pitaud, aude

PITAUD, AUDE

(pi-tô, tô-d') s. m. et f.
Nom de paysans qui formaient des compagnies à pied dans les armées du moyen âge.
Par dénigrement, homme, femme de la campagne de lourde structure.
La déesse des fours, des moulins et des plaines Où l'œil du bon pitaud voit l'espoir de ses peines [ST-AMAND, le Melon.]
Ce pitaud doit valoir, pour le point souhaité Bachelier et docteur ensemble.... Le coquin, lourd d'ailleurs et très court en esprit [LA FONT., Tabl.]
Par extension, personne courte d'esprit, avec quelque allusion à une apparence rustique ou gauche.
En vérité, vous êtes une vraie pitaude ; quand je songe avec quelle simplicité vous êtes malade.... cela me paraît plaisant [les affectations d'une dame qui faisait la malade dans son lit] [SÉV., à Mme de Grignan, 19 mai 1676]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Quand on dit c'est un Joannes, cela vaut autant que ce que maintenant on appelle un pedant, et quand on dit un bon jannain que le vulgaire prononce genin, cela s'entend proprement d'un pitaut qui prend bien en patience que sa femme lui fasse porter des cornes [H. EST., Apol. d'Hérod. p. 19, dans LACURNE]
    Des pitaux de village battant le blé dans une grange [PASQUIER, Recherches, VII, 9]
    Appelloient les gens des champs où ils passoient et logeoient, vilains pitaux, rustiques, piedgris et paysans [BOUCHET, Serées, III, p. 9, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Leduchat, approuvé par Diez et par Ch. Nisard, y voit une dérivation du latin pes, pedis, et une signification analogue à piéton. Scheler croit que c'est une variété de forme de pataud. On trouve dans Froissart petaut, qui paraît signifier une sorte de troupe à pied.