moteur, trice

MOTEUR, TRICE

(mo-teur, tri-s') s. m. et f.
Celui, celle qui donne le mouvement.
Il [Dieu] est infiniment au-dessus de cette cause première et de ce premier moteur que les philosophes out connu sans toutefois l'adorer [BOSSUET, Hist. II, 1]
De la terre et des cieux les moteurs éternels [VOLT., Henr. VIII]
Ce premier moteur est Dieu, être vivant, éternel [DIDER., Opin des anc. philos. (péripatéticiens).]
Il se dit aussi de ce qui donne le mouvement. Le moteur d'une machine. Moteurs animés, nom donné à l'homme et aux animaux considérés dans leur emploi à porter ou à traîner des fardeaux.
Fig. Il se dit de celui ou de celle qui produit des efforts comparés au mouvement physique.
Et toi, puissant moteur du destin qui m'outrage, Termine ce combat sans aucun avantage, Sans faire aucun des deux ni vaincu ni vainqueur [CORN., Cid, V, 4]
Puisse le grand moteur des belles destinées, Pour prolonger vos jours, retrancher nos années ! [ID., Cinna, V, 3]
Il y a uniformité d'esprit entre le moteur qui inspire nos passions et celui qui prescrit la résistance à nos passions [PASC., dans COUSIN]
Vous avez voulu, Ô mon Dieu, qu'il [le libre arbitre] concourût à votre grande œuvre, qui est notre sanctification, sans songer que c'est vous, Ô moteur secret, qui lui inspirez le bon choix qu'il fait [BOSSUET, Concupisc. 32]
On peut concevoir que le corps meurt, si les esprits qui sont le moteur s'éloignent ou si.... [ID., Connaiss. II, 12]
Adressez-vous à Dieu en qualité de moteur des cœurs [ID., Lett. abb. 69]
Tous [tout le monde] ne considèrent que vous [régent] comme convocateur et moteur de l'assemblée [des états généraux] [SAINT-SIMON, 465, 70]
Ce sont les femmes qui furent motrices de toute cette révolte [MONTESQ., Lett. pers. 24]
Un brasseur de bière de la ville de Gand fut le grand moteur de cette guerre fameuse et celui qui détermina Édouard à prendre le titre de roi de France [VOLT., Mœurs, 75]
Il se dit aussi des choses.
Qu'est devenu ce sentiment intime Qui, sous les noms d'amour et d'amitié, De l'univers est le moteur sublime ? [MALFILÂTRE, Narcisse, IV]
Moteur, trice, adj. Qui produit un mouvement.
Ainsi l'esprit moteur, dont la vertu féconde Par de puissants ressorts anime tout le monde [BAHIER, le Cabinet de Quinault, p. 66]
La force motrice des corps n'est pas un être composé de parties [VOLT., Dict. phil. Ame.]
Cette attraction [gravitation], diminuée par la distance, est précisément la vertu motrice de Kepler, laquelle, comme la lumière, est affaiblie quand le corps est plus éloigné [BAILLY, Hist. astron. mod. t. II, p. 465]
La connaissance de ce centre [de tous les mouvements planétaires] est indispensable pour avancer dans la recherche des causes motrices [LAPLACE, Expos. II, préface.]
En anatomie, moteur se dit des muscles. Les muscles moteurs de la jambe, du bras, etc. Nerf moteur, se dit de quelques nerfs de mouvement qui se rendent à certains muscles. Le nerf moteur externe de l'œil.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Du premier ciel et grand moteur Est mon savoir gubernateur [, Nat. à l'alch. err. 380]
  • XVIe s.
    Le connestable en fut moteur [de cet accord] [D'AUB., Hist. I, 107]
    S'il est, comme chantent nos vers, L'esprit moteur de l'univers [DU BELLAY, VII, 25, verso.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. motorem, de motum, supin de movere (voy. MOUVOIR).