menée

menée

n.f.
En Suisse, congère.

MENÉE

(me-née) s. f.
Action de mener, conduite ; sens aujourd'hui inusité.
Terme de vénerie. Route que prend un cerf et par laquelle il mène les chasseurs qui le suivent. Suivre la menée, être à la menée d'un cerf, prendre la route d'un cerf qui fuit. Avoir la menée belle, se dit d'un chien qui ne se détourne pas facilement de la voie, et qui crie bien.
Terme d'horlogerie. Chemin que parcourt la dent d'une roue, depuis le joint où elle rencontre l'aile du pignon jusqu'à celui où elle la quitte. Se dit aussi du chemin que fait la dent d'une roue de rencontre, lorsqu'elle pousse la palette.
Fig. Pratique comparée à l'action de mener, de conduire, et où l'on emploie l'artifice et le mystère pour le succès de quelque affaire.
Un homme circonvenu par la menée de ses ennemis [MALH., le Traité des bienf. de Sénèque, VI, 8]
Byzance ouvre, dis-tu, l'oreille à ces menées [CORN., Héracl. III, 2]
Le duc d'Orléans, lié avec le roi d'Angleterre par des engagements personnels, lui découvrit les menées qui se tramaient contre lui [VOLT., Charles XII, 8]
Il tient aux plus puissants par ses alliances, par ses charges et par ses menées [VAUVENARGUES, Lentulus.]
Si l'on a craint d'un traître une sourde menée [LEMERC., Agamemn. III, 2]
Nom donné, dans la Franche-Comté, à une tourmente se déclarant en hiver, avec un vent du nord glacial, lequel soulève de terre la neige, et la projette, là où elle est arrêtée par quelque obstacle, en glaçons durs et cohérents. Les menées interrompent quelquefois le service des chemins de fer.
Terme de droit féodal. Menée de sergent, exploit par lequel un seigneur faisait sommer un vassal de satisfaire à ses devoirs. Menée du fief, citation qui avait pour objet d'appeler les sujets et vassaux à la guerre, ou de les prévenir qu'on commençait à juger les procès et querelles.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Sept mille graisies [trompettes] i sonent la menée [, Ch. de Rol. CXI]
  • XIIe s.
    [Il] Mist à sa bouche [le cor], si corne la menée [, Roncis. 83]
  • XVIe s.
    Le legat respondoit que tout s'estoit fait par la menée du roi et parfait commandement [D'AUB., Hist. II, 71]
    Des commissaires, pour faire perquisition des intelligences et menées [ID., ib. II, 232]
    Femme de bonne amour et de menée, pour conduire à chef une bonne entreprise [AMYOT, Lucull. 12]
    Il estoit si nouveau et escolier à faire brigues et menées, je me dispenseray de ce mot [je me permettrai ce mot], qu'il ne s'en mesla que bien peu [PASQUIER, Lett. t. I, p. 426]

ÉTYMOLOGIE

  • Mené.

menée

MENÉE. n. f. Pratique secrète et artificieuse dont on se sert pour faire réussir quelque dessein. Menée sourde. Dangereuse menée. Menées souterraines. J'ai épié, j'ai découvert ses menées. Il a tant fait par ses menées, que...

En termes de Chasse, Suivre la menée, être à la menée de la bête, Prendre la route de la bête qui fuit.

menée

Menée, f. Tantost est substantif, et signifie une conduite de faction et conspiration, et assemblée illicite, Coitio, B. Et en faict de venerie, Menée est la droicte route du cerf fuyant, Selon ce on dit, Se mettre tousjours à la menée et corner, et chevaucher tousjours menée. Et prendre tours et enceinctes le plus pres qu'on pourra de la menée. Tantost est adjectif, et signifie conduicte passivement, deducta, Comme elle a esté menée à l'eglise. En venerie on dit, Une beste mal menée quand elle a esté longuement et vivement pourchassée des chiens, et est lasse.

Faire une menée, Faire assemblée illicite, Coire, B.

C'est celuy qui a fait toute la menée, Conditor totius negotij, vel architectus, B. ex Cic.

¶ Homme de menée, Homo pragmaticus, B.

Un faiseur de menées, Factiosus, Transactor.

Retargé par menées et belles paroles, Dilatus per frustrationem.

Beste mal menée, c'est en terme de venerie, une beste que les chiens courans ont ja rendue lasse de courir, et qui ne fuit plus de forlonge, ains se laisse approcher d'eux.

menée


MENÉE, s. f. MENER, v. act. MENEUR, s. m. [1re e muet; 2e é fer. aux 2 premiers. Devant l'e muet la premiere se change en è moy. il mène, mènera, etc.] Menée, est une secrète et mauvaise pratique pour faire réussir un dessein. "Faire des menées: "J'ai découvert ses menées. — Il se dit le plus souvent au pluriel.
   MENER, 1°. Conduire, guider. "Je vous y mènerai. "Menez- moi. "Mener une femme par la main, un enfant par la lisière. = Mener, emmener, amener, ramener, remener ont beaucoup de raport: l'Usage pourtant les distingue. On doit se servir de l'un de ces verbes plutôt que de l'aûtre, suivant l'endroit dont on parle. — "Je suis logé avec un de mes amis, ou dans son quartier. S'il sort en carrosse et qu' il me demande, si je veux aler à la promenade, je dois dire, qui me ramènera? Mais si nous sommes logés en diférens quartiers, il faut dire, qui me mènera, ou, me remènera à mon logis? Que si je lui parle, étant à la promenade, je dois lui dire, me pouvez-vous remener, et non pas ramener, suposé que je fusse logé dans son quartier; car, si nous logions en diférens quartiers, il faudrait lui dire: me pouvez-vous mener à mon logis? et non pas remener. Enfin, si c' était son chemin de passer chez moi, ou qu'il ne se détournât pas beaucoup en y passant, il faudrait dire, me voulez-vous remener? = On dit, emmener, sans régime relatif, de quelqu'un, dont on veut se défaire: emmenez-moi cet homme là. Quand le régime relatif est nécessaire, il faut se servir de mener. "Voilà un homme qu'on mène en prison, et non pas, qu'on emmène en prison. Ainsi, qui dirait à quelqu'un, prêt à faire un voyage, emmenez-moi, parlerait très bien; mais qui lui dirait, emmenez-moi avec vous, parlerait très-mal: il faut dire alors, menez-moi avec vous. = Pour ce qui est d'amener, on dit, je vous amène cet homme: vous m'amenez toute sorte de gens; si celui que vous m'amenez me déplait, je vous dirai, je vous prie de le remener où vous l'avez pris. Si au contraire, il me plait, je dirai: je vous prie de le ramener. MEN. — Mener, conduire, guider. (Synon.) Voy. CONDUIRE. = 2°. Conduire une troupe, la faire marcher et agir. "Mener des gens au combat, à l'assaut. "Cet officier mène bien sa troupe. = 3°. Conduire par force en quelque endroit. "Mener en prison. "Lorsqu'on le menait au suplice. "On le menait pendre. = 4°. Se faire acompagner. "Il mena tout son monde avec lui. = 5°. Introduire. "Menez-moi chez le Ministre. 6°. Il s'emploie élégamment au figuré. "Il y a une noble émulation, qui mène à la gloire par le devoir. Massill. "L'ambition, l'intérêt le mène. "On le mène (on le gouverne) comme on veut. = En st. famil. mener quelqu'un à baguette, le traiter avec hauteur et avec empire. — On le mène, ou, il se laisse mener par le nez. (on ajoute quelquefois, comme un buffle.) On le gouverne comme on veut, il se laisse duper. On dit, dans le même sens mener tout seul.
   Ah! vous êtes bien fort, mais c'est loin de Florise.
   Au fond, elle vous mène en vous semblant soumise.
       Gresset, Le Méchant.
= 7°. Mener, se dit des chôses en diférens sens: "Cela ne mène à rien; on n'en saurait espérer aucun avantage. "Le jeu, la débauche, les femmes mènent bien loin, jettent dans de grandes extrémités. "Cet argent nous mènera, ou ne nous mènera pas bien loin, nous fournira, ou ne nous fournira pas un long secours. — On dit qu'une médecine a mené doucement ou rudement quelqu'un; qu'elle l'a peu ou beaucoup tourmenté. = 8°. Amuser, entretenir de fausses espérances. "Il y a six mois que vous me menez avec de belles paroles, et je n'en vois pas l'éfet. = 9°. En parlant des animaux, les conduire; menez les bêtes aux champs; mener paître les vaches; des marchandises, les voiturer: "Mener du blé au marché, des marchandises à la foire. = 10°. Mener se dit avec vie. "Mener une vie sainte, ou scandaleûse, etc. Vivre saintement, scandaleûsement, etc. = 11°. Mener une dame, c'est ou lui doner la main et être son écuyer; ou, la prendre pour danser avec elle. — Mener le branle, c'est au propre, être à la tête de ceux qui dansent; au figuré, (st. famil.) doner l'exemple, "C'est à vous à mener le branle. = Dans le même style, mener beau bruit, grand bruit: faire grand fracâs.
   Rem. On dit, ce me semble, assez indiféremment mener mal et mal mener; le 2d pourtant vaut mieux, ou pour mieux dire, il dit quelque chôse de plus violent. L'Acad. les mettait dabord tous deux également: il le mena mal: il l'a fort mal-mené. Dans la Nouv. Édit. il n'y a que mal-mener. = Dans les tems simples on peut pourtant dire mener mal, sur-tout quand il est joint à d'aûtres adverbes, qui en renforcent le sens: "il le mena fort mal, extrêmement mal. — De plus mener mal, dit moins que mal-mener, et peut être utile dans des ocasions où mal-mener serait trop fort.
   MENEUR, EûSE, celui, celle qui mène. On ne les dit que dans ces phrâses. Meneur d'une Dame, qui la conduit par la main. — Meneur d'ours, qui les fait voir au peuple, pour gâgner quelque argent. — Meneur, meneûse, celui ou celle, qui amène des nourrices à Paris aux bureaux des Recomanderesses.
   Rem. Suivant l'Acad. dans les premieres éditions, meneur d'ours au figuré, se dit d'un homme mal bâti, et mal vétu. L'Auteur de l'Apothéose du Dictionaire croit qu'elle s'est trompée et que ce mot signifie, un homme, qui porte toujours un habit de la même couleur, comme font les meneurs d'ours pour n'en être pas méconus. — Dans la dern. édit. l'Acad. ne le dit qu'au propre.

Traductions

menée

intrigue