nef

(Mot repris de nefs)

nef

n.f. [ du lat. navis, vaisseau ]
1. Partie d'une église qui s'étend du chœur jusqu'à la façade principale : La nef principale d'une cathédrale vaisseau
2. Grand navire à voiles, au Moyen Âge.
NEFNobel Explosif France
NEFNouvelle Economie Fraternelle

nef

(nɛf)
nom féminin
partie centrale d'une église se tenir dans la nef

NEF

(nèf) s. f.
Synonyme poétique de navire.
Il devait mieux remplir nos vœux et notre attente, Faire voir sur ses nefs la victoire flottante [CORN., Pomp. I, 1]
[Gens] À qui la demeure des villes Plaisait plus que celle des nefs [SCAR., Virg. VI]
Peut-être ces débris promenés par les flots Sont-ils ceux de la nef qui portait ce héros ! [DUCIS, Oscar, I, 2]
La nef tourne, s'abîme et disparaît aux yeux [DELILLE, Énéide, I]
Sa nef avait franchi les colonnes d'Alcide [ID., Trois règnes, VI]
Dès qu'on signale une nef vagabonde, Serait-ce lui [Napoléon] ? disent les potentats ? [BÉRANG., Cinq mai.]
Quand sur le flot sombre et grossi Je risquai ma nef insensée, Moi je cherchais un monde aussi [V. HUGO, Feuilles d'automne, IX]
Moulin à nef, moulin à eau construit sur un bateau. Nef ou bateau de Condé, sorte de bateau naviguant sur les rivières du Nord et assez semblable aux alléges de la Seine.
La partie d'une église qui est depuis le portail jusqu'au chœur et entre les deux rangées de piliers qui soutiennent la voûte ; ainsi dite par assimilation de forme avec un navire.
Ils passent de la nef la vaste solitude [BOILEAU, Lutr. III]
Nef centrale, la nef, par opposition aux collatéraux. Nefs latérales, les bas côtés d'une église. Aujourd'hui, on ne donne plus le nom de nef qu'à la nef centrale, et pour les nefs latérales on dit les bas côtés, les collatéraux.
Petite machine en forme de navire où l'on enfermait le couvert du roi, et qui se servait sur un bout de la table.
Il y eut un grand couvert chez Madame la Dauphine, où Monsieur le Dauphin dîna ; Villacerf, son premier maître d'hôtel, la servit avec le bâton ; la nef était sur la table du prêt [le dîner servi tout prêt] [DANGEAU, Journal, t. XIII, p. 452]
François Ier fut très offensé par les billets qu'ils [les protestants] firent couler dans la nef dont on le servait à table [VARILLAS, dans BAYLE, Dict. Melanchthon, note N.]
Dans la vie privée du moyen âge, on appelait nef un vase allongé et de vaste capacité, qu'on plaçait sur la table en face du seigneur.
Cette nef contenait tout ce que la cuisine ne fournissait pas ; j'entends les épices, les vins, les vases à boire, les cuillers. [DE LABORDE, Émaux, p. 403]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Jo jettai voz choses de la nef par poür [peur] de mort [, Lois de Guill. 38]
  • XIIe s.
    Si com fait nes que vens guie [, Couci, III]
  • XIIIe s.
    Nous ferons, dist li dus, vaissiaus pour passer quatre mille et cinq cens chevaux, et nes pour passer quatre mille cinq cens chevaliers [VILLEH., XIV]
    Nous apelons nef qui cort par mer ou par flueve ou par estanc, jà soit ce que ele soit petite [, Dig. f° 165]
  • XIVe s.
    En la maniere que l'en fait en medecine et en l'art de gouverner une naif [ORESME, Eth. 36]
    La grant nef d'or, à deux angres [anges] sur les deux bouts, à iij escuçons esmailliez de France, dont les deux sont à iij fleurs de lys et les autres semez de fleurs de lys à vi lyons d'or qui la soustiennent [DE LABORDE, Émaux, p. 404]
  • XVe s.
    Ceux qui dient la messe et l'escripture De l'evangile, Si sont dehors et les gens de la ville ; Et en la nef sont les dames sans guile, Qui respondent de haulte voix habile à ceulx de hors [CHRIST. DE PISAN, Dit de Poissy]
    À Jehan Tarenne, changeur, pour avoir fait faire et forgier une grant nef d'argent doré, asise sur VI tigres, et est laditte nef esmaillée tout autour à oiseaux enlevez des armes de France, et aux deux bouts d'icelle nef sur deux terrasses a deux paons qui font la roue, esmaillées de leur couleur [DE LABORDE, Émaux, p. 404]
  • XVIe s.
    L'artillerie au champ sembloit tonnerre, Les grosses naux de Pregent respondoyent [J. MAROT, V, 29]
    Chascun se retira en sa nauf, et, en bonne heure, feirent voille on vent grec levant [RAB., Pant. IV, 1]
    Comme une nave attachée au rivage, Venu le vent, rompt tout chable et cordage [AMYOT, De la vertu morale, 13]
    Qui entre en nef n'a pas vent à gré [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 142]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, nâve, bateau ; provenç. nau ; esp. nave ; port. nao ; ital. nave ; du lat. navem ; sansc. nau (a accent long) ; la racine est snu, couler, nager : nau(a accent long), navis, signifie donc la nageante.

nef

NEF. (On prononce l'F.) n. f. Navire. Il n'est guère d'usage qu'en poésie ou pour désigner un Navire du moyen âge. À Chypre, la nef de saint Louis heurta un banc de sable.

NEF se dit aussi du Vaisseau d'une église compris entre le portail et le transept. La nef de l'église Notre-Dame.

Nefs latérales, Nefs qui se trouvent de chaque côté de la nef principale. Église à trois nefs, à cinq nefs, Église qui a une nef principale et deux ou quatre nefs latérales.

nef

Nef, Nauis.

¶ La nef d'une eglise, Pronaum, B.

nef


NEF, s. m. [è moy. l'f se prononce.] En Poésie, navire: encôre est-il vieux, et ne se dit-il plus que dans le marotique.
   Cependant la nef vagabonde....
   Vogue d'un cours précipité.      Rousseau.
  * Les plus forts galions et les nefs les plus belles.
      Brébeuf.
  La même nef légère et vagabonde,
    Qui voituroit le saint Oiseau sur l'onde. Ververt.
  NEF, la partie de l'Église qui est depuis le portail jusqu'au choeur. = Nef, vâse de vermeil en forme de navire. = Moulin à nef, construit sur un bateau.

Traductions

nef

nave

nef

אולם התווך (ז)

nef

skip

nef

[nɛf] nf [église] → nave