main-forte

main-forte

n.f. sing.
Prêter main-forte à qqn,
lui venir en aide.

main-forte

(mɛ̃fɔʀt)
f sg

venir en aide à qqn Son frère lui a prêté main-forte pour construire sa maison.

MAIN-FORTE

(min-for-t') s. f.
Substantif composé qui signifie assistance avec la force en main, qui ne prend pas d'article, et qui ne se construit guère qu'avec les verbes donner, demander, quérir, prêter, etc.
La moitié de tes gens doit occuper la porte ; L'autre moitié te suivre et te prêter main-forte [CORN., Cinna, V, 1]
Nous pouvons nous barricader, et envoyer quérir main-forte contre la violence [MOL., Fourber. III, 2]
Main-forte ! l'on me tue [RAC., Plaid. I, 3]
À main-forte, la force en main, par la force, par la violence.
.... Mais on ouvre la porte ; C'est Dorante qui sort et nous suit à main-forte [CORN., la Pl. roy. IV, 6]
Le duc, ayant appris quelles intelligences Dérobaient un tel fourbe à vos justes vengeances, L'attendait à main-forte, et lui fermant le pas.... [ID., Perth. V, 4]
Ou, si pour l'entraîner l'argent manque d'attraits, Bientôt l'ambition et toute son escorte Dans le sein du repos vient le prendre à main-forte, L'envoie en furieux au milieu des hasards Se faire estropier sur les pas des Césars [BOILEAU, Sat. VIII]
Tout le peuple assemblé nous poursuit à main-forte [RAC., Andr. V, 5]
Tel qu'un voleur sitôt qu'il voit main - forte [SEDAINE, Tentation de Saint-Antoine.]
Assistance que l'on donne à la justice, afin que la force demeure à ses agents.
Nom donné autrefois à des gens qui faisaient les maîtres et ne se soumettaient pas à justice.
La généralité de Limoges ayant été toujours accusée plus qu'aucune autre de la violence des gentilshommes, mains-fortes et coqs de paroisse, [, Corresp. de Colbert, t. II, p. 160]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Sous feinte de vouloir estre protecteur et garde des biens de la dicte Marie, sa parente et filleule, sous umbre d'amitié et à main forte il prit en sa main tous les païs de Bourgogne [OL. DE LA MARCHE, Mém. Introd. ch. VI]
  • XVIe s.
    Ne edifiez la haute tour Babel, Pour assaillir le ciel à forte main [GRINGOIRE, Folles entrepr. p. 20, dans GODEFROY, Lex. de Corn. t. II, p. 28]
    Le premier fut qui par guerre et main forte A mis soubz pied mon renom d'invincible [J. MAROT, le Voy. de Gênes.]
    Or je vay donc user d'une main forte Pour vous avoir.... [RONS., Amours, II, 65, Amourette.]

ÉTYMOLOGIE

  • Main, forte.

main-forte

MAIN-FORTE. n. f. Assistance qu'on donne à quelqu'un pour exécuter quelque chose. Il se dit plus ordinairement du Secours qu'on prête à la justice, afin que la force demeure à ses agents et que ses ordres soient exécutés. Donner, prêter main-forte à l'exécution des lois, des jugements, des ordonnances.
Traductions

main-forte

[mɛ̃fɔʀt] nf
prêter main-forte à qn → to come to sb's assistance