malsain, aine

MALSAIN, AINE

(mal-sin, sê-n') adj.
Qui n'est pas sain, en parlant des personnes.
L'extrême disproportion d'âge m'empêchait de marier mon fils avec ma cousine ; elle avait neuf ou dix ans plus que lui ; mon fils était malsain, bossu et si petit que c'eût été le perdre [FÉN., t. XIX, p. 431]
Ces enfants sont la plupart du temps faibles et malsains, et se sentent de la langueur de leur père [MONTESQ., Lett. pers. 114]
Fig. Esprit malsain, esprit qui suit peu la raison. Pour un esprit malsain ou qui veut qu'on le flatte.
Cette explication est assez délicate [MAIR., Soliman, III, 6]
Fig. Littérature malsaine, celle qui présente des exemples qui ne sont pas à imiter ; on l'applique spécialement à la littérature dramatique qui roule sur l'adultère ou le concubinage.
Qui est nuisible à la santé. Un pays malsain. Un hôpital malsain.
Les hommes ont dû jouir d'une santé plus égale que dans les travaux malsains des grandes villes [VOLT., Mœurs, races.]
Terme de marine. Se dit d'un fond garni de rochers, d'une côte qui présente des écueils.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    S'il ne se fust trouvé puissant pour resister aux deux puissances ses contraires, il y faisoit mal sain pour luy [G. CHASTELAIN, Chr. du duc Philippe, ch. 65]
  • XVIe s.
    ...Chicheté est la lysse Qui l'ame tue, et rend le corps malsain [J. MAROT, V, 202]
    En lieux marescageux et malsains [AMYOT, Lucull. 40]
    Ils sont ordinairement malsains, comme leurs corps descharnés.... le monstrent evidemment [PARÉ, IX, 2e disc.]

ÉTYMOLOGIE

  • Mal, et sain.