reçu, ue

REÇU, UE1

(re-su, sue) part. passé de recevoir
En parlant de ce qui est donné, offert, présenté. De l'argent reçu.
L'oraison qui nous les obtient [les vertus] nous apprend à les pratiquer non seulement comme nécessaires, mais encore comme reçues du père des lumières, d'où descend sur nous tout don parfait [BOSSUET, Mar.-Thér.]
Suivant cet axiome que tout ce qui est reçu, est reçu suivant la disposition et l'état de ce qui reçoit [DUMARS., Œuv. t. V, p. 311]
Reçu cent francs à valoir. Dans cette tournure reçu est invariable. Mais on dirait cent francs reçus à valoir.
Qu'on a laissé entrer, admis. Reçu dans la meilleure compagnie.
Ulysse, vous ne vous trompez pas, a été reçu chez le roi Alcinoüs, comme en un lieu où l'on craint Jupiter, et où l'on exerce l'hospitalité [FÉN., Tél. XXIV]
Établi, consacré, admis.
Pour prouver la vanité des opinions les plus reçues [PASC., Entret. avec M. de Saci.]
Leurs docteurs les plus reçus [BOSSUET, Hist. II, 10]
Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, Dans ses prétentions une femme est sans borne [BOILEAU, Sat. X]
Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode [ID., ib.]
Il n'y a point d'autre ouvrage d'esprit si bien reçu dans le monde et si universellement goûté des honnêtes gens [LA BRUY., I]
Le dogme de l'immortalité de l'âme reçu à Memphis, à Babylone et à Tyr [VOLT., Lett. à Mme du Deffant, 13 oct. 1759]
La conspiration de Valstein est au rang des histoires reçues ; et on ignore absolument quelle était cette conspiration [ID., Ann. Emp. Ferdinand II, 1634]
Il est reçu, c'est une opinion admise sans contestation.
Il est reçu en géométrie que plus les corps ont d'étendue, plus leur circonférence est relativement petite [MONTESQ., Esp. IX, 4]
Il est assez reçu que les animaux vivent ; il est démontré qu'ils ont du sentiment, puisqu'ils ont les organes du sentiment [VOLT., Oreilles de Chesterf. 4]
Il est reçu de faire cela, il est reçu qu'on fasse cela, l'usage autorise à....