musicien, ienne

MUSICIEN, IENNE

(mu-zi-siin, siè-n') s. m. et f.
Celui, celle qui sait l'art de la musique. C'est un excellent musicien.
Si le grammairien sait peu de musique, le musicien sait encore moins de grammaire [D'OLIVET, Prosodie franç. art. II, § 2]
Adj.
Toutes les fois qu'on entend un son, est-il bien vrai qu'on entend trois sons différents ? personne avant M. Rameau ne s'en était aperçu ; c'est donc un phénomène qui tout au plus n'existe dans la nature que pour des oreilles musiciennes [BUFF., De l'ouïe.]
Les peuples naturellement musiciens reçoivent, par l'harmonie, des sensations et des idées que leur situation rétrécie et leurs occupations vulgaires ne leur permettraient pas de connaître autrement [STAËL, Allem. I, 2]
Particulièrement, celui, celle qui fait profession de composer ou d'exécuter de la musique.
J'ai eu des musiciens et des musiciennes, et tout ce qui fait les délices des enfants des hommes [SACI, Bible, Ecclésiaste, II, 8]
Philidas trouva ensuite quelques musiciens qui se réjouissaient de savoir que Mme la Dauphine a une belle voix, et qu'elle aime fort la musique et la sait [Mlle DE SCUDÉRY, les Conversations, Dialogue.]
Dans le butin que Cyrus fit mettre à part pour Cyaxare son oncle, il est fait mention de deux musiciennes très habiles qui accompagnaient une dame de Suse, et qu'on avait fait prisonnières avec elle [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. II, p. 420, dans POUGENS]
Qui est cet homme-là ? Un musicien de l'opéra [REGN., Sérén. 7]
Musicien de la Samaritaine, se disait autrefois pour chanteur du pont Neuf, mauvais musicien.
Fig. Les musiciens des bois, les oiseaux chanteurs.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Le musicien se delette en bonnes melodies, et a tristece as malveses [ORESME, Eth. 284]
  • XVIe s.
    Les mauvais musiciens ne sont jamais ennuyeux à eux mesmes [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Musique, et le suffixe ien, signifiant qui s'applique à, qui s'occupe de ; provenç. muzician.