régnant, ante

RÉGNANT, ANTE

(ré-gnan, gnan-t') adj.
Qui règne. La reine régnante.
Race [les Capétiens] qui se voit, seule dans tout l'univers, toujours couronnée et toujours régnante, depuis sept cents ans entiers sans interruption [BOSSUET, Polit. VII, VI, 14]
J'ai dit la plus exacte vérité sur les choses essentielles [du règne de Louis XIV] ; le roi régnant m'a rendu publiquement cette justice [VOLT., Lett. Thiriot (sans date), 1768]
Il se dit aussi d'un souverain qui n'a pas le titre de roi. L'empereur régnant. Le grand-duc régnant. Maison, famille régnante, la maison, la famille dont le chef règne.
Alors ou la licence excessive, ou la patience poussée à l'extrémité menacent terriblement les maisons régnantes [BOSSUET, Reine d'Angl.]
La famille régnante changea [lors de l'avénement des Capétiens], et la couronne fut unie à un grand fief [MONTESQ., Esp. XXXI, 32]
Particulièrement. Famille régnante, celle dont les membres ont droit au trône par ordre de naissance.
Ce n'est pas pour la famille régnante que l'ordre de succession est établi, mais parce qu'il est de l'intérêt de l'État qu'il y ait une famille régnante [MONTESQ., Esp. XXVI, 16]
Ville régnante, la capitale d'un État.
Combien de fois, dans les calamités qui affligeaient le royaume, une ville régnante [Paris] vit-elle notre saint roi traversant les rues.... [MASS., Panégyr. saint Louis.]
La ville régnante [Paris], l'abord de toutes les nations, et qui rassemble le choix comme le rebut de nos provinces [ID., Louis le Grand.]
Fig. En parlant des choses, qui domine. Le goût régnant. L'opinion régnante.
C'est de là [les grandes fortunes] que naissent ces péchés régnants, qui ne se contentent pas qu'on les souffre ni même qu'on les excuse, mais qui veulent encore qu'on les applaudisse [BOSSUET, Sermons, Impénit. I]
Maladie régnante, maladie qui sévit actuellement sur beaucoup de gens. Terme de marine. Se dit des vents qui soufflent le plus habituellement dans tel ou tel parage, et du vent qui souffle au moment où l'on parle.