résonner

résonner

v.i. [ lat. resonare, de sonus, son ]
1. Renvoyer le son en augmentant sa durée ou son intensité : L'amphithéâtre résonne trop retentir, vibrer
2. Produire un son : Ses pas résonnaient sur le trottoir.
Remarque: Ne pas confondre avec raisonner.

RÉSONNER

(ré-zo-né) v. n.
Renvoyer le son, retentir.
Et sous l'épaisseur des rameaux, Il n'est place où l'ombre soit bonne Qui soir et matin ne résonne Ou de voix, ou de chalumeaux [MALH., III, 3]
L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie [CORN., Hor. IV, 2]
Le prince aux cris s'abandonna, Et tout son antre en résonna [LA FONT., Fabl. VIII, 14]
Il [Hercule] poussait des cris horribles, dont le mont Oeta résonnait [FÉN., Tél. X]
Un nombre infini d'oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants [ID., ib. XIX.]
Fig. Tout résonne du bruit de ses exploits, on en parle partout.
Où penses-tu choisir un lieu pour son supplice ? Sera-ce entre ces murs que mille et mille voix Font résonner encor du bruit de ses exploits ? [CORN., Hor. V, 3]
Se dit d'un son qui se prolonge.
La voix d'Énée encor résonne à son oreille [DELILLE, Én. IV]
Rendre un grand son, beaucoup de son. Une voix, une cloche, une guitare qui résonne bien.
Le malheureux lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs [LA FONT., Fabl. II, 9]
On voyait s'élever des fournaises ardentes.... le marteau résonnait sur l'enclume qui gémissait sous les coups redoublés [FÉN., Tél. XI]
Fig.
Ce n'est plus contre les réformateurs que je veux écrire ; ce ne sera plus le mot d'hérétique que je ferai résonner dans mes écrits et dans mes sermons ; je veux poursuivre les philosophes, les encyclopédistes [VOLT., Dial. 31]
Jurons.... Que pour l'ennemi de la France Nos voix ne résonneront pas [BÉRANG., Ma dernière chans.]
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Activement et poétiquement.
Mes vers brûlants d'amour ne résonnent que plaintes [RÉGNIER, Élég. I]
Pour chanter les exploits des héros qu'il admire, Le faible Anacréon en vain monte sa lyre ; Les cordes sous ses doigts ne résonnent qu'amour [L. RACINE, Ép. à Valincour]
Il n'est pas dans mon cœur Une fibre qui n'ait résonné sa douleur [LAMART., Harm. II, 7]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Eissi que par trestot le munt [monde] Resona sis nons [son nom] glorios [BENOIT, II, 12000]
    Bruient li mont, e li val resona [, Ronc. p. 85]
  • XIIIe s.
    Dites, dame, comment a non Cil ki de vo cuer a le don. - C'est cil dont li païs resonne [, Lai d'Ignaurès]
    Tote la chambre resona [, Lai del desiré]
    Cil fluns cort si joliement, Et mene tel grondillement, Qu'il resonne [a le son de] tabor et tymbre, Plus soef que tabor ne tymbre [, la Rose, 6025]
  • XVIe s.
    Mais laissons-là ceux qui sont stupides et corrompus ; et escoutons la voix du peuple, qui ne resonne que restauration [LANOUE, 81]
    [Les riches] devroyent quelquefois faire resonner à leurs aureilles ceste parole de Jesus Christ.... [ID., 176]
    Combien que les papistes resonnent à pleine bouche, qu'ils tiennent le fils de Dieu pour redempteur du monde [CALV., Instit. 377]
    Escoutez comment ce cor ressonne [PALSGRAVE, p. 688]
    [Ma lyre] Resonnant tes hautes merveilles, Quand de rien tu formas les cieux [DESPORTES, Œuv. chrét. XVIII, Ode.]

REMARQUE

  • Au XVIIe siècle, on commençait à confondre résonner avec raisonner, et à prononcer rè-zo-ner, au lieu de ré-zo-ner : " Un nombre de gens font cette faute : Nous avons été dans un régal ; il y avait des violons qui ne raisonnaient point, comme si un bois creux avait de la raison pour pouvoir raisonner, il n'y a rien de plus ridicule que de parler si improprement, " MARG. BUFFET, 1668, Observ. p. 187. On confond aujourd'hui ces deux verbes à tel point que des locutions proverbiales sont fondées sur cette confusion : on dit d'un homme dont les idées ne sont pas bien nettes, qu'il a le cerveau fêlé, le timbre fêlé. Pourquoi cela ? Parce qu'il raisonne mal. Or un timbre fêlé ne raisonne pas du tout, mais résonne mal. On abuse donc ici de la paronymie. C'est par la même raison qu'on dit raisonner comme une pantoufle, parce qu'une pantoufle ne résonne pas. Ces confusions sont fâcheuses dans toute langue, particulièrement dans une langue exacte et claire comme le français (JULLIEN, I, p. 123).

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, ressonner, ressouner ; prov. ressonar, resonar ; esp. resonar ; port. resonar, resoar ; it. risonare ; du lat. resonare, de re, et sonare, sonner.

résonner

RÉSONNER. v. intr. Renvoyer le son; le concentrer par réflexion. Cette voûte résonne bien. Cette salle ne résonne pas, résonne trop. Faire résonner les échos.

Fig., Tout résonnait du bruit de ses louanges, du bruit de ses exploits, On le louait partout, on s'entretenait partout de ses exploits.

RÉSONNER signifie aussi Rendre un grand son, beaucoup de son. Cette cloche résonne bien. La trompette résonne. La voix du prédicateur résonnait sous ces voûtes.

resonner

Resonner, pour Sonner de rechef, voyez Sonner, en Son.

Resonner, Resonare, Assonare, Consonare.

Resonnant, Resonans, Canorus, Argutus, Querulus, Resonus.

Plus resonnant, Consonantius.

Synonymes et Contraires

résonner

verbe résonner
1.  Renvoyer un son.
vibrer -littéraire: retentir.
2.  Produire un son.
Traductions

résonner

gellen, klingen, läuten, tönen, hallenresound, sound, echo, ring, resonate, twanggalmen, weergalmen, gaan, kleppen, klinken, overgaan, resoneren, slaan, weerklinken, rollenהדהד (הפעיל), התנגן (התפעל), צלצל (פיעל), הִדְהֵדecheggiare, riecheggiare, rimbombare, risuonare (ʀezɔne)
verbe intransitif
1. produire un son qui dure ou qui est plus fort Les voix résonnent dans l'escalier.
2. renvoyer un son plus long ou plus fort Cette salle résonne beaucoup.

résonner

[ʀezɔne] vi
[cloche, pas] → to reverberate, to resound
résonner de → to resound with
[salle] → to be resonant