réfugié, ée

RÉFUGIÉ, ÉE

(ré-fu-ji-é, ée) part. passé de réfugier
Qui a cherché un refuge.
Le roi et la reine de Pologne réfugiés en Silésie [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Réfugié dans une cabane, je n'ai de ressource que ma pêche, et je ne prends pas un poisson [VOLT., Zadig, 16]
Substantivement. Un réfugié, une réfugiée, celui, celle qui s'est retirée dans un autre pays pour échapper à la persécution. Les réfugiés polonais.
Il se dit des calvinistes chassés de France par la révocation de l'édit de Nantes.
En 1687, la nation anglaise, sentant de quel avantage lui seraient les ouvriers français réfugiés chez elle.... [VOLT., Mœurs, 182]
Substantivement.
Il y a dix mille réfugiés français à Berlin, qui ont fait de cet endroit sauvage une ville opulente et superbe [ID., Frag. sur l'hist. XXVIII]
Adj. Style réfugié, style des auteurs protestants qui, résidant en pays étranger, depuis la révocation de l'édit de Nantes, n'écrivaient pas avec pureté, ou, du moins, n'avaient pas suivi les changements de la langue.
Bayle n'avait pas le style réfugié ; il ne péchait que par une familiarité qui approche quelquefois de la bassesse [VOLT., Louis XIV, écrivains, Saurin.]