morfondu, ue

MORFONDU, UE

(mor-fon-du, due) part. passé de morfondre
Pénétré d'humidité et de froid.
Pour se sauver de la pluie, Entre un passant morfondu [LA FONT., Fabl. V, 7]
L'air devenu serein, il part tout morfondu, Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie [ID., ib. IX, 2]
Substantivement.
Ouvrez, dit-il, je suis nu ; Moi, charitable et bonhomme, J'ouvre au pauvre morfondu [ID., Autre imit. d'Anacr.]
Fig. Qui perd son temps à attendre.
Courtisan morfondu, frénétique et rêveur, Portrait de la disgrâce et de la défaveur [RÉGNIER, Sat. III]
Fig. Qui a souffert quelque dommage, quelque perte comparée à l'état de celui qui est morfondu.
Elle [Catherine de Médicis] avait souvent sondé l'esprit du roi sur cela, et tâché de lui persuader que le sang était bien morfondu au delà du sixième degré ; que les Bourbons ne lui étaient plus parents que d'Adam et d'Ève, et qu'il était plus naturel de laisser sa succession à ses neveux qu'à des gens si éloignés [MÉZERAY, Abrégé chronol.]
Depuis la guerre on ne fait rien ici de nouveau ; les libraires sont trop morfondus, et depuis quatre mois les presses n'ont roulé que sur des paperasses mazarines [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 516]
Tous nos marchands sont ici merveilleusement morfondus de cette guerre trop longue [ID., ib. p. 552]
Ne trouvez-vous pas cette plaisanterie d'un esprit morfondu ? [Mme DU DEFFANT, Corresp. t. II, p. 47, dans POUGENS]
Les économistes sont les plus étonnés et les plus morfondus de tous les êtres [GALIANI, Corresp. t. I, p. 231, dans POUGENS]
Graine morfondue, graine des vers à soie quand le germe a péri.
S. m.Terme de marine. Un morfondu, cordage fait avec de vieux câbles qu'on a préalablement détordus.