mitigé, ée

MITIGÉ, ÉE

(mi-ti-jé, jée) part. passé de mitiger
Rendu moins vif, moins rigoureux.
Son zèle [d'une Grignan qui voulait se faire religieuse] est-il mitigé ou à la rigueur ? [SÉV., 23 sept. 1680]
C'est [le P. le Bossu] le plus savant homme qu'il est possible, et janséniste, c'est-à-dire cartésien en perfection ; il est mitigé sur de certaines choses [ID., 16 sept 1676]
Cette sentence [qui condamnait les Contes de la Fontaine comme déshonnêtes] rendue contre le sieur de la Fontaine autorise la qualité d'Arétin mitigé que je lui ai donnée.... [FURETIÈRE, 3e factum, t. I, p. 300]
Républicains mitigés qui voulaient établir dans les charges de ses ancêtres le prince d'Orange [VOLT., Louis XIV, 7]
C'est que ma maîtresse chez vous, La liberté, se voit logée ; Cette liberté mitigée, à l'œil ouvert, au front serein, à la démarche dégagée, N'étant ni prude ni catin [ID., Ép. XXX]
Ordres mitigés, ceux qui vivent sous une règle moins austère que celle de leur première institution.
Je fais bien plus de cas d'un ordre mitigé qui garde ses règles, que d'une réforme extérieure qui couvre souvent de grandes difformités [MAINTENON, Lett. à Mme de la Viefville, 2 mai 1708]
Luthériens mitigés, se dit d'une secte qui se rapproche du catholicisme. S. m. Les mitigés, se disait, sous la Fronde, de ceux qui avaient des opinions modérées.