masqué, ée

MASQUÉ, ÉE

(ma-ské, skée) part. passé de masquer
Couvert d'un masque.
Le cousin est masqué mieux que personne en France [REGNARD, le Bal, 16]
Bal masqué, bal où les danseurs portent un masque et un déguisement. Terme de blason. Lion masqué, lion qui a un masque.
Intercepté par quelque obstacle comme par un masque.
La porte étant masquée par des aunes et des coudriers qui ne laissent que deux étroits passages sur les côtés, je ne vis plus en me retournant par où j'étais entré [J. J. ROUSS., Hél. IV, 11]
Batterie masquée, batterie dressée, mais tellement couverte qu'on ne peut l'apercevoir.
Terme de marine. Brûlot masqué, brûlot qui a la même apparence qu'un autre bâtiment de guerre. Fig. Être masqué, être arrêté dans une entreprise par un obstacle imprévu.
Terme d'imprimerie. Les pages blanches restent ordinairement masquées, afin que l'encre ne puisse pas maculer le papier.
Terme de zoologie. Dont la face est en totalité ou en partie d'une autre couleur que le reste du corps.
Fig. Caché sous de fausses apparences.
Vertu masquée [ROTR., St Genest, III, 2]
En vain dans ses discours de pompe revêtus, De ses vices masqués il se fait des vertus [M. J. CHÉN., Tibère, IV, 3]
Fig. Être toujours masqué, avoir l'habitude de se contrefaire, de dissimuler.
Un roi connaît beaucoup moins que les particuliers les hommes qui l'environnent ; on est toujours masqué auprès de lui [FÉN., Tél. XI]
La femme masquée jusqu'aux dents, qui croit son secret ignoré de l'univers entier [GENLIS, Ad. et Théod. t. III, p. 174, dans POUGENS]
S. m.Terme de scolastique. Le masqué, espèce de sophisme.