manichéen, enne

MANICHÉEN, ENNE

(ma-ni-ché-in, è-n') s. m. et f.
Celui, celle qui adopte la doctrine de Manès, suivant lequel il y avait deux premiers principes, un bon et un mauvais.
Il ne faut pas ignorer tout à fait ce que c'était que les manichéens : toute leur théologie roulait sur la question de l'origine du mal ; ils en voyaient dans le monde, et ils en voulaient trouver le principe ; Dieu ne le pouvait pas être, parce qu'il était infiniment bon ; il fallait donc, disaient-ils, reconnaître un autre principe, qui, étant mauvais par sa nature, fût la cause et l'origine du mal [BOSSUET, Var. XI, Hist. des nouv. manich.]
La guerre meurtrière est tellement le partage affreux de l'homme, qu'excepté deux ou trois nations, il n'en est point que leurs anciennes histoires ne représentent armées les unes contre les autres.... manichéens, voilà votre excuse [VOLT., Dict. phil. Guerre.]
Familièrement. Cela me ferait devenir manichéen, se dit de quelque catastrophe qui fait penser qu'un mauvais génie gouverne la moitié du monde.
Nouveaux manichéens, nom qu'on a donne aux Albigeois.
On ne les appela manichéens que pour leur donner un nom plus odieux ; car ni eux ni leurs juges ne pouvaient guère connaître la philosophie du Persan Manès [VOLT., Mœurs, 45]
Adj. Qui appartient aux manichéens, au manichéisme.
Il suffit que cette hérésie d'Orléans dont Étienne fut l'un des auteurs, dont le roi Robert vengea les excès, et dont Glaber nous a raconté l'histoire, soit reconnue pour manichéenne par Vignier [BOSSUET, Var. XI, Hist. des nouv. manich.]

ÉTYMOLOGIE

  • Nom que les Grecs donnaient à Manès ; il vécut dans le IIIe siècle de notre ère, et fut l'auteur d'une secte chrétienne où figuraient les deux principes du bien et du mal. D'après Beausobre. Hist. du manich. t. I, p. 71 et 72, il est probable que les termes grecs ne sont que deux formes d'un même nom sémitique Manem, Manaem, Manahem ; car on croit que cet hérésiarque était de la Chaldée.