prône

prône

n.m. [ du gr. prothyra, vestibule ]
Dans la religion catholique, ensemble des annonces que le prêtre fait à la fin de la messe.

PRÔNE

(prô-n') s. m.
Instruction chrétienne faite chaque dimanche à la messe paroissiale. Bien que du Moulin [ministre protestant] en son livre Semble n'avoir rien ignoré, Le meilleur est toujours de suivre Le prône de notre curé, Vers mis par Racan sur un exemplaire du livre de du Moulin contre le cardinal du Perron.
Je me plais à servir mon prochain, et c'est ce qu'on nous recommande au prône [MARIV., Pays. parv. part. I]
On ne sait quel est cet homme [saint Paul] qui, dans une espèce de prône commun, dit familièrement des mots sublimes [CHATEAUBR., Génie, II, VI, 2]
Recommander quelqu'un au prône, le recommander aux fidèles lorsqu'on fait le prône ; et fig se plaindre de lui à ses supérieurs, pour lui attirer quelque châtiment.
Vous avez fait une action de bon citoyen de recommander au prône d'un avocat général les infamies de la Beaumelle [VOLT., Lett. en vers et en prose, 146]
Dans votre beau discours du trône, Méchant, vous m'avez désigné ; C'est me recommander au prône [BÉRANG., Mes jours gras.]
Fig. et familièrement. Remontrances, observations.
C'est depuis quatre jours que le roi s'est expliqué là-dessus [l'obligation de donner le monseigneur aux maréchaux], et que les prônes du maréchal de Gramont ont soutenu l'affaire [SÉV., 19 août 1675]
M. de Laurens vous porte un petit paquet que je vous donne.... si vous pensez me venir faire des prônes et des discours et des refus, vous me fâcherez et vous me décontenancerez au dernier point [ID., 20 juin 1672]
.... je vois, sur ce début de prône, Que ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune [BOILEAU, Ép. X]
Quand aura-t-il fini son prône Au nom de l'autel et du trône ? Car il est d'un ennui mortel Au nom du trône et de l'autel [, Épigr. contre un député qui sous la Restaur. parlait toujours du trône et de l'autel]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Home qu'an [on] ne puet [peut] chastier [corriger], Devroit an au mostier lier, Come desvé, devant les prones [CRESTIEN DE TROIES, Chev. au lyon, v. 625]
  • XIIIe s.
    Et adont le [la] justice doit fere dire au prosne et en plain marcié, que tix coze [telle chose] a esté trovée [BEAUMANOIR, XXIV, 20]
  • XVe s.
    Il monta en son prone, et dit les mots qui s'ensuivent : - ainsi descendit de son prone, et s'en alla à sa maison [LOUIS XI, Nouv. LXXXI]
    Lors entre en l'eglise, et, ainsi qu'il fut à genouillons, il regarde à dextre partie, et voit unes prones [grille] d'argent moult bien faites.... [, Lancelot du lac, t. II, f° 32, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Faire declarer au prosne de l'eglise [MONT., II, 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. praeconium, publication, de praeco, crieur public, qui paraît être de même origine que praecia, crieur public, lequel vient de prae et cio.

prône

PRÔNE. n. m. Instruction chrétienne que le curé ou un vicaire fait tous les dimanches en chaire, à la messe paroissiale. Faire le prône. Le curé ayant achevé son prône. Les bans furent publiés au prône. Les prières du prône.

Recommander quelqu'un au prône, Le recommander aux prières ou aux charités des fidèles, lorsqu'on est en chaire pour faire le prône.

PRÔNE se dit, figurément et familièrement, d'une Remontrance importune qu'une personne fait à une autre. Je me moque de son prône. Quand donc finira-t-il son prône? Il est vieux en ce sens.

prone

Prone, pronaos. Faire le prone, pronoian poiéisthai. Forte deriuatur a praeconium demptis aec.

prône


PRôNE, s. m. PRONER, v. act. et n. PRONEUR, EûSE, s. m. et f. [1re lon. au 1er, 2e e muet au 1er, é fer. au 2d, lon. au 4e = On écrivait autrefois prosne, prosner, etc. En suprimant l's, qui ne se prononçait plus, on la remplaça par l'accent circonflexe: mais cet accent ne convient que devant l'e muet, pour marquer que la syllabe est longue: il prône, prônera, etc.] Prône est au propre, une instruction qu'on fait les Dimanches à la Messe paroissiale. Faire le prône: assister au prône. = Au figuré, st. famil. Remontrance importune. "Il lui a fait un beau (ironiquement), un long prône. "Il se moque de vos prônes. = On dit, proverbialement, être recomandé au prône. Mde. de Sévigné dit d'un Amant, esclave d'une maîtresse jalouse. "Il n'a pu sortir de classe (comme un écolier) pour venir ici: il faut que je sois bien recomandée au prône, c. à. d. qu'il ait exigé de lui qu'il ne me verroit point.
   PRONER ne se dit guère dans le sens propre et litéral que parmi les Eclésiastiques. "Il doit proner aujourd'hui: il a très-bien proné. Il est mieux de dire: il doit faire le prône, il a fait un bon, un beau prône. = Son usage le plus ordinaire est, comme verbe actif, de signifier, vanter, louer avec exagération. "Il le prône comme un homme extraordinaire. = C'est aussi faire de longs discours, d'ennuyeux récits. "Que nous pronez-vous là? Et neutralement, il ne fait que proner tout le long du jour. Dans l'un et l'autre sens, il n'est que du style familier. = Proneur, eûse, s'emploie dans ces deux acceptions. Celui, celle, qui loûe avec excès. "Il a ses proneurs, qui le font valoir. "Ouvrage vanté par les proneûses à la mode. = Grand parleur, grande parleûse, qui aime à faire des remontrances. "C'est un grand proneur; une proneûse perpétuelle.

Synonymes et Contraires

prône

nom masculin prône
Instruction que fait un prêtre.