nominatif


Recherches associées à nominatif: accusatif, génitif

1. nominatif, ive

adj. [ du lat. nominare, nommer, appeler ]
Qui contient des noms : Établir un état nominatif des salariés nominal

2. nominatif

n.m. [ lat. nominativus ]
Dans les langues à déclinaisons, cas exprimant la fonction de sujet.

nominatif

(nɔminatif)

nominative

(nɔminativ)
adjectif
où figurent des noms de personnes une liste nominative

nominatif

NOMINATIF. n. m. T. de Grammaire. Cas qui sert à exprimer le sujet, dans les langues qui ont des déclinaisons. Le nominatif d'un nom, d'un adjectif, d'un pronom. Ce mot est au nominatif.

nominatif

NOMINATIF, IVE. adj. Qui dénomme, qui contient des noms. L'état nominatif des employés d'un Ministère. La liste nominative des jurés.

En termes de Finance, Titre nominatif, Titre de valeur mobilière sur lequel le nom du propriétaire est inscrit.

nominatif

Nominatif, m. acut. Est le premier des six cas, par lesquels les noms, pronoms, et participes sont declinez, Nominatiuus, voyez Ablatif.

nominatif


NOMINATIF, s. m. Le sujet de la phrâse; le nom ou le pronom auquel se raporte l'action ou l'état exprimé par le verbe. Sujet a raport à la phrâse et nominatif au verbe. On dit, le sujet de la phrâse et le nominatif du verbe. Quand je dis: Nous devons aimer Dieu de tout notre coeur. Nous est le sujet de cette phrâse et le nominatif du verbe devons. = I. Le nominatif doit comunément précéder le verbe: mais on s'en dispense, 1°. Dans le discours narratif. "Sur cela parut le Prince, pour le Prince parut. 2°. Après le pronom que suivi d'un verbe: les lettres que m'aporta mon frère est aussi bien que s'il y avait, que mon frère m'aporta. Voy. plus bâs, n°. 8°. 3°. Dans les phrâses interrogatives les pronoms nominatifs se mettent aussi aprês le verbe. "Que dis-je? que fais-tu? que veut-il? Voy. plus bâs, n°. 7°. 4°. Après ainsi, le verbe précéde élégamment le nominatif. "Ainsi devoient disparoître et s'éfacer peu à peu les restes de la première institution. Boss. "Ainsi parla ce sage Prince, etc. Cette transposition ne ferait pourtant pas bien avec toute sorte de verbes. = Un Auteur moderne fait aussi cette transposition aprês plus redoublé. "Plus les houpes sont déliées et serrées, plus augmente la délicatesse du tact. Du Plaisir. L'Usage n'admet pas cette construction. = Elle est mieux placée aprês , adverbe: "Là avoient droit d'être jugés tous les Magistrats immédiats. Moreau; aprês alors: "Alors commençoit donc cette lutte terrible de la puissance armée contre la liberté, qui ne l'étoit pas. Id.; aprês tel, començant la phrâse. "Tel étoit son avis. = 5°. Les pronoms personels nominatifs suivent le verbe, quand la phrâse comence par ainsi, au moins, à peine, en vain, peut-être: "Il est apliqué aux devoirs de son état: aussi est-il estimé de tout le monde: "Au moins devez-vous en doner la moitié: "À~ peine daigna-t'il nous honorer d'un regard. "En vain me priez-vous de ce que l'honeur me défend de faire: "Peut-être vous écrirai-je de Paris. "Peut-être sera-ce demain. = 6°. Après un subjonctif, qui marque un souhait, ou, qui est mis pour quand même, le verbe précède le nominatif:
   Puissent vos jours sereins ignorer la tristesse!
Est mieux que de dire: que vos jours sereins puissent, etc.
   J'ai pour la vanité des mépris furieux;
   Fut-elle dans l'esprit des Dieux.
Fut-elle; c. à. d. quand même elle seroit. = 7°. Dans les phrâses interrogatives, le verbe précède le pronom nominatif.
   Peut-on des cieux voir la magnificence,
   Et s'endurcir à ne pas croire en Dieu?
"Pouvez-vous soutenir si hardiment une pareille faûsseté? — Mais, quand ce pronom est précédé d'un substantif, qui désigne la même chôse; ce substantif nominatif se place ordinairement devant le verbe: "L'homme aura-t'il toujours plus de soin d'orner son corps que de former son esprit et son coeur? — Depuis quelque tems, on met le pronom devant et le substantif nominatif aprês: "Aura-t'il toujours tant de soin d'orner un corps mortel, l'Homme, dont l'âme est immortelle? = 8°. Le nominatif se met élégamment aprês le verbe, quand il doit être suivi de plusieurs mots, qui en dépendent. "Nous écoutons avec docilité les conseils que nous, donent ceux qui savent flater nos passions. La R. F. Cette remarque est de M. de Wailli, et l'exemple qu' il cite la justifie. Mais il me semble que c'est moins à cause des mots qui dépendent du nominatif qu'à cause du pronom relatif que, qui le précède, que ce nominatif se met aprês le verbe. Car on dit fort bien, par exemple: "Nous devons écouter, avec docilité, les conseils que nous donent nos amis, quoiqu'il n'y ait aucun mot après le nominatif amis. Il en est de même des autres relatifs, comme dont, etc. "Les égards dont nous préviènent nos parens: le lieu où se vend cette denrée, etc. = L'exemple suivant est mieux choisi, pour justifier la remarque de M. de Wailli. "Là coulent des ruisseaux qui distribuent par-tout une eau claire. Cette phrâse, et aûtres semblables, seraient insuportables, si le nominatif y était placé devant le verbe. Voy. VERBE, n°. 2°. = 9°. Dans un discours animé, pour doner de la vivacité au style, on met aussi le nominatif aprês le verbe. "Déja, pour l'honeur de la France, étoit entré dans l'administration des afaires, un homme plus grand par son esprit... que par ses dignités. Fléchier. = L'oreille et le goût doivent guider l'Écrivain dans cette construction.
   II. Aûtrefois les Poètes, dans les verbes passifs, plaçaient le nominatif entre le verbe auxiliaire être et le participe.
   Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée?
       Esther.
  Quand sera le voïle arraché? etc.
Aujourd'hui nos Poètes n'ôsent plus employer ces transpositions, qui cependant ne peuvent que faire un bon éfet... Il serait à souhaiter que, du moins en ce qui regarde l'arrangement des mots, notre Poésie fût atentive à maintenir ses privilèges. Elle en a perdu quelques-uns depuis moins d'un siècle, puisqu' autrefois on se permettait l'inversion du participe, non-seulement avec l'auxiliaire être, mais encôre avec l'auxiliaire avoir.
   O Dieu! dont les bontés, de nos larmes touchées,
   Ont, aux vaines fureurs, les armes arrachées.
Pour dire, ont arraché les armes. Cette inversion était d'une grande comodité pour la rime, parce qu'elle rend le participe déclinable. L'Historien de l'Académie (Pellisson) nous aprend qu'elle ne censura nullement cette transposition dans l' examen qu'elle fit des Stances de Malherbe, qui commencent par les deux vers qu'on vient de citer. D'Olivet.
   III. On répète quelquefois le nominatif, pour doner plus de nombre à la phrâse, ou pour la rendre plus claire. "Les honeurs du triomphe lui furent acordés; honeurs dont persone n'avait encôre joui avant lui. "Le moment de son trépas arrivé; moment heureux pour lui et funeste pour nous. Wailly. = On peut dire en ces ocasions, que ce nominatif est employé la seconde fois en quelque sorte adjectivement.
   IV. Plusieurs nominatifs d'un même verbe demandent que le verbe soit au pluriel: "Lui et nous sommes d'acord. Au reste, le verbe, qui a ainsi deux ou plusieurs nominatifs doit s'acorder avec la pers. la plus noble. Or, la 1re est censée plus noble que la seconde, et celle-ci plus que la troisième. Ainsi l'on dit: vous et moi sommes d'acord, et non pas êtes d'acord: vous et lui savez la chôse, et non pas savent, etc. — De plus, la persone qui parle se nomme toujours la dernière en Français, et on nome toujours la première celle à qui l'on parle. "Vous et moi, et non pas moi et vous; vous et lui, et non pas lui et vous, etc. = 1°. Si plusieurs nominatifs d'un même verbe sont liés par une autre conjonction que et, le verbe doit être mis plutôt au singulier qu'au pluriel. "Gassendi, aussi bien que Descartes, a réformé la Philosophie: a réformé est mieux que ont réformé. = 2°. S'il y a plusieurs nominatifs au singulier, de même persone, liés par ou, on met l'adjectif, le pronom et le verbe au singulier. "La crainte ou l'impuissance les empêcha de remuer. Bouh. On met le pluriel, quand les nominatifs sont de diférentes persones: "Ou vous ou moi nous irons. Acad. Wailli. = 3°. Quand ni répété lie deux nominatifs, ou il n'y a qu'un des deux qui reçoive l'action, et alors on met le verbe au singulier: ce ne sera ni M. le Duc, ni M. le Comte, qui sera nomé Ambassadeur, et non pas, qui seront només; ou les deux substantifs nominatifs font ou reçoivent en même tems l'action, et alors il faut le pluriel. "Ni la douceur, ni la force n'y peuvent rien. Acad. Wailli. = 4°. Si les nominatifs, liés par une conjonction, sont aprês le verbe, il peut être, ce semble, mis indiféremment au singulier ou au plur. "Le Prince, que demandoit également le Sénat et le Peuple, ou que demandoient. = 5°. Si un des nominatifs est au pluriel, le verbe doit toujours y être. "Le Prince, autant que les Peuples aspirent à la paix. = 6°. Après l'un et l'aûtre, et ni l'un ni l'aûtre, Th. Corneille pensait que le singulier étoit préférable: l'un et l'aûtre le veut, ni l'un ni l'aûtre ne prétend. L'Ab. Girard et M. de Wailli aiment mieux le pluriel, veulent, prétendent. VAUGELAS était du sentiment qu'on mettait indiféremment le singul. ou le plur. = On peut apliquer à ni l'un ni l'aûtre la distinction établie ci-dessus (n°. 3°.) Pour l'un et l'autre, ou il précède, et alors le singulier peut aller. "L'un et l'aûtre me l'a promis; ou il est après le verbe, et alors le pluriel est indispensable: "Ils ont pu l'un et l' aûtre se tromper; mais ils ne se sont trompés ni l' un ni l'autre. Cet usage est fondé en raison; car l'un et l'aûtre, et ni l'un ni l'aûtre ne peuvent être après le verbe sans être précédés de ils, elles, vous, nous, etc. qui sont au pluriel. = 7°. Si le dernier nominatif est précédé de mais ou de tout, le verbe sera du même nombre que ce nominatif. "Non seulement ses richesses, mais aussi son repôs fut sacrifié. "Mes biens, mes avantages et tout mon repôs fut sacrifié, et non pas furent. Buf. M. de Wailly pense que si au lieu de mais on mettait et, on devrait mettre le pluriel. "Toutes ses richesses et tout son repos furent sacrifiés. Le P. Bufier est d'un aûtre sentiment, comme on le voit par le 2d exemple. = Quand tout est employé substantivement aprês une énumération, il est encore plus nécessaire de mettre le verbe au singulier. M. de Vailli reprend le Père Berruyer d'avoir dit: les reptiles, les oiseaux, les bêtes de la campagne, les animaux domestiques, tout ce qui respiroit sur la terre et dans les airs périrent sans exception. il fallait, périt. — Rien a le même usage. "Jeux, conversations, spectacles, rien ne la tira de sa solitude. Fléchier.
   V. On ne doit point changer de persones (servant de nominatif) dans une~ même phrâse. "Une des chôses que je comprends le moins, c'est la licence qu'on se done de censurer dans les autres les mêmes défauts où nous tombons nous-mêmes. L'Auteur (M. de Bellegarde) ayant employé on dans le premier membre, devait l'employer aussi dans le second, et dire: où l'on tombe soi-même; ou bien, mettre nous dans les deux membres: la licence que nous nous donons, etc. Les défauts où nous tombons, etc.
   VI. Une faûte qu'on fait quelquefois sans s'en apercevoir, c'est d'employer le verbe sans nominatif, comme: "En quoi Ignace réussit le plus, fut de réformer les moeurs des Éclésiastiques. Fut est ici sans nominatif: En quoi ne peut pas l'être. Il faut: la chôse en quoi fut, etc. ou bien, en quoi il réussit, ce fut, etc.~ Wailly. = 1°. Mais plusieurs nominatifs sans verbe, font quelque-fois une beauté, quoique contraires en aparence aux règles de la Gramaire. Dans Andromaque, Hermione dit à sa Confidente, en parlant de Pyrrhus.
   Ma famille vengée, et les Grecs dans la joie,
   Nos vaisseaux tout chargés des dépouilles de Troie.
   Les exploits de son père effacés par les siens;
   Ses feux, que je croyois plus ardens que les miens:
   Mon coeur, toi-même enfin de ma gloire éblouie,
   Avant qu'il me trahit, vous m'avez tous trahie.
Une construction exacte n'aurait pas cette beauté. Ce style est celui de la passion, et la passion ne consulte pas la syntaxe. L. Racine. = Mde. de Sévigné, écrivant à sa fille, après le départ de celle-ci, lui dit: "Ne blâmez point, mon enfant, ce que je sentis en rentrant chez moi. Quelle diférence! Quelle solitude! Quelle tristesse! Votre chambre, votre cabinet, votre portrait; ne plus trouver cette aimable persone! M. de Grignan comprend bien ce que je veux dire, et ce que je sentis. — Voilà encôre des nominatifs sans verbes: mais la vîve éloquence se met au-dessus des règles et de l'usage. = Le P. De Neuville fournit un aûtre exemple de plusieurs phrâses de suite où le sujet principal n'a point de verbe qui s'y raporte. "Vous vous autorisez de certaines situations délicates, où l'on se trouve quelquefois dans le monde, partagé entre Dieu et César, entre la conscience et la fortune, entre ce qu'on doit et ce qu'on aime. Mais la mère des Machabées, conduite à l'autel, pour y renoncer à son Dieu, ou sacrifier ses enfans; mais Joseph, qui ne peut se refuser au crime, sans pâsser pour criminel; mais Moïse, placé entre les délices de l'Égipte et les oprobres d' Israël; mais Susanne, dans la nécessité de vivre coupable ou de périr inoncente: vous trouvez-vous dans des conjonctûres plus critiques? — Pour parler régulièrement, il aurait falu dire: Joseph, Moïse, Susanne, etc. ne se trouvèrent-ils pas dans des conjonctûres aussi critiques? Mais le tour qu'à employé Neuville, quoique irrégulier, est préférable, parce qu'il est plus vif et plus éloquent. — Ce grand Orateur dit encôre dans son sermon pour la Fête de Tous les Sains: "Je dis des Saints, qui sont Saints pour avoir rempli les devoirs de leur condition dans le monde. Des amis perfides; des sujets rebelles; des maîtres durs et hautains; des pères indolens et dissipateurs; des enfans capricieux et indociles; des Magistrats foibles et inapliqués; des génies inquiets et turbulens, des âmes molles et énemies du travail. Ah! vous le voyez, ce n'est point pour des noms, si justement flétris dans le monde, pour des noms funestes à la paix et au bonheur du monde que l'encens fume dans nos sanctuaires. = Citons encôre une fois Mde de Sévigné. "En un moment, j'ai changé d'avis... Ainsi, ma Fille, coffres qu'on raporte; mulets qu'on dételle; filles et laquais qui se sèchent, pour avoir seulement traversé la cour, et messager, qu'on vous envoie. = 2°. Dans les constructions ordinaires même, on emploie des nominatifs sans verbe. — Avec tout: "Capitaines, Pilotes, tout le monde conclut que cet air pernicieux régnoit continuellement dans ces mers. Hist. des Voy. "Atention, promptitude, sécurité, tout a été le fruit de cette institution. Necker. Devant chacun: "Centurions et soldats, chacun murmuroit, etc. Révol. Rom. — Devant voilà: "Liaisons mondaines; amitiés trop naturelles; complaisances molles et faciles, etc. "Voilà ce qui, dans tous les tems a perdu les âmes, d'âilleurs les plus droites, etc. Neuville. — Devant cela: "Humeur trop délicate et trop sensible. Une inatention, une faûte légère, une parole peu mesurée, une bagatelle, un rien: Cela sufit pour faire une blessûre profonde, qui ne se fermera point. Id. — Aprês de là: "De là les clameurs dont retentit le Bârreau; les invectives; les plaintes; le bruit, le tumulte qui troublent le repôs, l'union des familles. Id. — On sous-entend le verbe: de là naissent, etc. — Aprês combien: "Combien d'hommes adroits à contrefaire la probité... Combien de pêcheurs, fameux par l'excès de leurs égaremens... Combien de vertus simulées, etc. Id. — Avec point: "Point d'homme assez instruit pour savoir tout: point d'homme assez naïf, pour ne dissimuler rien: point d'esprit, si pénétrant, qu'il n'y ait encôre des mystères qu'il ne perce point: point de coeur si ouvert qu'il ne recèle encôre dans ses profondeurs des détours où le jour n'entre point. Id. On sous-entend, il n'y a. — Avec nul, le nominatif s'emploie aussi sans verbe: "Nul homme, quelque entêté qu'il soit de son mérite, qui n'aimât mieux être entièrement ignoré, que d'être parfaitement conu. Id. On sous-entend aussi, il n'y a. "On sait en quel état étoit alors cette ville... Nul repôs, nulle espérance de paix et de tranquillité: la république renversée et presque anéantie; les Nations barbâres déchaînées contre elle: l'empire Romain en proie à ses énemis. Saci. = 3°. Les substantifs, employés adjectivement, s'emploient aussi sans verbe. M. Saci dit de Pline le Jeune: "De retour à Rome, il reprit ses afaire, ses emplois; Juge, quand les lois l'y engageoient, Avocat, quand l'intérêt public, le besoin de ses amis, ou l'honeur le demandoient. = 4°. Il y a encôre des nominatifs, qui paraissent sans verbe: ce sont des mots de la phrâse précédente, qu'on répète dans la phrâse suivante; mais ils tiènent au régime de la phrâse qui précède: "Les distinctions de gloire et d'honeur vous quitent: elles pâssent à mes saints: d' autres distinctions vous sont réservées. Distinctions, prééminences de gloire et d'honeur pour les vertus les plus humiliées; distinctions, prééminences d'oprobre et d'ignominie pour cet orgueil, qui fut l'auteur de leurs humiliations. Neuville, Jugement Univ. = 5°. Enfin, c'est encôre un tour d'éloquence d'employer plusieurs nominatifs avec un seul verbe, placé au premier membre de la période. "Tout s'empoisone entre les mains de cette funeste passion (la jalousie) la piété la plus avérée n'est plus qu'une hypocrisie mieux conduite; la valeur la plus éclatante, une pure ostentation; la réputation la mieux établie, une erreur publique; le zèle pour la Patrie, un art de se faire valoir et de se rendre nécessaire, etc. Massillon. — Le verbe est, sert pour tous ces nominatifs. Si on le répétait à chaque membre de la phrâse, le style en deviendrait~ lourd et languissant.
   VII. Quand un nominatif de la 3e persone est à la tête de la phrâse, et que le verbe en est fort éloigné, plusieurs mettent le pronom personel il ou elle devant ce verbe, qui se trouve alors avoir deux nominatifs. C'est une faûte qu'on ne pardone pas même aux Poètes. On l'a reprise dans Boileau.
   Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare,
   Un honête homme, un fat, un jaloux, un bizarre,
   Sur une scène heureûse il peut les étaler.
       Art Poét.
Et Satire X.
  Encore, est-ce beaucoup, si ce guide imposteur,
  Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme,
  Tout-à-coup l'amenant au vrai molinosisme,
  Il ne lui fait bientôt, etc.
Molière a fait la même faûte:
  Iris charme mon âme;
  Et qui pour elle aura le moindre brin de flâme,
  Il s'en repentira.
   La faûte est plus grossière, quand le verbe n'est pas éloigné de son nominatif. "Votre frère le cadet, il m'a dit. Cette faûte est comune dans les Provinces méridionales. Le peuple y fait pis; car il met il après un nominatif féminin: votre soeur l'ainée il m'a envoyé ici. etc.
   VIII. Il y a dans nos Poètes Français, des exemples de phrâses isolées, composées de nominatifs, qui ne se raportent à rien. Boil. dans le Lutrin, dit de Girot:
   La porte dans le Choeur à sa garde commise,
   Valet souple au logis, fier huissier à l'Eglise.
Pour que la phrâse fût construire régulièrement, il faudrait dire: "Valet souple au logis, fier huissier à l'Église; il gardoit la porte du Choeur. Alors on peut mettre il après un substantif, qui est au nominatif, parce que le véritable sujet de la phrâse est il, et que valet et huissier, quoique substantifs, sont employés en cet endroit adjectivement. = Crébillon emploie le même tour.
   Fils de Deucalion, petit-fils de Minos,
   Vos vertus ont passé celles de ce Héros.
Fils et petit-fils, dans cette phrâse, ne régissent rien, et n'ont raport à rien. = Voltaire, dans Brutus, fournit un aûtre exemple, mais sous un tour diférent, d'un nominatif en l'air, et que rien ne soutient.
   C'est agir en tyrans, nous qui les punissons.
Pour parler exactement, il faudrait dire: nous agirions en tyrans, nous qui les punissons; mais le tour employé par le Poète, quoique irrégulier; est plus fort et plus énergique, et je me garderais bien de le blâmer. = Ces nominatifs isolés sont selon l'usage dans les exclamations. Malheur imprévu! Sort déplorable! etc.

Traductions

nominatif

יחסת הנושא (נ), שמי (ת), שֵׁמִי

nominatif

jmenovitý, nominativ

nominatif

nominativo

nominatif

Nominativ

nominatif

nominativo

nominatif

[nɔminatif, iv]
adj
liste nominative → list of names
carte nominative → calling card
titre nominatif → registered name
nm (LINGUISTIQUE)nominative