purgé, ée

PURGÉ, ÉE

(pur-jé, jée) part. passé de purger
Débarrassé de ce qui est grossier. Des métaux purgés par le feu. Fig.
Purgée, par ses désastres, des restes de l'idolâtrie, elle [Rome] ne subsiste plus que par le christianisme qu'elle annonce à tout l'univers [BOSSUET, Hist. III, 1]
Mon sentiment pour vous est purgé de ce vilain alliage [Mlle DE LESPINASSE, Lett. t. I, p. 51, dans POUGENS]
Il se dit du style, de la langue.
Mme de Pompadour ayant désiré que le Venceslas de Rotrou fût purgé des grossièretés de mœurs et de langage qui déparaient cette tragédie [MARMONTEL, Mém. VI]
En un sens particulier, débarrassé, en parlant d'un livre, de ce qui est jugé condamnable.
L'exemplaire de M. d'Argental [du Dépositaire] est, dit-on, purgé de toutes ces horreurs [attaques contre les dévots] [VOLT., Lett. le Kain, 25 avr. 1770]
Si cet homme a vu les livres, en Italie, purgés, c'est-à-dire biffés, raturés, mutilés par la cagoterie, il cessera de se plaindre de nos bibliothèques [P. L. COUR., Lettre III]
Qui a pris un purgatif.
Le plus souvent, quand je reviens de la ville, je suis tout étonné que je les trouve [mes enfants, ma famille] saignés ou purgés par son ordre [MOL., Pourc. I, 7]
Pour quoi on a rempli les formalités nécessaires.
Quelques décrets mal purgés m'ont fait résoudre à me mettre auprès de quelque honnête personne qui eût soin de moi [DANCOURT, la Désol. des joueuses, sc. 3]