malheur


Recherches associées à malheur: de malheur

malheur

n.m.
1. Situation pénible qui affecte douloureusement qqn : C'est dans le malheur qu'on connaît ses vrais amis adversité, chagrin, peine ; bonheur, félicité [sout.]
2. Événement fâcheux, funeste ; coup du sort : Il nous a raconté tous ses malheurs épreuve, revers désastre, ennui accident
3. Sort hostile : Le malheur a voulu que personne ne l'entende fatalité, malchance, malédiction ; chance
Faire un malheur,
Fam. se livrer à des accès de violence ou faire un éclat : Si vous ne vous taisez pas, je vais finir par faire un malheur ; obtenir un grand succès : Cette émission fait un malheur auprès des jeunes.
Jouer de malheur,
avoir une grande malchance.
Oiseau de malheur,
personne qui porte malheur.
Par malheur,
par un fâcheux concours de circonstance : Par malheur, le train est tombé en panne.
Porter malheur,
avoir une influence néfaste.

MALHEUR

(ma-leur) s. m.
Mauvaise destinée. Le malheur le poursuit. Tomber dans le malheur.
Un malheur inconnu glisse parmi les hommes, Qui les rend ennemis du repos où nous sommes ; La plupart de leurs vœux tendent au changement [MALH., II, 1]
On appréhende tout étant dans le malheur [TRISTAN, Mort de Chrispe, II, 3]
Le malheur succède au bonheur le plus doux [CORN., Hor. V, 2]
.... Mais dieux ! que vois-je ! ô ciel ! je suis perdu, Si j'ai tant de malheur qu'elle m'ait entendu [ID., la Toison d'or, III, 3]
Enfin, n'en pouvant plus d'efforts et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur [LA FONT., Fabl. I, 16]
Rien n'accuse davantage une extrême faiblesse d'esprit que de ne pas connaître quel est le malheur d'un homme sans Dieu [PASC., Pens. IX, 1, éd. HAVET.]
Le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près [ID., ib. IV, 2]
J'ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre [ID., ib.]
Quand je songe à mon personnage, je crains toujours d'avoir des amis : il y a un malheur attaché à tout ce que je protége [MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 5 fév. 1717]
Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plut [RAC., Bérén. I, 4]
Le malheur des temps, les funestes conditions qu'une époque impose.
Il en est [des crimes] quelquefois où des cœurs magnanimes Par le malheur des temps se laissent emporter [VOLT., Marianne, I, 2]
Jouer de malheur, n'avoir aucune chance favorable au jeu. Fig. Jouer de malheur, éprouver une contrariété qui résulte du hasard. Je suis venu deux fois chez vous sans vous trouver, j'ai joué de malheur. Être en malheur, avoir une mauvaise veine, au jeu ou en toute autre chose.
Elle [Mme de Ludres] passa une nuit dans les champs, en faisant ce petit voyage, par un carrosse rompu, et tout ce qui arrive quand on est en malheur [SÉV., 23 juin 1677]
Les puristes du XVIIe siècle condamnaient la locution être en malheur, et voulaient qu'on dît : j'ai bien du malheur [MARG. BUFFET, Observ. p. 51, 1668]
Porter malheur, se dit d'une personne ou d'une chose qui est censée causer du malheur.
Je porte malheur aux affaires que je manie [BALZ., liv. VII, lett. 52]
Tant il [Arnauld] porte de malheur aux opinions qu'il embrasse ! [PASC., Prov. III]
Hector : Vous devriez pourtant, en fonds comme vous êtes.... - Valère : Rien ne porte malheur comme payer ses dettes [REGNARD, le Joueur, III, 8]
Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure [V. HUGO, Hernani, III, 4]
Avoir le malheur de, avoir la mauvaise chance de.
Ceux qui auront le malheur d'être vos voisins [FÉN., Tél. XX]
Avoir le malheur de, est quelquefois un euphémisme pour dire : être assez mal doué.
Il [Marivaux] avait le malheur de ne pas estimer beaucoup Molière, et le malheur plus grand de ne pas s'en cacher [D'ALEMB., Élog. Mariv.]
Familièrement. De malheur, se dit avec un substantif pour exprimer la crainte, l'aversion.
Ce greffier de malheur est avec elle [DANCOURT, Vacances, sc. 7]
Pour le malheur de, au dommage de.
L'Académie française est l'objet de l'ambition secrète ou avouée de presque tous les gens de lettres, de ceux même qui ont fait contre elle des épigrammes bonnes ou mauvaises, épigrammes dont elle serait privée pour son malheur, si elle était moins recherchée [D'ALEMBERT, Préface des éloges.]
Absolument. Le malheur, l'ensemble de la mauvaise destinée.
Le malheur ne sortira jamais de la maison de celui qui rend le mal pour le bien [SACI, Bible, Prov. de Salom. XVII, 13]
J'ai cru dans la retraite éviter mon malheur ; Le malheur est partout ; je m'étais abusée [VOLT., Olymp. II, 2]
Le temps ne détruit que la fraîcheur et la beauté ; le malheur change l'expression de la physionomie [GENLIS, Veillées du château t. II, p. 398, dans POUGENS]
Le malheur est moins dur à supporter qu'à craindre [DUCIS, Oscar, I, 2]
Le malheur est rapide, et le cœur, tout faible qu'il est, ne doit pas se méprendre aux signes funestes d'une destinée irrévocable [STAËL, Corinne, XIV, 4]
Les paroles, prononcées [par Napoléon] devant deux de ses généraux, étaient écoutées avec ce silence commandé par un ancien respect, auquel se joignait déjà celui qu'on devait au malheur [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 8]
Les gens malheureux.
Le malheur a sa honte et sa noble pudeur [DELILLE, Pitié, I]
Poétiquement. Le malheur personnifié comme une sorte de divinité.
Il dit : comme un vautour qui plonge sur sa proie, Le malheur, à ces mots, pousse en signe de joie Un long gémissement, Et, pressant l'univers dans sa serre cruelle, Embrasse pour jamais de sa rage éternelle L'éternel aliment [LAMART., Méd. I, 7]
Événement fâcheux.
J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire [CORN., Pomp. III, 2]
La France le vit alors accompli par ces derniers traits et avec ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajoutent aux grandes vertus [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Maintenant qu'elle a préféré la croix au trône, et qu'elle a mis ses malheurs au nombre des plus grandes grâces [ID., Reine d'Anglet.]
Quand les malheurs nous ouvrent les yeux, nous repassons avec amertume sur tous nos faux pas [ID., ib.]
Si aujourd'hui je me vois contraint de retracer l'image de nos malheurs [les troubles de la Fronde] [ID., le Tellier.]
Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre [RAC., Esth. III, 1]
Que tu seras heureux si tu surmontes tes malheurs et si tu ne les oublies jamais ! [FÉN., Tél. II]
Pour achever les malheurs de la Suède, son roi s'obstinait à rester à Démotica [en Turquie] [VOLT., Charles XII, 7]
Et c'est nous trop souvent qui faisons nos malheurs [M. J. CHÉN., Fénel. III, 2]
Le malheur qui n'est plus n'a jamais existé [ID., ib. V, 2]
Ici c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie A vu de mers en mers promener ses malheurs [LAMART., Méd. I, 14]
Il arrivera malheur, se dit pour suggérer des craintes au sujet de quelque événement.
Il arrivera malheur, vous dis-je, si vous n'y mettez la main [VOLT., Lett. d'Argental, 4 mai 1772]
Faire le malheur de, rendre malheureux. Cet homme a fait le malheur de sa famille.
Cette beauté [Hélène] qui avait fait le malheur de tant d'hommes [FÉN., Tél. VIII]
Familièrement. Faire un malheur, causer un accident, C'est un malheur, il est fâcheux.
C'est un malheur que les hommes ne puissent d'ordinaire posséder aucun talent sans avoir quelque envie d'abaisser les autres [VAUVENARGUES, Max. CCLXXXI]
Ironiquement et familièrement. Le grand malheur, c'est-à-dire il n'y a pas grand mal.
Voyez le grand malheur ! quel tort cela vous fait-il ? [CHAMPFORT, Marchand de Smyrne, sc. 6]
On dit aussi : le beau malheur !
Malheur à, sorte d'imprécation.
Malheur au temple, malheur à la ville [Jérusalem], malheur à tout le peuple ! À la fin il ajouta : malheur à moi-même ! et en même temps il fut emporté d'un coup de pierre lancée par la machine [BOSSUET, Hist. II, 8]
Malheur à la créature qui se plaît en elle-même et non pas en Dieu ! [ID., ib. II, 1]
Ah ! chrétiens, les grandes vérités ! malheur à qui ne les croit pas ; malheur à qui les croit et qui vit comme s'il ne les croyait pas ! [BOURDAL., Myst. Résurrect. de J. C. t. I, p. 350]
Malheur à vous, riches avares ; malheur à vous, riches injustes ; malheur à vous, riches orgueilleux ; malheur à vous, riches insensibles ! [ID., Myst. Nativité de J. C. t. I, p. 20]
Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue Engage un peu trop tard au détour d'une rue [dans Paris] ! [BOILEAU, Sat. VI]
Malheur aux cœurs ingrats et nés pour les forfaits, Que les douleurs d'autrui n'ont attendri jamais ! [VOLT., Alz. II, 2]
On le met aussi avec la préposition sur. Malheur sur eux et sur leurs enfants ! Malheur aux vaincus ! c'est-à-dire les vaincus doivent subir la loi du vainqueur (c'est le vae victis que l'histoire met dans la bouche de Brennus vainqueur des Romains). Par extension. Malheur aux vaincus ! tant pis pour ceux qui souffrent de quelque accident ou malheur auquel d'autres échappent. Malheur ! s'emploie encore absolument comme exclamation.
Malheur ! c'est mon neveu ! malheur ! car si Roland Appelle à son secours, ce doit être en mourant [A. DE VIGNY, le Cor.]
Malheur ! tous nos forfaits l'appellent, Tous les signes nous le révèlent, Le jour des arrêts solennels ! [V. HUGO, Odes, I, 9]
Par malheur, loc. adv. Par l'effet d'un accident, d'un hasard malheureux.
Un petit bout d'oreille échappé par malheur Découvrit la fourbe et l'erreur [LA FONT., Fabl. V, 21]
Et c'est [le roi de Prusse] un autre Cideville [un ami de Voltaire], Qui par malheur est couronné [VOLT., Lett. en vers et en prose, 76]

PROVERBES

  • À quelque chose malheur est bon, c'est-à-dire quelquefois une infortune nous procure des avantages que nous n'aurions pas eus sans elle.
    Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose [LA FONT., Fabl. VI, 7]
  • Un malheur amène son frère ou ne vient jamais seul.
  • Le malheur ou le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme, c'est-à-dire la chance finit par se lasser d'être défavorable.
  • Il n'y a qu'heur et malheur en ce monde, c'est-à-dire il y a des gens qui réussissent là où d'autres se perdent.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    En mal eür, dist Refrangiers, Trop par estes adès maniers [habile] [, Ren. 2545]
  • XVIe s.
    Se ung malheur sur un homme se boute, L'aultre est à l'huys qui la sortie escoute [J. MAROT, p. 166, dans LACURNE]
    L'heur que j'avois s'est tourné en maleur : Malheureux est qui n'a aucun confort [MAROT, II, 235]
    16 800 escus, qui n'est pour un roy que quatre parties perdues à la paume, ou un malheur de deux heures au jeu de premiere [LANOUE, 281]
    Pour neant recule qui malheur attend [COTGRAVE, ]
    Un fol cerche son malheur [ID., ]
    Bienheureux le malheur qui croist la renommée ! [DESPORTES, Amours d'Hippolyte, 19, Élégie.]

ÉTYMOLOGIE

  • Mal, et heur (voy. HEUR) ; prov. malahur. L'ancienne langue avait le mot malheurté, très usité.

malheur

MALHEUR. n. m. Mauvaise fortune, mauvaise destinée. Le malheur le poursuit, l'accable. Avoir du malheur, bien du malheur. Succomber sous le poids du malheur. Connaître le malheur. Supporter, soutenir le malheur avec constance. Triompher du malheur. Précipiter quelqu'un dans le malheur. Une vie usée par le malheur. Tomber dans le malheur. Être dans le malheur. Par surcroît de malheur. Il rejetait sa faute sur le malheur des temps.

Porter malheur se dit d'une Personne dont la présence est censée causer du malheur à une autre. Il se dit aussi des Choses. Le chiffre 13 passe pour porter malheur.

De malheur s'emploie avec la valeur d'un adjectif, avec des noms de personnes ou de choses que l'on considère comme funestes. Ce conseiller de malheur. Ce médecin de malheur. Pourquoi ai-je entrepris ce voyage de malheur?

Jouer de malheur, Avoir une mauvaise chance au jeu. Il signifie figurément Éprouver une série de contrariétés que l'on attribue à sa malchance. Je suis venu deux fois chez vous sans vous trouver, j'ai joué de malheur.

Prov., Il n'y a qu'heur et malheur en ce monde, Tout y dépend des circonstances, et souvent ce qui cause la ruine des uns fait la fortune des autres.

MALHEUR signifie aussi Accident fâcheux, désastre. Il lui est arrivé un malheur, un grand malheur. Il vous arrivera malheur. Prévenir, réparer un malheur. Il est accablé de malheurs. Tous les malheurs de la vie ont fondu sur lui. J'ai éprouvé bien des malheurs. Ne vous affligez pas de cela, c'est un petit malheur, ce n'est pas un malheur.

Ironiquement et fam., Le grand malheur, le beau malheur! Il n'y a pas grand mal. On dit dans un sens analogue et très familièrement : Quel malheur!

Prov., Un malheur ne vient jamais seul.

Prov., À quelque chose malheur est bon, Quelquefois une infortune nous procure des avantages que nous n'aurions pas eus sans elle.

MALHEUR À se dit par imprécation. Malheur aux impies! Malheur à moi, si jamais je cède à ses instances! Malheur aux vaincus! Maxime d'après laquelle les vaincus doivent subir la loi du vainqueur.

PAR MALHEUR, loc. adv. Par l'effet d'un accident, d'un hasard malheureux. Il est arrivé, par malheur, qu'un éboulement s'est produit. Par malheur, il fit une chute.

malheur

Malheur, Miseria, Infoelicitas, Infortunium.

Il advint un grand malheur, Obuenit hoc vitium, B. ex Cic.

A celle fin que le malheur, qui avoit accoustumé de revenir tous les ans, continuast tousjours, Vt idem in singulos annos orbis volueretur.

Né de malheur, Natus male volente genio.

Donner grand malheur ou mal'encontre, Calamitate afficere.

Porter malheur, Afferre infortunium.

Ceux qui portent malheur, Inauspicati occursus hominum, Bud. ex Plin.

Portant malheur, Inauspicatus.

Tomber en un grand malheur, Calamitatem subire.

malheur


MALHEUR, s. m. MALHEUREûSEMENT, adv. MALHEUREUX, EûSE, [Ma-leur, leu-reû, reû-ze, reû-zeman, et non pas malu-reû, etc. 3e lon. 4e e muet.] Du tems de Malherbe, on écrivait malheureux, et l'on prononçait malur. À~ caûse de cela, ce Poète avait pour maxime de ne point le faire rimer avec douleur: il n'y a manqué que deux fois. Ménage dit qu'on ne doit point faire dificulté d'employer cette rime, ce qui prouve que la prononciation de ce mot avait changé. Aujourd'hui cet avis paraîtrait inutile et même ridicule. Il n'est plus que le peuple de certaines Provinces, qui prononce malur. Voy. HEUREUX.
   Malheur, accident, désastre (Synon.) Ces trois mots anoncent et désignent un fâcheux évènement: mais malheur s'aplique particulièrement aux évènemens de fortune et de chôses étrangères à la persone; accident, regarde proprement ce qui arrive dans la persone même; désastre, dit quelque chôse de plus général. "C'est un malheur de perdre son argent; c'est un accident de tomber, d'être blessé, etc. C'est un désastre de se voir tout d'un coup ruiné et déshonoré dans le monde. — On dit, un grand malheur, un cruel accident; et un désastre afreux. GIR. Syn.
   On dit, en st. famil. être en malheur, jouer de malheur; et en parlant des chôses, porter malheur. "Vous soutiendrez votre transaction contre Aiguebonne: il est en malheur. SÉV. "Je trouvai hier Choiseul avec son cordon: il est bien. Ce serait jouer de malheur que de n'en pas rencontrer cinq ou six (cordons bleux) tous les jours. La même. = Par malheur, adv. "Il est arrivé par malheur que, etc. = Malheur, interj. Il régit la prép. à. "Malheur aux impies! ou la prép. sur: "Malheur sur eux et sur leurs enfans!
   On dit, proverbialement, à quelque chôse malheur est bon: quelquefois une infortune nous procûre des avantages, que nous n'aurions pas sans elle. Malheur est là sans article. — On dit aussi, il arrive malheur, sans le faire précéder de l'article: "L'ouvrage (les Fastes) a été trop lu en société et trop annoncé d'avance. Or, il arrive presque toujours malheur à ces lectûres et à ces anonces précoces. Anon.
   Rem. * M. Fallet (dans sa Tragédie de Tibère) dit, le malheur, pour, les malheureux.
   Est-il rien, en effet, rien de plus glorieux
   Que de tendre au malheur une main secourable,
   Que de le soutenir, quand le destin l'accâble.
Peut-on dire que le destin accâble le malheur, demande M. Geoffroi (Ann. Litt.) Soutenir le malheur, pour secourir les malheureux?
   MALHEUREUX, 1°. Qui n'est pas heureux, tranquile, content, satisfait. "Les méchans sont malheureux. "Les damnés seront malheureux à jamais. = 2°. Qui manque de ce qui peut rendre l'homme content. "Mener une vie malheureûse. "Être dans un état malheureux. "Il est fort malheureux. = 3°. Qui a du malheur, qui est infortuné. "Malheureux à la guerre, au jeu, dans le comerce. = 4°. En parlant des chôses; qui semble anoncer le malheur. "Avoir la physionomie malheureûse. = On dit au jeu qu'un homme a la main malheureûse, quand celui, qui le dit, ne gâgne point lorsque cet homme done; et hors du jeu, quand cet homme ne réussit point à ce qu'il entreprend. "Il a la main malheureûse; dès qu'il touche à quelque chôse, il le câsse. = 5°. En parlant des persones, mauvais en son genre. "Malheureux Auteur, malheureux Écrivain. En ce sens, il doit toujours précéder le substantif. = Apliqué aux chôses; fort médiocre, insufisant. "Il n'a qu' une malheureûse chambre, un malheureux valet.
   Rem. I. On ne doit pas employer indiféremment malheureux et misérable, quoiqu'ils paraissent avoir le même sens. Misérable, semble marquer un état fâcheux, soit que l'on y soit né, soit qu'on y soit tombé Malheureux semble marquer un accident, qui arrive tout-à-coup et qui ruine une fortune naissante ou établie. "On plaint les malheureux; on assiste les misérables. — On dit, également bien, une vie malheureûse, une vie misérable; et de même, c'est un malheureux, c'est un misérable, en parlant d'un méchant homme. Mais on dit, qu'on est malheureux au jeu, on ne dit pas qu'on y est misérable. Le 1er anonce plutôt un accident passager, et le 2d un état plus permanent d'infortune: mais on peut devenir misérable, à force d'être malheureux. = Racine distingue fort bien le sens de ces deux mots. Il fait dire à Aman.
   Haï, craint, envié, souvent plus misérable
   Que tous les malheureux que mon pouvoir accâble.
Dans le sens de mauvais, on dit d'un Auteur, d'un ouvrage, c'est un Auteur misérable; cela est misérable. Suivant le P. Bouhours on n'emploie point malheureux en cette ocasion. Suivant l'Acad. on peut s'en servir. Voy. n°. 5°.
   II. MALHEUREUX, dans son sens le plus comun, peut précéder ou suivre le nom qu'il modifie. Racine, dans Andromaque, dit: un enfant malheureux; dans Athalie, il dit; un malheureux enfant. Celui-ci est plus doux. L. Rac. — Mais malheureux astre, comme dit Rousseau, forme une inversion dûre.
   MALHEUREUX, s'emploie souvent en exclamation. "Malheureûse! Je craignois la mort et je n'osois la fuir. Jér. Dél. On sous-entend, que je suis, que vous êtes, qu'il est, etc. = Il précède le verbe:
   Perfides courtisans, malheureux est un Roi,
   Qui jamais a sur vous fondé son espérance:
   Vous êtes moins à lui qu'à sa toute-puissance.
       P. Marion, Cromvel.
III. MALHEUREUX, régit de et l' infinitif. "Ne suis-je pas malheureux d'avoir voulu me croire moi-même dans un âge, où l'on n'a ni prévoyance de l'avenir, ni expérience du pâssé. Télém. — Mais ce régime n'est bon que quand le verbe régi se raporte au sujet de la phrâse (au nominatif du verbe régissant) s' il ne s'y raporte pas, il faut mettre que et le subjonctif. "Je suis bien malheureux que vous ne vouliez pas croire ce que je vous dis.
   MALHEUREUX, subst. Scélérat. "Ce malheureux, cette malheureûse. "Télémaque reçut avec amitié ce malheureux, qui avoit vu Ulysse en Sicile. Fénélon.
   MALHEUREûSEMENT, par malheur. "Il est arrivé malheureûsement que, etc.

Synonymes et Contraires

malheur

nom masculin malheur
1.  Situation pénible.
béatitude -littéraire: félicité.
Traductions

malheur

Unglück, Ungemach, Malheurongeluk, ach!, ramp, tegenspoed, rampspoed, onheilwoe, misfortune, curse, adversity, misadventure, sadness, unhappinessאומללות (נ), איד (ז), אסון (ז), אפלה (נ), חרבון (ז), כאב לב (ז), מזל ביש (ז), מזל רע (ז), מחיתה (נ), מכה (נ), מרוד (ז), מתלאה (נ), פגע (ז), פורענות (נ), צרה (נ), רע (ז), רעה (נ), אֵיד, אֻמְלָלוּת, אָסוֹן, מַזַּל בִּיש/רַעׁ, פֶּגַע, צָרָהδυστυχία, δυστύχημαmalfeliĉodesdicha, desgracia, infortuniodisastro, disgrazia, guai, infelicità, rovescio, sciagura, sfortuna, sventuraгоре, бедаolycka不幸ulykke불행 (malœʀ)
nom masculin
1. événement triste, pénible Il est arrivé un malheur.
2. mauvaise chance
provoquer qqch de mauvais

malheur

[malœʀ] nm
le malheur → adversity, misfortune
(= événement) → misfortune, tragedy
Elle a eu beaucoup de malheurs dans sa vie → She's had a lot of tragedy in her life.
avoir le malheur de faire → to have the misfortune to do, to be unfortunate enough to do
Elle a eu le malheur de perdre son père très jeune → She had the misfortune to lose her father at a very young age.
Il a eu le malheur de la critiquer (ironique) → He made the mistake of criticizing her.
par malheur → unfortunately
quel malheur! → what a shame!, what a pity!
faire un malheur → to be a smash hit
Leur dernier album a fait un malheur → Their latest album was a smash hit.