monitoire

(Mot repris de monitoires)

MONITOIRE

(mo-ni-toi-r') s. m.
Terme de jurisprudence ecclésiastique. Lettres qui s'obtenaient des juges ecclésiastiques, en vertu de permissions des juges laïques, et qu'on publiait au prône des paroisses pour obliger les fidèles de venir déposer des faits contenus dans ces lettres sous peine d'excommunication. Fulminer, jeter un monitoire.
Un monitoire est une espèce de proscription.... voyez quel effet horrible ont produit les monitoires contre les Calas et les Sirven [VOLT., Lett. à M***, mars 1767]
On ne fulmine des monitoires que pour découvrir des grands crimes publics dont les auteurs sont inconnus [ID., Polit. et législ. Écrits pour les habitants du Jura, la Voix du curé]
Par plaisanterie.
On disait l'autre jour qu'on avait jeté un monitoire pour savoir où était l'armée de M. de Luxembourg [SÉV., 23 oct. 1676]
Adj. Lettres monitoires.
La chambre a permis audit procureur général d'obtenir lettres monitoires, et icelles faire publier par les paroisses de cette ville de Paris pour la révélation desdits faits.... pour être l'arrêt de la chambre exécuté, et les monitoires y contenus publiés pour avoir révélation des... [, Arrêt de la Ch. des comptes du 7 févr. 1646 et plumitif du 23 mars]
Citation juridique faite sous peine d'excommunication. Alexandre III est le premier pape qui ait introduit l'usage des monitoires.
Aldovrandi avertit les évêques du royaume [d'Espagne] par des écrits portant le nom de monitoires, que le pape suspendait toutes les grâces qu'il avait accordées au roi d'Espagne [SAINT-SIMON, 501, 61]
On sait que le pape Sixte V eut l'insolence d'envoyer, en 1589, un monitoire par lequel il ordonnait au roi de se rendre à Rome en trente jours, pour se justifier de la mort du cardinal de Guise [VOLT., Fragm. sur l'hist. art. 16]
Le monitoire se répète et se nomme alors réaggrave.

REMARQUE

  • Ce mot se trouve au féminin dans les Grands jours de Fléchier, p. 339, édit. 1844.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Monitoires ou excommunications avec clause satisfactoire.... sont censées abusives [P. PITHOU, 35]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. monitori ; espagn. et ital. monitorio ; du lat. monitorius, de monere, avertir.

monitoire

MONITOIRE. n. m. T. de Juridiction ecclésiastique. Lettres d'un official pour obliger, sous des peines ecclésiastiques, tous ceux qui ont quelque connaissance d'un crime ou de quelque autre fait dont on cherche l'éclaircissement, à venir révéler ce qu'ils savent. On a publié un monitoire dans toutes les paroisses. Fulminer, jeter, lancer un monitoire. Adjectivement, Des lettres monitoires.

Il se dit aussi d'une Citation à comparaître devant un tribunal ecclésiastique, sous peine d'excommunication.

monitoire

Monitoire, Monitorius.

monitoire


MONITOIRE, s. m. MONITORIAL, ALE, adj. [Moni-toâre, tori-al, ale: 3e lon. au 1er.] Monitoire, se dit des lettres qu'on obtient du Juge d'Église, pour obliger par censures éclésiastiques à venir à révélation sur certains faits, qui sont mentionés dans ces Lettres. "Fulminer, ou jeter un monitoire, c'est publier des Lettre en forme de monitoire. = On dit adjectivement, Lettres monitoires, ou monitoriales.
   On dit, en plaisantant, à quelqu'un, qui avait disparu, qu'on voulait faire jeter un monitoire pour le trouver. "On disait l'autre jour, qu'on avait jeté un monitoire pour savoir où était l'armée de M. de Luxembourg, Sév.