queux

1. queux

[ ] n.m. [ lat. coquus, de coquere, cuire ]
Maître queux,
Litt. cuisinier.

2. queux

ou

queue

[ ] n.f. [ lat. cos, cotis ]
Pierre à aiguiser : Une queux à faux.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

QUEUX1

(keû) s. f.
Sorte de pierre à aiguiser. Queux à faux. Queux à l'huile.
La torpille endort le bras sans être engourdie ; la pierre queux ou affiloire fait trancher le rasoir et ne tranche pas [LA MOTHE LE VAYER, Dial. d'Or. Tubero, t. II, p. 93, dans POUGENS]
On écrit aussi, mais à tort, queue.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    ...Kueus [cuisiniers] Avoient aiguisié à keus Leur coutiaus.... [, Bl. et Jeh. 4598]
  • XIVe s.
    Un grant queux à aiguiser sarpes [DU CANGE, quauria.]
  • XVIe s.
    Qu'il ressembloit à la queu, qui rendoit le cousteau aiguisé et prest à couper, elle ne le pouvant faire [PARÉ, t. III, p. 688]
    Les cueux de plomb [lingots par assimilation de forme] [MONT., I, 54]
    [La jalousie] Queux où l'amour aiguise et trempe son malheur [AM. JAMYN, Poésies, p. 186, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, cous, masculin ; saintong. coue ; picard, keuche, keusse, queusse ; Hainaut, keuche, kuèche ; wallon, keûs ; provenç. cot ; ital. cote ; du lat. cotem ; sansc. ço, aiguiser, et çana, queux. On trouve dans des textes officiels la forme provinciale queusche : Queusches le 100 pesant payera 3 sols, Tarif, 18 sept. 1664.

QUEUX2

(keû) s. m.
Terme vieilli. Cuisinier.
Le maître queux se tenait sur une chaise élevée entre le buffet et la cheminée [MARCHANGY, Tristan le voyageur, LXXIX]
Je chargeai mon maître queux de m'en procurer la recette [de l'omelette au thon] avec les détails les plus minutieux [BRILLAT-SAVARIN, Physiologie du goût, l'Omelette du curé]
Grand queux de France, nom d'un officier de la maison du roi qui commandait à tous les officiers de la cuisine et de la bouche.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Sil [ainsi il le] comandat as cous de la maison [, Ch. de Rol. CXXXV]
  • XIIe s.
    Ydunkes fu ocis e al coeu fu livrez ; Li keus manja le cuer ; quant li fu demandez, Fist al seignur acreire que senz quer estoit nez [, Th. le mart. 31]
  • XIIIe s.
    Por ce vous dis-je ; quar li hon Qui est ses kex [son cuisinier] a assez paine [RUTEB., II, 39]
  • XVe s.
    En yver, du feu, du feu, Et en esté, boire, boire... Chaulx morceaux fais de bon queu, Fault en froit temps, voire, voire, En chault, froide pomme, ou poire, C'est l'ordonnance de Dieu [CH. D'ORL., Rond.]

ÉTYMOLOGIE

  • Ital. cuoco ; du lat. coquus, de coquere, cuire (voy. CUIRE).
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

queux

QUEUX. n. m. Vieux mot qui signifiait autrefois Cuisinier. Il ne s'emploie que précédé du mot Maître. Un maître queux.

queux

QUEUX. n. f. Sorte de pierre à aiguiser. Queux à faux. Queux à l'huile. On écrit aussi Queue.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

queux


QUEUX,s. m. [Keû: monos. long.] Vieux mot, dérivé du latin coquus. Cuisinier. Il est encôre en usage dans la Maison du Roi. Maître Queux: Chef de cuisine.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

queux

[kø] adj m
voir maître
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005