régence

(Mot repris de régences)

régence

n.f.
Fonction de régent ; durée de cette fonction.
adj. inv.
Qui rappelle le style de la Régence (1715-1723) : Des meubles Régence.

RÉGENCE

(ré-jan-s') s. f.
Gouvernement (sens propre, aujourd'hui peu usité).
Qui ne s'est obligé qu'à la perte d'un homme Acquiert à peu de frais la régence de Rome [ROTR., Bélis. II, 8]
Dignité de la personne qui gouverne un État pendant l'absence ou la minorité d'un souverain.
Là on célébra Rocroy délivré.... la régence affermie, la France en repos.... [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
La régence d'Anne d'Autriche aurait été tranquille et absolue, si on avait eu un Colbert ou un Sully pour gouverner les finances, comme on avait un Condé pour commander les armées [VOLT., Hist. parl. LIV]
Louis XV était un enfant orphelin ; il eût été trop long, trop difficile et trop dangereux d'assembler les états généraux pour régler les prétentions à la régence [ID., Louis XV, 1]
Les grands mots ne changent rien à la nature des choses ; et la régence, après tout, n'est qu'une tutelle [MIRABEAU, Collection, t. V, p. 468]
Sitôt que l'assemblée [du parlement] fut formée, il [le duc d'Orléans] remontra en peu de mots son droit à la régence [ANQUETIL, Louis XIV, sa cour et le régent, année 1715]
Fonction de régent ou régente.
Les régences mâles, hardies et insolentes de Frédégonde et de Brunehauld avaient moins étonné cette nation qu'elles ne l'avaient avertie [MONTESQ., Esp. XXXI, 2]
Temps que dure la régence. Les troubles d'une régence.
En France, la régence du duc d'Orléans, que ses ennemis secrets et le bouleversement général des finances devaient rendre la plus orageuse des régences, avait été la plus paisible et la plus fortunée [VOLT., Louis XV, 2]
La régence se dit particulièrement de l'époque pendant laquelle Philippe d'Orléans gouverna la France (1715-1723).
C'était la régence alors.... La France était folle ; Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient à la gaudriole [BÉRANG., Gaudriole.]
Fig. Type ou symbole d'une grande liberté de mœurs et de folles dépenses.
L'opéra s'en va ; c'est désolant pour nous autres, jeunes gens d'esprit et de plaisir, nous la nouvelle régence [SCRIBE, Maurice, § 2]
Adj. invar. Dans le langage familier, digne des roueries galantes de la cour du régent. Des mœurs régence.
Ma conduite est un peu régence, j'en conviens [CH. DE BERNARD, la Cinquantaine, § 10]
Se dit des administrations municipales d'Allemagne, de Hollande et de Belgique. La régence d'Amsterdam.
Gouvernement de certains petits États musulmans, ainsi dit parce que les souverains y étaient (et le bey de Tunis l'est encore) investis par le sultan de Constantinople et subordonnés à son autorité. Les régences barbaresques ; il y en avait trois, Alger, Tunis et Tripoli. Territoire de ces États. Les ruines de l'ancienne Carthage sont dans la régence de Tunis.
Fonctions de régent dans un collége.
L'important pour un principal serait de former lui-même de bons sujets dans son collége, et de les préparer de loin à la régence [ROLLIN, Traité des Ét. liv. VI, 2e part. II, 1]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le dire humain ne se doibt servir de la dignité, majesté, regence du parler divin [MONT., I. 401]

ÉTYMOLOGIE

  • Réqent.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    RÉGENCE. Ajoutez :
    Nom, à Rouen, du pain à café.

régence

RÉGENCE. n. f. Gouvernement d'un État pendant la minorité ou en l'absence du souverain. Une régence est souvent une occasion de troubles.

Il désigne aussi la Dignité qui donne pouvoir et autorité de gouverner un État pendant l'absence ou pendant la minorité du souverain. Saint Louis, à son premier voyage d'outre-mer, laissa, confia la régence du royaume à la reine Blanche, sa mère. Après la mort de Louis XIII, la régence fut donnée, déférée à la reine Anne d'Autriche.

Il se dit aussi du Temps que la régence dure. Au commencement de la régence. Pendant la régence de Marie de Médicis. Les troubles d'une régence. En ce sens il s'emploie familièrement comme adjectif et signifie Qui rappelle le style, les moeurs de la Régence de Philippe d'Orléans. Un fauteuil Régence. Il est très Régence.

Il se disait aussi de Certains petits États musulmans situés sur la côte d'Afrique et gouvernés par délégation du sultan de Constantinople. Les régences barbaresques étaient au nombre de trois : Alger, Tunis et Tripoli. La régence d'Alger. Les villes de la régence. Dans toute l'étendue de la régence.

regence

Regence ou gouvernement, Rectio, Moderatio, Moderamen.

Regence de royaume, pendant que le Roy est absent, ou si jeune qu'il ne peut regir, Interregnum, Proprincipatus, Regiminis fasces, B. Proregis, Regni rerum gestio, administratio.

régence


RÉGENCE, s. f. RÉGENT, ENTE, s. m. et f. RÉGENTER, v. n. et act. [Réjance, jan, jante, janté: 1re é fer. 2e lon. 3e e muet au 1er et au 3e, é fer. au 4e.] Régent, ente, est 1°. Celui, celle qui régit, qui gouverne l'État pendant une minorité, ou une absence du Souverain. = 2°. Régent, celui qui enseigne dans un Collège. "Régent de Philosophie, de Rhétorique. — Adj. Docteur Régent en Médecine, etc. = On dit plus ordinairement Régent, de ceux qui enseignent dans les basses Classes; et Professeur, de ceux qui enseignent la Rhéthorique, la Philosophie, etc.
   RÉGENCE se dit dans le 1er sens, de la dignité d'un Régent et d'une Régente d'un Royaume, et du tems qu'elle dûre. = Dans le 2d sens, il ne se dit que du tems, pendant lequel un homme enseigne publiquement dans un Collège.
   RÉGENTER, ne se dit que dans ce 2d sens. Enseigner en qualité de Régent. = V. n. "Il a régenté pendant dix ans en divers Collèges. = V. act. "Régenter la Sixième, la Troisième, la Rhétorique. = Figurément, aimer à dominer, à faire prévaloir son avis. "Cet homme veut régenter par tout. "Il régente tous ses confrères.

Traductions

régence

regency