régent, ente

RÉGENT, ENTE

(ré-jan, jan-t') adj.
Qui exerce la régence. Le prince régent, la reine régente. Substantivement. Le régent, la régente du royaume.
Après avoir fait sentir aux ennemis durant tant d'années l'invincible puissance du roi, s'il fallut agir au dedans pour la soutenir, je dirai tout en un mot : il fit respecter la régente [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Se dit, absolument, de Philippe d'Orléans, régent de France pendant la minorité de Louis XV. Nom d'un diamant de la couronne, évalué 12 millions, et qui fut acheté par Philippe d'Orléans. Tabac du régent, tabac à priser, préparé avec des aromates.
S. m. Régent de la banque de France, membre du conseil général de la Banque.
Un des officiers de la chancellerie romaine.
Autrefois, ceux qui enseignaient dans un collége ; dès le XIIe siècle, regere scholas signifiait professer ; on s'habitua à dire par abréviation regere ; magister regens était un maître qui enseignait [CH. THUROT, De l'organisat. de l'enseign. dans l'univ. de Paris au moyen âge, p. 90]
Outre ces instructions publiques et communes, le régent peut encore beaucoup servir aux écoliers, par l'attention qu'il a sur leur conduite [ROLLIN, Traité des Ét. Devoirs des régents]
Fig.
Écoutons les régents du monde sur ce sujet [PASC., dans COUSIN]
Mais lui, qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace [BOILEAU, Sat. IX]
Au féminin.
Instruit, formé par leurs leçons fréquentes, Bientôt l'élève égala ses régentes [GRESS., Ver-vert, ch. II]
Aujourd'hui, régent, professeur dans un collége communal. Le régent de la rhétorique.
Anciennement, docteur régent, titre des docteurs professeurs en théologie, en droit, en médecine.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Et croit monseigneur que ceux de Nantes soient en nouvel traité avecques le jeune regent de France, lequel on doit à celle toussaint couronner [FROISS., II, II, 73]
    Messire Jean de Hainaut qui estoit regent et gardien de tout le pays [ID., I, I, 115]
    Tel doit estre regent, Lent de pugnir, aux bons non faire ennui, Et aux mauvais rendre droit jugement [E. DESCH., Vertu nécess. au pr.]
  • XVIe s.
    Le premier prince qui se feit appeller regent de nostre France fut Philippe le Long pendant la grossesse de la royne Clemence sa belle sœur veufve du roy Louys Hutin [PASQUIER, Rech. II, p. 133, dans LACURNE]
    Nous avons non-seulement appelez regens ceux qui enseignoient la jeunesse en humanité et aux arts, mais aussi docteurs regens en decret, en medecine et aux lois [ID., ib. IX, p. 791]
    Aimer mieulx estre regent et precepteur d'erreur et de mensonge, que d'estre disciple en l'eschole de verité [MONT., II, 224]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. regentem, part. prés. de regere (voy. RÉGIR).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    RÉGENT. Ajoutez :
    En Bretagne, se dit de l'agent d'un propriétaire dont l'emploi consiste à surveiller les métayers et à toucher les redevances.
    Quand notre Jeanne sera grande, Si le fils de notre régent En mariage la demande, Nous donnerons tout notre argent [P. DUPONT, la Chanson des Bœufs]
    Régent de village, nom, dans la Suisse romande, du maître d'école.
    La commune [de Vallorbe, près de Lausanne] s'intéressa à ces expériences [de pisciculture], et quelques centaines de francs furent mis annuellement à la disposition du régent pour l'aider dans son entreprise [BOUCHON-BRANDELY, Journ. offic. 28 oct. 1873, p. 6589, 2e col.]