moucher

(Mot repris de mouches)

moucher

v.t. [ bas lat. muccare, du lat. class. muccus ou mucus, écoulement nasal, morve ]
1. Débarrasser les narines des sécrétions nasales : Moucher un malade.
2. Fam. Remettre qqn à sa place vertement ; réprimander : Cette fois-ci, je l'ai mouché !
Moucher une chandelle,
en éteindre la flamme en prenant la mèche entre ses doigts.

se moucher

v.pr.
Moucher son nez.

moucher


Participe passé: mouché
Gérondif: mouchant

Indicatif présent
je mouche
tu mouches
il/elle mouche
nous mouchons
vous mouchez
ils/elles mouchent
Passé simple
je mouchai
tu mouchas
il/elle moucha
nous mouchâmes
vous mouchâtes
ils/elles mouchèrent
Imparfait
je mouchais
tu mouchais
il/elle mouchait
nous mouchions
vous mouchiez
ils/elles mouchaient
Futur
je moucherai
tu moucheras
il/elle mouchera
nous moucherons
vous moucherez
ils/elles moucheront
Conditionnel présent
je moucherais
tu moucherais
il/elle moucherait
nous moucherions
vous moucheriez
ils/elles moucheraient
Subjonctif imparfait
je mouchasse
tu mouchasses
il/elle mouchât
nous mouchassions
vous mouchassiez
ils/elles mouchassent
Subjonctif présent
je mouche
tu mouches
il/elle mouche
nous mouchions
vous mouchiez
ils/elles mouchent
Impératif
mouche (tu)
mouchons (nous)
mouchez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais mouché
tu avais mouché
il/elle avait mouché
nous avions mouché
vous aviez mouché
ils/elles avaient mouché
Futur antérieur
j'aurai mouché
tu auras mouché
il/elle aura mouché
nous aurons mouché
vous aurez mouché
ils/elles auront mouché
Passé composé
j'ai mouché
tu as mouché
il/elle a mouché
nous avons mouché
vous avez mouché
ils/elles ont mouché
Conditionnel passé
j'aurais mouché
tu aurais mouché
il/elle aurait mouché
nous aurions mouché
vous auriez mouché
ils/elles auraient mouché
Passé antérieur
j'eus mouché
tu eus mouché
il/elle eut mouché
nous eûmes mouché
vous eûtes mouché
ils/elles eurent mouché
Subjonctif passé
j'aie mouché
tu aies mouché
il/elle ait mouché
nous ayons mouché
vous ayez mouché
ils/elles aient mouché
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse mouché
tu eusses mouché
il/elle eût mouché
nous eussions mouché
vous eussiez mouché
ils/elles eussent mouché

MOUCHER1

(mou-ché) v. a.
Presser les narines pour en faire sortir les mucosités.
Il [Diogène] vit un jour un homme qui se faisait chausser par un esclave ; tu ne seras pas content, dit-il, jusqu'à ce qu'il te mouche ; de quoi te servent tes mains ? [ROLLIN, Hist. anc. t. XII, p. 500, dans POUGENS]
Absolument. Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Le tabac fait moucher. S. m. Action de moucher, de se moucher.
Tous les mouchers, toussers.... [PASC., Pens. XXV, 63, éd. HAVET]
Le fréquent moucher [de la duchesse de Bourgogne] répondait aux cris du prince son beau-père [SAINT-SIMON, 293, 243]
Moucher du sang, rendre du sang par le nez en se mouchant.
Par extension, ôter le bout du lumignon qui empêche une chandelle de bien éclairer.
Vous ferez encore des mouchettes et des vases destinés pour y éteindre ce qui aura été mouché des lampes [SACI, Bible, Exode, XXV, 38]
En feignant de la moucher, Qu'on éteigne la lumière [BÉRANG., Censure.]
Moucher une chandelle avec le pistolet, tirer si juste que la balle coupe la mèche.
Vous aurez le plus grand plaisir du monde à voir moucher des chandelles à coups de pistolets, toutes les fois que vous en voudrez avoir le passe-temps [SCARR., Lettres, Œuv. t. I, p. 188]
Populairement. Moucher quelqu'un, remettre quelqu'un à sa place, lui infliger une correction, le battre. Tu vas te faire moucher, tu vas recevoir une correction, te faire rosser.
Terme de marine. Couper l'extrémité d'un cordage qui s'effile, d'une pièce de bois qui ne se termine pas par une surface unie.
Se moucher, v. réfl. Faire sortir ce qui est dans le nez.
Moi, je leur soutiens qu'un homme qui n'a pas l'air que nous avons en France, est un homme qui fait tout de mauvaise grâce, qui ne sait ni marcher, ni s'asseoir, ni se lever, ni tousser, ni cracher, ni éternuer, ni se moucher ; qu'il est par conséquent un homme sans manières [BOISSY, Français à Lond. sc. 1]
Mais quand on voit arriver la secousse, Qu'avant la fin le parterre à grand bruit Se mouche, tousse, Tout est dit [PANARD, Œuv. t. III, p. 378, dans POUGENS]
On voit, dans Juvénal, un mari demander le divorce, parce que sa femme se mouchait souvent [MONGEZ, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 308]
Il n'a pas le loisir de se moucher, se dit d'un homme fort occupé.

PROVERBES

  • Qui se sent morveux se mouche (voy. MORVEUX).
  • Il ne se mouche pas du pied, c'est un homme habile, intelligent, résolu.
    Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose, N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied [MOL., Tart. II, 3]
    Un des tours d'agilité familiers aux anciens saltimbanques consistait à saisir le pied à deux mains et à se le passer vivement sous le nez. De là, cette façon de parler triviale pour dire un homme grave, digne, considérable : c'est un homme qui ne se mouche pas du pied.
  • Il ne se mouche pas du pied, il y paraît sur sa manche, se dit quand, ne croyant pas à l'habileté du personnage dont il est question, on veut faire tourner le proverbe à son désavantage ; car, qu'il y paraisse sur la manche, c'est signe de malpropreté.
  • Cela était bon du temps qu'on se mouchait sur la manche, se dit pour mépriser une coutume ancienne.
    du temps qu'on se mouchait sur la manche, du temps que le monde était fort simple, était comme un enfant [GÉNIN, Récréat. t. I, p. 89]
    Ne voudriez-vous point supprimer les mouchoirs, parce qu'autrefois on se mouchait sur la manche ? [DANCOURT, Fête de village, I, 2]
  • Ne pas se moucher sur sa manche, ne pas se laisser mener comme un enfant (lequel se mouche sur sa manche).
    J'ai grand' peur qu'un bourreau de beau-père ne m'ait promis plus de beurre que de pain ; je ne me mouche pas sur ma manche, comme vous savez, et il en faudrait venir.... [SCARRON, le Marquis ridicule, dans GÉNIN, Récréat. t. I, p. 88]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que ses doiz arde [brûle] à les mouchier [les chandelles] [GAUTIER DE COINCY, p. 571]
    En la chiere [face] [il] li crache et moche [, Ren. 14989]
  • XVe s.
    Comment il a esté mouché ! N'ay-je pas bien fait mon devoir ? [, Patelin]
  • XVIe s.
    Avecques ses dardz, de mille pas loing, il esmouchoyt une bougie sans l'estaindre [RAB., Pant. IV, 24]
    Il se mouschoyt à ses manches, il mourvoyt dedans sa souppe [ID., Garg. I, 11]
    Or mouchez voz nez, petits enfans [ID., Pant. préf.]
    Un temps fut que sans grand respect, On lachoit à table le pet.... Et qu'on se mouchoit à la nappe [SAINT-GELAIS, (75)]
    .... Par là il se poussa, Et aux plus hauts honneurs du palais s'avança, Ayant mouché [abusé] les rois avec telle prattique [DU BELLAY, IV, 85, verso]
    Pour ung sysiaux à moucher la chandelle [DE LABORDE, Émaux, p. 400]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, mokî, moucher une chandelle ; picard, mouker ; du lat. fictif mucare, de mucus, morve. Mucus, morve, et mungere, moucher, ont le même radical : sanscr. muc, muncami ( a long), rejeter, répandre ; verbe grec traduit par se moucher, et mot grec signifiant nez.

MOUCHER2

(mou-ché) v. a.
Espionner. On l'a fait moucher par la police. On dit plutôt aujourd'hui moucharder.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Et qui plus est, mouscher par les provinces, Pour mieux ouyr et rapporter aux princes [, Faifeu, p. 6]

ÉTYMOLOGIE

  • Mouche.

MOUCHER3

(mou-ché) v. n.
Aller comme des mouches, aller et venir, en parlant de lettres, de billets, de chansons, etc. (terme inusité).
L'héritière de Ventadour avait eu le temps de se faire connaître par tant de galanteries publiques, qu'aucune femme ne la voyait, et que les chansons qui avaient mouché s'étaient chantées en Flandre, dans l'armée [SAINT-SIMON, 21, 250]
....Et par des subalternes affidés de ses troupes, les avis mouchaient à Commercy et à son fils [ID., 96, 20]
Elles convinrent de ne se voir jamais sans une nécessité à laquelle rien ne pourrait suppléer, et les billets mouchaient entre elles comme avec le roi [ID., 177, 108]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    [Le taon].... qui, au retour de l'an, Parmi les prez fait moucher [courir comme les mouches] les genices [RONS., 614]
    Or nottez, amiables freres, et dressez les oreilles comme la queue d'une vache qui mouche [chasse les mouches] [, Moyen de parvenir, p. 125, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Mouche ; bourguig. mousquai, se fâcher, prendre la mouche.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    MOUCHER.

PROVERBES

  • Ajoutez :
  • Se moucher dans ses doigts, être habile, intelligent, résolu.
    Il sait se moucher dans ses doigts, [, le Déjeuner de la Rapée, p. 15, dans CH. NISARD, Parisianismes, p. 160]

HISTORIQUE

  • XVIe s. Ajoutez :
    Celui qui trop se mouche, comme dit le proverbe, attrait le sang [, le Bureau du concile de Trente, 1586, p. 11]
    On sait ce que dit le proverbe : Qui mouche trop, il tire le sang [SLEIDAN, Hist. de l'estat de la religion sous Charles V, p. 47, verso.]

moucher

MOUCHER. v. tr. Presser les narines pour en faire sortir les mucosités. Il s'emploie surtout avec le pronom personnel. Se moucher fréquemment, bruyamment.

Absolument, Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Il ne mouche presque point.

Moucher du sang, Rendre du sang par le nez en se mouchant.

Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche. Voyez MORVEUX.

Fig. et fam., C'est un homme qui ne se mouche pas du pied, C'est un homme qui a de grandes prétentions.

En parlant d'une Chandelle, d'une bougie, d'une lampe, etc., il signifie Ôter le bout du lumignon, lorsqu'il empêche la chandelle, la bougie, la lampe, etc., de bien éclairer. Moucher une chandelle, une bougie, une lampe.

MOUCHER signifie, figurément et populairement, Dire son fait à quelqu'un. Je l'ai mouché. Il s'est fait moucher.

moucher

Moucher, quasi Munger, Mungere, Emungere.

moucher


MOUCHER, v. act. [Mouché; 2eé fer.] Il n'est actif, et n'a le régime simple, qu'en parlant des enfans et des persones, qui ne peuvent se moucher elles-mêmes. Presser les narines pour en faire sortir les excrémens qui tombent dans le nez. "Mouchez cet enfant. "Je ne puis agir: il faut qu' on me mouche. = Il s'emploie presque toujours comme réciproque, avec le pronom personel; se moucher: "Mouchez-vous? "Dites-lui qu'il se mouche. = * Plusieurs le font neutre, et l'emploient au lieu du réciproque. "J'ai beaucoup mouché aujourd'hui, disent-ils; au lieu de dire: je me suis mouché souvent. L'Abé Grosier le dit de même. "Ils commencent et continuent de concert à tousser, cracher, moucher avec des éclats, qui couvrent sans peine la voix foible et timide du modeste Directeur. — Tousser et cracher sont neutres; moucher ne l'est pas. M. Desgrouais le met au nombre des gasconismes; mais je l'ai oui dire à d'aûtres qu'à des Gascons; ainsi que purger, pour se purger. Voyez PURGER.
   On dit proverbialement: ne pas se moucher du pied (d'autres disent, du coude.) C'est un homme qui ne se mouche pas du pied; il est habile, et il n'est pas aisé de lui en faire acroire. — Suivant l'Académie, il est populaire.
   Certes, monsieur Tartufe, à bien prendre la chose,
   N'est pas un homme, non, qui se mouche du pied.
       Mol.
= Du tems qu'on se mouchait sur la manche; au bon vieux tems. Voyez GALEUX.

Traductions

moucher

snuiten, zijnneussnuiten, op zijn nummer zettensnuff, snuff outקינח (פיעל), קִנֵּחַsmocciare (səmuʃe)
verbe pronominal
se vider le nez

moucher

[muʃe] vt
[+ enfant] → to blow the nose of
[+ chandelle] → to snuff out [muʃe] vpr → to blow one's nose