moineau

moineau

n.m. [ de moine, à cause de la couleur du plumage, qui rappelle celle de l'habit des moines ]
1. Oiseau passereau abondant dans les villes et dans les champs.
2. Fam. Individu désagréable ou malhonnête : Un drôle de moineau.
Manger comme un moineau,
Fam. très peu.
Tête ou cervelle de moineau,
Fam. personne étourdie, écervelée.

MOINEAU

(moi-no) s. m.
Petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans des trous de muraille.
Il faut à peu près vingt livres de blé par an pour nourrir une couple de moineaux [BUFF., Ois. t. VI, p. 215]
Le curieux Bradley, qui cultivait avec succès la botanique, avait calculé que deux moineaux apportent par semaine à leurs petits 3360 chenilles [BONNET, Contempl. nat. XI, 2]
Moineau franc, moineau domestique ou pierrot. Fig. Tirer sa poudre aux moineaux, faire de la dépense pour venir à bout d'une chose qui n'en vaut pas la peine, ou dont on ne vient pas à bout.
Vous voyez de quel air on reçoit vos joyaux ; Croyez-moi, c'est jeter votre poudre aux moineaux [MOL., École des mar. II, 9]
Ma foi, vous tireriez votre poudre aux moineaux ; Il vous supplanterait [TH. CORN., Baron d'Albikrac, III, 2]
Manger comme un moineau, manger très peu.
Que je vous plains, vous qui êtes au lait, qui quittez votre ânesse pour Forges, qui mangez comme un moineau, et qui avec cela n'avez point de santé ! [VOLT., Lett. Mme de Fontaine, 23 sept. 1750, p. 117]
Appelez-vous cela des moineaux ? se dit d'une chose considérable que d'autres veulent avilir. On dit dans un sens analogue : ce ne sont pas moineaux.
Le gibier du lion, ce ne sont pas moineaux [LA FONT., Fabl. II, 19]
Pot à moineau, voy. POT. Voilà une belle maison, s'il y avait des pots à moineaux, se dit pour se moquer d'une maison de campagne. Fig. C'est un vilain moineau, et, ironiquement, un joli moineau, c'est un homme laid, désagréable, méchant.
Par plaisanterie et en jouant sur le mot. Petit moine.
Nous sommes ici tous obsédés de moines et moineaux de tout plumage [GUI PATIN, Nouv. lett. t. I, p. 50, dans POUGENS]
Moineau de neige, sorte d'oiseau qui se trouve dans les Alpes. Moineau de mer, oiseau qu'on appelle à Terre-Neuve oiseau des glaces.
Terme de fortification. Bastion plat bâti au milieu d'une courtine lorsqu'elle est trop longue et que les deux bastions des angles sont trop éloigné pour se défendre l'un l'autre.
Poisson du genre pleuronecte (le flet).

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Comment dites vous à m'ame [à mon âme] : va en ce mont ausi comme moiniaus ? [, Psautier, f° 18]
    Uns huns [un homme], ce dit, entasseit blé, Et l'arunde l'a esgardé ; Cum li moinet dehors esteient, Qui au blé adeser n'oseient, L'arundele les apela.... Li moinel se sunt desturné.... Li vileins dist ceste parole ; Et li arunde, qui fu fole, As moissuns [moineaux] l'ala tost cunter ; Si les fist en la granche entrer. Li vilainz a ses engins faiz, Les moinaus pris et à mort traiz [MARIE DE FRANCE, t. II, p. 349]
    Le moisnel qui saut et tressaut De branche en branche moult soé [doucement] [, Ren. 25128]
  • XVe s.
    Se moussons y gargonnent ou y font leurs nyds, c'est signe de bon air et de bonne fortune [, les Évang. des quenouilles, p. 37]
  • XVIe s.
    Les jours suivans se passerent en canonades, pour raser un moineau qu'ils avoient avancé de la courtine [D'AUB., Hist. II, 50]
    Passereaux et moineaux sont de faux oiseaux [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Norm. moisson ; wallon, mohon ; Ardennes, mochon ; Berry, moigneau ; picard, mougneu, moigneau, moinet. L'ancien français disait aussi moine :
    Chassant aux moines [DU CANGE, moinus.]
    Il y a deux formes : l'une, ancien français, moissun, et les patois moisson, mohon, mohon ; l'autre moine, d'où le diminutif moinel, moineau. La première indique sans conteste, comme Diez le dit, un mot bas-latin muscio, de musca, mouche (un petit oiseau ayant été facilement dénommé d'après la mouche). De moisson on fit moissonel, d'où moisnel, qui se trouve en effet ; et c'est de là que Diez tire moineau. Mais à côté de moisson et de moisnel on trouve dans les textes très anciens d'une façon concordante moinet, moinel, moiniau, sans s, de sorte qu'il est difficile de prendre cela pour de simples fautes de copistes. On peut donc croire qu'il y a eu moine et son diminutif moinel, ainsi dit du passage biblique, passer solitarius in tecto, le passereau solitaire, moine dans le toit, Psalm. CI, lequel s'est confondu facilement avec moisnel.

moineau

MOINEAU. n. m. Passereau de plumage gris, qui est très commun. Moineau franc, à gorge noire. Les moineaux deviennent vite familiers. Fam., Effronté comme un moineau parisien.

Fig., Tirer sa poudre aux moineaux, Employer pour des bagatelles son crédit, ses amis, son argent, dont on aurait pu se servir plus utilement.

Fam., Un vilain moineau, Un individu méprisable.

moineau

Un Moineau, m. acut. Est l'oiseau qu'on appelle autrement Passereau, diminutif, qui tous deux viennent du Latin Passer et Passerculus.

Moineau à la soulsie ou au collier jaulne, Passer torquatus.

Moineau de noyer autrement nommé Friquet, Passer in iuglandibus degens, Passer iuglandarius.

Petit moineau, Passerculus.

moineau


MOINEAU, s. m. [Moa-no: pluriel, Moi-neaux.] Petit oiseau fort comun et à la ville et à la campagne, où il étourdit par ses cris continuels; et qui multiplie prodigieûsement. Il y en a quelquefois des milliers sur un seul arbre. "Il n'y a pas de petit enfant, qui n'ait un moineau pour s'amuser. = Adj. "Cheval moineau, auquel on a coupé les oreilles.
   On dit, proverbialement, jeter sa poûdre aux moineaux, faire de la dépense pour une chôse qui n'en vaut pas la peine.

Traductions

moineau

Spatz, Sperlingsparrowmusאנקור (ז), אַנְקוֹרmossiemoixó, pardalspurvpasero, pirgitogorrión, pardalvarpunenpassero, passera, passerottopasserwróbelpardal, pássaroворобейsparv, gråsparv, tätting麻雀عَصْفُورvrabecσπουργίτιvrabacスズメ참새spurvนกกระจอกserçechim sẻ麻雀 (mwano)
nom masculin pluriel moineaux
petit oiseau commun

moineau

[moineaux] (pl) [mwano] nmsparrow