partir avec qn → to have a brush with sb mailles
nfplmesh
à mailles fines → with a fine mesh
à larges mailles → with a large mesh
passer à travers les mailles du filet, passer au travers des mailles du filet (fig) → to slip through the net