muse

muse

n.f. [ lat. musa, du gr. ]
1. (Avec une majuscule) Chacune des neuf déesses de la mythologie grecque qui présidaient aux arts.
2. Inspiratrice d'un poète, d'un écrivain : Elle est sa muse égérie [litt.]
Les Muses ou la Muse,
Litt. symbole de la poésie.
Taquiner la Muse,
s'essayer, en amateur, à faire des vers.

muse

(myz)
nom féminin
femme qui inspire un artiste Cette personne est à la fois sa femme et sa muse.

MUSE1

(mu-z') s. f.
Chacune des neuf déesses qui présidaient, suivant les anciens, aux arts libéraux (on met une majuscule). Clio, Muse de l'histoire ; Calliope, Muse de l'éloquence et de la poésie héroïque ; Melpomène, Muse de la tragédie ; Thalie, Muse de la comédie ; Euterpe, Muse de la musique ; Érato, Muse de la poésie amoureuse ; Terpsichore, Muse de la danse ; Polymnie, Muse de la poésie lyrique ; Uranie, Muse de l'astronomie.
Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence [BOILEAU, Lutr. I]
Le loisir fut certainement le père des Muses, les affaires en sont les ennemis, et l'embarras les tue [VOLT., Lett. d'Argental, 21 juin 1761]
Ô Muses, accourez, solitaires divines, Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines [A. CHÉN., ib. XI]
Ah ! je les reconnais, et mon cœur se réveille ; Ô sons, ô douces voix chères à mon oreille, ô mes Muses, c'est vous ; vous, mon premier amour, Vous qui m'avez aimé dès que j'ai vu le jour [ID., ib. IV]
On a appris par l'examen des Muses dont nous avons les statues, et de celles qui se trouvent sur les médailles et dans des bas-reliefs, que les sculpteurs anciens les ont ordinairement représentées vêtues et la gorge couverte [MONGEZ, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. V, p. 156]
Dixième Muse, se dit, par flatterie ou par admiration, de toute femme qui cultive la poésie avec succès. Les anciens ont dit que Sapho était une dixième Muse. Les modernes ont appliqué ce nom à diverses femmes. Voltaire a nommé dixième Muse la critique.
Nous eûmes longtemps neuf Muses ; la saine critique est la dixième qui est venue bien tard ; elle n'existait point du temps de Cécrops, du premier Bacchus, de Sanchoniaton, de Thaut, de Brama [VOLT., Dict. phil. Pierre le Grand et J. J. Rousseau.]
Fig. Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, les poëtes.
Fig. Les belles-lettres, et, particulièrement, la poésie (dans ce sens et dans tous les suivants on met une minuscule). Cultiver les muses.
Motin, la muse est morte, ou la faveur pour elle ; En vain dessus Parnasse Apollon on appelle ; En vain par le veiller on acquiert du savoir, Si fortune s'en moque.... [RÉGNIER, Sat. IV]
L'art de la poésie. Enfin Malherbe vint.. .
Et réduisit la muse aux règles du devoir [BOILEAU, Art poét. I]
Les muses grecques, latines, françaises, etc. la poésie grecque, latine, etc.
Il est certain, et vous le savez aussi bien que moi, vous qui connaissez les bonnes choses, et qui les faites, qu'il n'y a point de muses si sévères que les françaises, ni de langue qui souffre moins le fard et l'apparence du bien que la nôtre [BALZ., liv. X, lett. 3]
En ce sens, on le dit aussi au singulier. La muse latine. La muse française.
Absolument. L'inspiration poétique en général.
Il est de ceux à qui la muse accorde aisément ses faveurs [, Dict. de l'Académie]
Particulièrement, le génie de chaque poëte, le caractère de sa poésie.
Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire [BOILEAU, Disc. au roi.]
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Et d'un sens détourné n'abuse avec succès [ID., Art p. II]
Je hais ces vains auteurs dont la muse forcée M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée [ID., ib. II]
Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit pour vous les réciter [ses vers] ; Aussitôt il vous quitte, et, content de sa muse, S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse [ID., ib. I]
Ma muse en l'attaquant, charitable et discrète, Sait de l'homme d'honneur distinguer le poëte [ID., Sat. IX]
Mais sa muse [de Ronsard] en français parlant grec et latin [ID., Art p. I]
Damon, ce grand auteur, dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville [ID., Sat. I]
Dût ma muse par là choquer tout l'univers, Riche, gueux, triste ou gai, je veux faire des vers [ID., ib. VII]
J'ai pris pour passagère La muse des chansons [BÉRANG., Nacelle.]
Jouy déjà gronde ma muse, Dont il soutint les premiers pas [ID., Cord.]
Quittez la lyre, ô ma muse, Et déchiffrez ce mandat ; Vous voyez qu'on vous accuse De plusieurs crimes d'État [ID., Muse.]
Oh ! la muse se doit aux peuples sans défense [V. HUGO, Feuilles d'automne, XL.]
Oh ! muse, contiens-toi ! muse aux hymnes d'airain, Muse de la loi juste et du droit souverain, Toi dont la bouche abonde en mots trempés de flamme [ID., Voix intérieures, XXXII]
Muse, sois donc sans crainte ; au souffle qui t'inspire Nous pouvons sans péril tous deux nous confier ; Il est doux de pleurer, il est doux de sourire Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier [A. DE MUSSET, Nuit d'octobre.]
Est-ce toi dont la voix m'appelle, Ô ma pauvre muse ! est-ce toi ? Ô ma fleur, ô mon immortelle, Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi [ID., Nuit de mai.]
Muse se prend quelquefois pour les poëtes, pour un poëte.
Dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée [BOILEAU, Art p. IV]
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée [ID., Ep. V]
La personne ou le sentiment qui inspire le poëte. L'indignation est sa muse.
La brillante marquise de la Sablière, la femme du monde qui a inspiré le plus de jolis vers, puisqu'elle était à la fois la muse de son mari, celle de la Fare son amant, et de la Fontaine son ami [GENLIS, Mme de Mainten. t. I, p. 102, dans POUGENS]
Camille, où tu n'es point, moi, je n'ai pas de muse [A. CHÉN., Élég. III]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. espagn. et ital. musa ; du lat. musa ; éol. Le terme grec est un participe présent, forme primitive du grec, penser, s'exalter, désirer ; Le grec est une forme éolique fréquente aux participes présents.

MUSE2

(mu-z') s. f.
Terme de vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La muse dure cinq ou six jours.

ÉTYMOLOGIE

  • Mus, radical de museau (voy. MUSEAU, à l'étym.), comme le prouve ce passage :
    Ils [les cerfs] entrent dans le fort de leur rut, et ne demeurent en aucune place, ains ne font que cheminer et musser, c'est-à-dire mettre le nez en terre, et sentent par où les biches ont passé, et les poussent et chassent de cette maniere devant eux [CHARLES IX, De la chasse, p. 4]

MUSE3

(mu-z') s. f.
Nom donné à quelques figues d'Égypte plus douces que les autres.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    3. MUSE. Ajoutez : - ÉTYM. Arabe, mauz, bananier.

MUSE4

(mu-z') s. f.
Ancienne locution, inusitée aujourd'hui. Donner la muse à quelqu'un, tromper, amuser quelqu'un de belles promesses.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Prince qui sçavoit par belles promesses donner la muse à ses ennemis, et rompre tout d'une suite et leurs choleres et leurs desseins [PASQUIER, Lett. t. I, p. 154]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. MUSER.

MUSE5

(mu-z') s. f.
Nom donné, dans le Rhône, aux chèvres sans cornes ; elles sont généralement plus douces que les autres [, les Primes d'honneur, Paris, 1872, p. 376]

muse

MUSE. n. f. Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient aux arts libéraux. Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les Muses. Être inspiré par les Muses. Être favorisé des Muses. La Muse de l'histoire, de l'épopée, de la tragédie, de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc.

Fig., Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, Les poètes.

MUSES, au pluriel, désigne aussi, figurément, les Belles-Lettres, et principalement la Poésie. Cultiver les muses.

Fig., Les muses grecques, les muses latines, les muses françaises, etc., La poésie grecque, latine, française, etc. Dans ce sens, Muse se dit quelquefois au singulier. La muse latine. La muse française.

Il désigne aussi un Genre particulier de poésie. La muse tragique.

Il se dit encore, figurément, du Génie de chaque poète, du caractère de sa poésie. La muse de Corneille était héroïque, celle de Racine tendre et passionnée. Une muse enjouée, badine, sévère.

Il se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées, en parlant de l'Inspiration poétique. Il a été visité par la muse.

Il se dit aussi de la Personne ou du sentiment qui inspire un poète. Cette femme est sa muse. La muse de la mélancolie.

Dans toutes ces acceptions figurées, il est vieux.

muse

MUSE. n. f. T. de Chasse. Le commencement du rut des cerfs.

muse

Muse, Tantost est nom f. gen. et signifie ores, ce que les Latins appellent Musa, prins du Grec mousa, qui signifie ou Chant, selon Orphée en ses hymnes, quasi mélêsa, ou Contuberne, quasi homoiousa, à cause de la connexité des neuf Muses, qui representent la circularité des disciplines, ou Enqueste, comme derivé du verbe maiomai qui signifie enquerir, ce que fait aussi môsthai, dont aucuns estiment le mot mousa estre prins, par ce que les sçavoirs s'apprehendent par Enquerir. Et ores la mine du Cerf tenant le rut quand il part de fleurer la nature de la Biche. Ainsi Jaques du Fouillous inscrit le 17. chapitre de sa venerie, du Rut et Muse des Cerfs. Et en iceluy dit en ces mots, C'est un plaisir de les veoir rere et faire leur Muse, par ce que quand ils sentent la nature de la Biche, ils levent le nez en l'air, regardans en hault pour remercier nature de leur avoir donné tel plaisir. Et peu apres: Lors les jeunes n'estans de son qualibre, luy voyans faire telle mine, se reculeront de luy, et fuyront. Et tantost est verbe, qui vient de ce mot Museau, et signifie s'arrester stupidement à regarder quelque chose, et tarder, comme si vous disiez avoir et tenir le museau tourné et fiché à regarder quelque chose, et en ce faisant s'arrester et tarder. Selon ce on dit d'un qui tarde, il muse quelque part, Alicubi frustra moram ducit. Et on le fait muser, Morantur leui in re hominem. Car ce verbe cy importe sotise en celuy qui muse, et neantise en la chose qui l'amuse. Et s'amuser à quelque chose, Frustra rei alicui haerere.

mûse


MûSE, s. f. [1re lon. 2ee muet.] 1°. Au pluriel, suivant la Fable, les neuf Déesses qui présidaient aux Arts libéraux. "Être inspiré par les Mûses, favorisé des Mûses. ""Les nourrissons, les favoris des Mûses, les Poètes. = 2°. Les Belles-Lettres: cultiver les Mûses. = 3°. Au singulier, il ne se dit que de la poésie, et seulement avec les pronoms possessifs, ou la prép. de pour régime. "Sa mûse est enjouée, triste, tragique; la mûse de l'Histoire.
   Je hais ces vains Auteurs, dont la mûse forcée
   M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée.
       Boileau.
La gêne de la mesûre a fait mettre à Boil. tantôt le pluriel pour le singulier.
   À~ quoi bon réveiller mes mûses endormies?
Tantôt le singulier pour le pluriel.
   Du Roi, la bonté secourable,
   Jette enfin sur la mûse un regard favorable.

Traductions

muse

בת-שיר (נ), מוזה (נ)

muse

múza

muse

muse

muse

Muse

muse

musa

muse

Муза

muse

Muse

muse

뮤즈

muse

Muse

muse

[myz] nfmuse