monseigneur

(Mot repris de monseigneurs)

monseigneur

n.m. (messeigneurs).
Titre donné aux princes d'une famille souveraine, aux prélatsabrév. Mgr

monseigneur

(mɔ̃sɛɲœʀ)
nom masculin pluriel messeigneurs (mesɛɲœʀ)
titre donné à un prince, à un évêque Monseigneur ne pourra vous recevoir aujourd'hui.

MONSEIGNEUR

(mon-sè-gneur ; au XVIe siècle, Palsgrave dit, p. 56, qu'on prononçait monseinieur) s. m.
Titre d'honneur qu'on donne aux personnes d'une dignité éminente, et qui signifie mon seigneur, mon maître.
Le monseigneur de France n'est pas la même chose que le monsignor d'Italie ; en ce pays-là il ne présuppose pas nécessairement infériorité en celui qui le donne ; .... le mot de monseigneur n'est pas si vulgaire en ce royaume [France], où l'on ne s'en servait point de vive voix sous le règne des rois derniers morts, et avant que le cardinal de Richelieu fût venu changer les choses du monde ; dans les lettres nous ne le devons pas seulement aux princes, aux ducs et pairs et aux officiers de la couronne, mais aussi, à mon avis, aux gouverneurs des provinces où nous faisons notre résidence ; ....M. de Racan fut le premier qui me mit du scrupule dans l'esprit et qui me remontra que la dignité d'évêque ne devait pas être moins respectée par un vrai chrétien que celle de duc et pair par un naturel français ; sa remontrance me sembla fondée en raison, et nous résolûmes lui et moi de donner, à l'avenir, du monseigneur à tous les évêques, sans excepter l'évêque de Bethléem, quoiqu'il logeât dans un trou d'un collége de Paris, quoiqu'il allât à pieds par les rues, quoiqu'il fût lui-même son aumônier [BALZ., Dissert. critiques, VII]
Monseigneur, je prends avantage de ma témérité [CORN., Clitandre, Épître au duc de Longueville]
Monseigneur, nous vous sommes bien obligés. - Monseigneur ! oh ! monseigneur ! attendez, mon ami, monseigneur mérite quelque chose ; et ce n'est pas une petite parole que monseigneur ; tenez, voilà ce que monseigneur vous donne [MOL., Bourg. gent. II, 9]
Le monseigneur, le titre de monseigneur.
[Il y eut une dispute à la cour de Louis XIV en 1675, pour savoir si on devait aux maréchaux de France le monseigneur en écrivant ; la question fut tranchée en faveur des maréchaux] Après cela j'ai parlé du monseigneur : Ah ! mon Dieu, madame, m'a dit M. de Pompone, au nom de Dieu ! que M. de Grignan se garde bien du monsieur ; il ferait mal sa cour ; le roi s'en est expliqué sur le sujet du marquis d'Ambres ; il sera tondu ; le maréchal de Grammont conte en son langage que le comte de Guiche n'était pas un misérable sans naissance, sans dignité, et que jamais il n'a marchandé le monseigneur à aucun maréchal de France [SÉV., 10 août 1675]
Monseigneur se dit en parlant d'un homme qui a droit à ce titre. Monseigneur est absent.
Souvent, à pleines mains, d'Orval sème l'argent ; Parfois, faute de fonds, monseigneur est marchand [GILB., 18e siècle.]
Les évêques aujourd'hui se traitent réciproquement de monseigneur [DE CAILLIÈRES, 1690]
Je dînai il y a quelques jours chez M. Ponchartrain : il fit beaucoup de railleries assez aigres sur le monseigneur que les évêques se donnent [MAINTENON, Lett. au cardin. de Noailles, 12 oct. 1695]
Aujourd'hui on dit monseigneur en parlant à un évêque, ou d'un évêque. Monseigneur de Paris, l'archevêque de Paris, Monseigneur de Châlons, etc. Autrefois on disait monsieur de Paris ; monsieur de Blois, l'évêque de Blois, etc.
Messeigneurs, pluriel de monseigneur, titre dont on se sert en parlant ou en écrivant à plusieurs personnes qui ont droit au titre de monseigneur.
Nosseigneurs, autre pluriel de monseigneur, dont on se servait principalement dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement, et autres cours souveraines. Au roi et à nosseigneurs de son conseil.
Nosseigneurs du parlement l'ont mieux traité [l'auteur de la Philosophie de la nature], parce qu'ils ont eu peur du cri public [D'ALEMB., Lett. au roi de Prusse, 28 juill. 1777]
On dit aussi aujourd'hui nosseigneurs les évêques.
On dit monseigneurs au pluriel quand on n'adresse pas la parole aux grands personnages et qu'on veut seulement marquer leur dignité.
....Les simples monseigneurs N'étaient d'un rang digne de ses faveurs [LA FONT., Courtis. amour.]
Monseigneur, le Dauphin, fils de Louis XIV (on met une majuscule).
Le seul enfant de ce mariage de Louis XIV qui vécut, fut Louis Dauphin, nommé Monseigneur, né le premier novembre 1661, mort le 14 avril 1711 [VOLT., Louis XIV, Enfants.]
Terme d'argot. Espèce de levier pour forcer les serrures.

REMARQUE

  • 1. On dit : Monseigneur, Votre Altesse.... et non : Votre Altesse, Monseigneur....
  • 2. On écrit souvent par abréviation Mgr.
  • 3. La qualification de monseigneur n'a pas de limite bien tracée, ou du moins elle en change suivant les temps. Aujourd'hui on la donne aux princes de la famille impériale, aux évêques, aux maréchaux.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Quant aucuns cas avient de monsegneur le conte contre ses homes [BEAUMANOIR, LXVII, 18]
  • XVIe s.
    Tous ceulx qui liront cette histoire entendent que celuy que je nomme monseigneur, c'est monseigneur d'Orleans ; car en ce temps là lui appartenoit-il d'estre ainsi appellé [JEAN DE ST-GELAIS, Hist. de Louis XII, p. 52, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Mon, et seigneur ; provenç. monsegnor ; espagn. monseñor ; ital. monsignore. Dans l'ancienne langue, messire était le nominatif, et monseigneur, le régime.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    MONSEIGNEUR. - REM. Ajoutez :
  • 4. Aujourd'hui, on ne donne pas à un maréchal la qualification de Monseigneur ; sa qualification officielle est Monsieur le Maréchal.

monseigneur

MONSEIGNEUR. n. m. Titre d'honneur que l'on donne en parlant ou en écrivant à certaines personnes distinguées par leur naissance ou par leur dignité. Monseigneur le prince. Monseigneur l'évêque de Troyes. Monseigneur l'archevêque de Paris. Donner du monseigneur à quelqu'un. Traiter quelqu'un de monseigneur. On écrit, par abréviation, Mgr. Absolument, Qu'en pense Monseigneur? Monseigneur est venu, est reparti.

MESSEIGNEURS. Pluriel de Monseigneur, dont on se sert quand on s'adresse aux personnes qui ont droit au titre de Monseigneur.

NOSSEIGNEURS. Autre pluriel de Monseigneur, dont on se sert quand on parle des personnes qui ont droit à ce titre. Nosseigneurs les évêques de France.

MONSEIGNEUR ou Pince-monseigneur se dit d'une Sorte de levier dont les cambrioleurs se servent pour forcer les portes, les serrures.

monseigneur


MONSEIGNEUR, s. m. [Moncèg-neur: 2e è moy. mouillez le g.] On dit au pluriel Messeigneurs, et dans les Requêtes Nosseigneurs. "Au Roi et à Nosseigneurs de son conseil. "À~ Nosseigneurs du Parlement, suplie humblement, etc. = Titre d'honeur qu'on done en parlant ou en écrivant aux persones distinguées par leur naissance, ou par leur dignité. "Monseigneur le Prince, le Maréchal, l'Évêque, etc. "Doner à quelqu'un du monseigneur; le traiter de Monseigneur. = L'Acad. dit qu'on apelait simplement Monseigneur le Dauphin fils de Louis XIV. C'est trop restreindre l'usage de ce mot. On a apelé de même les aûtres Dauphins, qui sont venus après. "Officier de Monseigneur, page de Monseigneur. Avant Louis XIV, ou disait Monsieur le Dauphin.
   Rem. Quand on adresse ces paroles à Dieu, ou à J. C. il faut les séparer et écrire mon seigneur, et non pas Monseigneur, et la lettre majuscule doit être à Seigneur et non pas à mon. * "Brûlez-moi, Monseigneur, consumez-moi du feu de votre amour, Vie de S. P. d'Alc. Il convient même, dans ces ocasions, de ne pas dire mon Seigneur tout seul, pour éviter l'allusion de ce titre aux Grands de la Terre; et de dire p. ex. mon Seigneur et mon Dieu, etc. ou de dire, Seigneur, tout seul, sans mon. "Consumez-moi, Seigneur, du feu de votre amour.
   VAUGELAS done quelques règles pour placer convenablement dans une lettre, dans un compliment, ou, dans un discours adressé à une persone qu'on respecte, ces mots, Monseigneur, Monsieur, Madame, Mademoiselle, etc. = 1°. Il n'en faut pas mettre deux de suite, dans la même phrâse. = 2°. Après vous, quand ce pronom personel termine le membre de la période, il faut placer un de ces mots: "Il n'apartient qu'à vous, Monseigneur, etc. "J' ai reçu de vous, Madame, etc. = 3°. Il est fort bien placé après car, mais, au reste, après tout, certes, certainement, c'est pourquoi et aûtres semblables. = 4°. Il faut prendre garde à ne le point mettre après un verbe actif, à caûse de l'équivoque. "Je ne veux pas acheter, Madame, si peu de chôse; etc. il faut alors dire: "Je ne veux pas, Madame, acheter si peu de chôse, etc. Dites-en de même de tous les endroits où ce mot ferait une équivoque. Car, quoique ces équivoques soient déraisonables, et ne puissent même se dire équivoques, qu'en faisant violence à la phrâse, d'une manière grossière et impertinente; comme dans ces phrâses triviales: voulez-vous du veau, Monsieur, "C'est une truye, Madame, etc. etc. il ne faut pas laisser de les éviter avec soin, parce qu'il y a plus de persones déraisonables et impertinentes, qu' il n'y en a d'aûtre sorte. = 5°. Il ne faut pas le mettre entre le substantif et l'adjectif, si celui-ci est du même genre que Monseigneur ou Madame, etc. Comme: c'est un procédé, Monseigneur, très-insolent: "C'est une procédure, Madame, désaprouvée de tout le monde, etc. = 6°. Il est bien placé devant que ou de. "Je ne crois pas, Madame, que vous me fassiez l'injûre de croire, etc. "C'est un éfet, Monseigneur, de votre bonté, etc. = 7°. On ne doit jamais aussi mettre ni Sire ni Monseigneur, ni Madame, aprês votre Majesté, votre Altesse, etc. mais on peut les mettre devant. = 8°. Il est à propos d'ajouter ici, qu'il y a bien des gens, qui, en écrivant, aussi-bien qu' en parlant, répètent trop souvent, Monseigneur, Monsieur, Madame, jusqu'à se rendre insuportables. Ils veulent honorer et ils importunent.

Traductions

monseigneur

monsignor

monseigneur

monseigneur

monseigneur

אֲדוֹנִי

monseigneur

monsinjoro

monseigneur

[mɔ̃sɛɲœʀ] nm
(= archevêque, évêque) (formule d'adresse)Your Grace; (à la troisième personne)His Grace
Mgr Thomas → Bishop Thomas
(= cardinal) (formule d'adresse)Your Eminence; (à la troisième personne)His Eminence
Mgr Thomas → Cardinal Thomas