massif, ive

MASSIF, IVE

(ma-sif, si-v') adj.
Qui est ou qui paraît épais et pesant.
De pilastres massifs les cloisons revêtues En moins de deux instants s'élèvent jusqu'aux nues [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Ainsi la terre, toute massive qu'elle est, est aisément portée au milieu de la matière céleste [FONTEN., les Mondes, 1er soir.]
Il [Michel Ange] fit sur ce modèle [le Panthéon de Rome] le dôme de Saint-Pierre ; mais il fit les piliers si massifs, que ce dôme, qui est comme une montagne que l'on a sur la tête, paraît léger à l'œil qui le considère [MONTESQ., Goût, Progression.]
La matière plus rare s'élève sur la plus massive [VOLT., Jenni, 8]
Qui n'est ni creux en dedans ni fourré de matière étrangère en parlant d'ouvrages d'orfévrerie. Une figure, une croix d'argent massif.
L'un [cheval], qui avait porté sa Hautesse, était couvert d'une selle et d'une housse enrichies de pierreries, avec des étriers d'or massif [VOLT., Charles XII, 5]
Il se dit, en un sens analogue, des bois précieux qui sont employés pleins, et non en placage. Une table d'acajou massif.
Terme de minéralogie. Un minéral est dit massif, quand il est en masse d'un certain volume, sans caractère particulier. On dit qu'une roche a une structure massive, quand elle ne présente aucun jour. En géologie, terrains massifs, synonyme de terrains ignés ou plutoniens.
Fig. Grossier, lourd. Cet homme a l'esprit bien massif.
S. m. Ouvrage de maçonnerie destiné à porter un piédestal, un perron, etc. ou à recevoir un revêtement.
Un massif de pierre, une espèce d'esplanade d'où l'on descend de face et de côté, vers la mer [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 246, dans POUGENS]
Les maçons appellent massif de pierre, un mur qui est entièrement de pierre, sans blocage et sans moellon ; et massif de moellon, celui qui, dans les fondations, fait un corps de maçonnerie sur lequel on fonde. Terme de couvreur. Nom donné aux petits murs en moellons que l'on construit sous les chenaux lorsqu'on est obligé d'avoir une pente un peu forte.
Terme de jardinage. Masse plus ou moins considérable de plantes ou d'arbrisseaux ou d'arbres. Des massifs d'arbustes, taillés à hauteur d'appui. Un massif de verdure. Futaie d'arbres rapprochés les uns des autres.
Terme de métallurgie. Enveloppe extérieure d'un fourneau.
Terme de marine. Renfort en bois à l'écoutillon du puits des câbles-chaînes. Au plur. Coins employés à serrer le pied d'un mât.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Sur elsont desrochié mainte pierre massie [, Ch. d'Ant. III, 517]
  • XIVe s.
    Il s'en ira souper dedens les murs massis, Et y gerra [couchera], ce dit [Bertrant] ; fais y estoit ses lis [, Guesclin. 18500]
  • XVe s.
    Lors chevauchoient ils à grand haste au village ; et, quand ils estoient là venus, ils n'y trouvoient que les parois et le massis ; il n'y avoit ni chien, ni chat.... [FROISS., II, III, 83]
    S'on leur froissoit les quinze costes De bons maillets forts et massis [VILLON, Testament.]
  • XVIe s.
    Il donna aussi une couronne d'or massif à Apollo.... Celuy qui t'a donné ceste couronne massifve d'or luysant et espuré [AMYOT, Flamin. 25]
    Des vaisseaux minces et legers, comme ceux qui estoient faits exprès pour cingler legerement, et non pas massifs pour combattre [ID., Sertor. 10]
    Et sommes advertis que le massif se dement, quand nous voyons fendre l'enduict et la crouste de nos parois [MONT., I, 338]

ÉTYMOLOGIE

  • Masse 1. Il y avait dans l'ancien français masseïz (or masseïz, Rois, p. 250), qui vient d'une forme fictive massaticius.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    MASSIF. Ajoutez :
    Terme de géologie. Ensemble de montagnes formant une masse. Le massif du Mont-Blanc.
    Les massifs montagneux taillés dans les terrains néozoïques [J. FRANÇOIS, Acad. des sc. Comptes rend. t. LXXXII, p. 1245]