meublé, ée

MEUBLÉ, ÉE

(meu-blé, blée) part. passé de meubler
Garni de meubles. Maison meublée. Appartement meublé.
Cette maison meublée est en ma bienséance [MOL., L'Ét. V, 2]
Être bien meublé, être bien en meubles. Être mal meublé, être mal en meubles.
Les Orientaux, bien que très voluptueux, sont tous logés et meublés simplement ; ils regardent la vie comme un voyage et leur maison comme un cabaret [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Être meublé suivant l'ordonnance, se disait, sous Louis XIV, de celui qui n'avait que le plus chétif mobilier, parce que la dureté des taxes avait réduit les officiers des compagnies des villes de provinces à avoir pour tous meubles un lit sans rideaux, une marmite de fer et des cuillers de bois. Familièrement et par extension. Une cave bien meublée, une cave garnie de beaucoup de bons vins de différentes espèces. Avoir la bouche bien meublée, avoir les dents belles.
Il a l'air noble, les yeux vifs, le nez un peu aquilin, la bouche grande et bien meublée [COMTE DE CAYLUS (GROSLEY), Acad. de ces dames et de ces messieurs, t. XII, p. 312, dans POUGENS.]
Fig. Avoir la tête bien meublée, avoir beaucoup de connaissances.
Mais nous voulons montrer à de certains esprits.... Que de science aussi les femmes sont meublées [MOL., Femm. sav. III, 2]
Une tête meublée d'un grand nombre de choses disparates est assez semblable à une bibliothèque de volumes dépareillés [DIDER., Lett. sur les sourds et muets.]