messire

messire

n.m. [ de l'anc. fr. mes, mon, et sire ]
Titre d'honneur donné autref. aux hommes d'un rang élevé, aux nobles.

MESSIRE

(mè-si-r') s. m.
Titre qui, dans le moyen âge, était réservé aux seigneurs de la plus haute noblesse.
Plus tard, titre d'honneur qu'on ajoutait, dans les actes, aux titres particuliers des personnes de qualité et qui avait fini par n'être plus donné qu'au chancelier de France.
Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un noble homme, et peut-être un honorable homme ! lui qui est messire [LA BRUY., VI]
Titre que prenaient par abus les prêtres, les médecins, les avocats, et d'autres professions.
Coeffé d'un froc bien raffiné Et revêtu d'un doyenné Qui lui rapporte de quoi frire, Frère René devient messire, Et vit comme un déterminé [MALLEVILLE, Rondeau contre l'abbé Boisrobert]
Un heurt survint ; adieu le char ; Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée [LA FONTAINE, Fabl. VII, 11]
J'ai dit à notre abbé : messire, Priez bien pour tous nos soldats [V. HUGO, Ballades, la Fiancée du timbalier]
S'est dit quelquefois dans la poésie badine pour messer ou monsieur.
Messire rat promit soudain [LA FONT., Fabl. IV, 11]
Poire de Messire Jean, poire cassante et fort sucrée. Un Messire Jean, une poire de Messire Jean. Des Messires Jeans.

REMARQUE

  • 1. L'Académie n'est pas conséquente avec elle-même pour les grandes lettres dans ces sortes de noms : elle écrit Messire Jean avec une grande M, et reine-Claude avec une petite r. Elle ne l'est pas non plus pour le tiret : Messire Jean, sans tiret ; reine-Claude, avec un tiret. Il est peut-être, en effet, difficile d'être rigoureusement conséquent dans ces petites choses ; et il en résulte qu'à volonté on mettra ou omettra la majuscule ; ou, si l'on veut une décision, il sera plus logique de mettre des minuscules et le tiret.
  • 2. On disait autrefois poires de misser Jean ; on le dit encore à Genève.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mex [mieux] en sera mes sires sainz Marzaus [, Roncisv. 149]
  • XIIIe s.
    Chevaliers es armes hardis, Preus en fais et cortois en dis, Si com fu mi sire Gauvains [, la Rose, 18899]
  • XVe s.
    Si dit [la pucelle d'Orléans] ausdits seigneurs : j'ay accompli ce que messire [Dieu] m'a commandé, qui estoit de lever le siege d'Orleans, et de faire sacrer le gentil roy [, Hist. de la pucelle d'Orléans, p. 525, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Messire Jean la crut, le pauvre homme [DESPER., Contes, LXII]

ÉTYMOLOGIE

  • Anc. franç. mes, ou mis, ou mi, nominatif de l'adjectif possessif dont mon était le régime (voy. MON), et sire ; provenç. messer.

messire

MESSIRE. n. m. Titre d'honneur qui se donnait anciennement, dans les actes, à des personnes de distinction.

messire

Messire, m. Composé de Men et Sire, comme si l'on disoit Mensire, qui est Picard, comme, Men baron, pour mon sire, mon baron, et non de me cyre, de "> émos kurios, comme aucuns veulent. Car il est certain que ce mot Sire, que l'Italien dit Sere, tout ainsi que Messere: ce que nous disons Messire, vient de Herus Latin, l'aspiration duquel est tournée en S, comme en Super, et Somnus de hupér et hupnos, comme si l'on disoit Meus herus. Ce qui est plus apparent au cas vocatif Mi here, que les Lombards tournent en vulgaire Missére. Ce mot combien qu'il soit commun, si est-ce qu'il est restrainct entre les nobles aux seuls chevaliers, et entre les roturiers aux seuls marchans, lesquels toutesfois on qualifie plus usitéement du simple Sire. Sire Pierre, Sire Matthieu, et entre les Ecclesiastiques aux prestres de village.

messire


MESSIRE, s. m. [Mè-cîre: 1reè moy. 2e lon. 3e e muet.] Titre, ou qualité, que prènent les nobles et les Prêtres dans les Actes. = Il se dit quelquefois en plaisantant, et signifie la même chôse que, Monsieur ou Maître.
   Messire Ambroise ne croit rien,
   Et sa femme croit toute chôse.