recul

recul

[ rəkyl] n.m.
1. Action de reculer ; mouvement en arrière : Le recul d'une armée repli, retraite
2. Espace libre pour reculer : Les visiteurs n'ont pas assez de recul pour admirer le tableau.
3. Éloignement dans l'espace et le temps pour juger d'un événement : Avec le recul, je me rends compte que je n'aurais pas dû agir ainsi.
4. Évolution dans le sens contraire à celui du progrès : La pollution entraîne un recul de la biodiversité régression ; amélioration
5. Mouvement vers l'arrière d'une arme à feu, au départ du coup.

RECUL

(re-kul) s. m.
Mouvement en arrière que fait un corps. Particulièrement, en artillerie, mouvement en arrière que prennent les armes à feu pendant le tir. Le recul est produit en vertu d'un théorème de mécanique : quand un système n'est soumis qu'à des forces intérieures, la somme des projections des quantités de mouvement de ses différentes parties sur un axe doit rester constante ; cette somme, qui est nulle avant le tir, doit rester encore nulle pendant qu'on l'effectue ; la vitesse que prennent dans un sens le projectile, les gaz de la poudre et l'air ambiant, nécessite de la part du canon et de son affût une vitesse en sens contraire.
Le premier coup fut tiré à recul libre, et l'on tira les autres à recul arrêté [ANDRÉOSSY, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 182]
Je ne sais si le recul d'une seule pièce ne ferait pas crouler tous ces vieux créneaux [CHATEAUB., Itin. 4e part.]
Recul du cœur, phénomène d'hydrodynamique qu'éprouve le cœur lors de la propulsion du sang par les parois qui se contractent ; ce recul du cœur fait que la pointe soulève la paroi du thorax, et produit ce qu'on nomme le battement du cœur.
Terme de marine. Vents de recul, ceux qui, après avoir monté du sud-ouest au nord-ouest, et même au nord en passant par l'ouest, reviennent ou descendent vers le sud-ouest en passant par l'ouest.
Terme d'horlogerie. Échappement de recul, celui qui fait reculer la roue de rencontre.
Chute, dans les régulateurs de la lumière électrique, d'une armature mobile que le passage du courant fait tomber, et qui, tombant ainsi, produit, entre les extrémités libres des charbons, l'espacement nécessaire pour que la lumière se manifeste et persiste.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Recul du canon [MONTLUC, Mém. t. I, p. 532, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Substantif verbal de reculer.

recul

RECUL. (On prononce l'L.) n. m. Action de reculer. En l'apercevant j'ai eu un mouvement de recul.

Il se dit particulièrement du Mouvement du canon quand on tire. Le recul du canon.

Il s'emploie aussi figurément. Un recul de la civilisation.

Il signifie encore Éloignement dans l'espace ou dans le temps. Je n'ai pas assez de recul pour bien juger de ce tableau. Il faut un certain recul pour apprécier les événements.

En termes d'Horlogerie, Échappement à recul, Celui qui fait reculer la roue de rencontre.

recul


RECUL, s. m. RECULADE, RECULÉE, s. f., RECULEMENT, s. m. RECULER, v. a. et n. À~ RECULONS: adv. [1ree muet: on prononce l'l finale du 1er, 3eé fer. au 3e, e muet au 4e, é fer. au 5e.] Reculer, actif; tirer en arrière. "Reculer une table, une chaise, etc. "Reculez cet enfant du feu; reculez-vous de là. = Au figuré, éloigner, retarder. "Cet évènement l'a fort reculé; a reculé ses afaires, le jugement de son procês, le paiement de ce qui lui est dû, etc. = V. n. 1°. Aller en arrière. "Recule, Cocher; faites reculer ce carrosse. = Fig. Au lieu d'avancer (de faire des progrês), il recule.
   Le flot, qui l'aporta, recule épouvanté.
       Phèdre.
"Il est trop avancé pour reculer, pour se dédire, pour abandoner son entreprise. "Il (Pompée) voit bien qu'il s' est trop avancé; et il craint, s'il recule, qu'on ne l' acuse de légèreté. Cic. à Atticus. MONGAULT. = Un homme courageux ne recule jamais, ne fuit point le péril. = Reculer pour mieux sauter (st. prov.), céder, temporiser pour mieux prendre ses avantages. = 2°. Diférer, éviter de faire quelque chôse qu'on exige ou qu'on desire de nous. "J' ai beau le presser, il recule toujours. J'ai reculé tant que j'ai pu: il n'y a plus moyen de reculer.
   Rem. Dans le Dict. Gram. on dit que reculer n'a point de régime relatif; qu'on dit reculez cette chaise; mais qu'on ne dit pas reculez cette chaise de la cheminée. On critique ces vers de Boileau:
   Mais il est des objets que l'art judicieux
   Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux.
On ajoute, qu'éloigner aurait été un terme plus propre, mais qu'il aurait formé un hiatus. Je crois toujours, en éfet, que sans la gêne de la mesure, le Poète aurait préféré éloigner; mais reculer, au moins dans le propre, peut régir de, et nous en avons doné plus haut des exemples d'aprês l'Acad.Mallebranche a dit autrefois: "Soit que l'objet s'aproche ou se recule de nous; et M. l'Ab. De Lille, plus récemment: "Sa situation (du Laboureur) qui recule de ses yeux ce qui peut faire plaindre ou envier le sort d'autrui. On recule un évènement, qui peut faire verser de larmes: mais qu'est-ce que reculer des pleurs, comme dit Racine dans Bajazet:
   J'ai reculé vos pleurs autant que je l'ai pu.
Si cette expression est belle en vers, elle ne vaudrait rien en prôse.
   RECULÉ, ÉE, adj. Éloigné, lointain. "Dans le quartier de la Ville le plus reculé. "Les tems les plus reculés; l'antiquité ou la postérité la plus reculée. Il s'emploie ordinairement au superlatif; mais suivant la règle des adjectifs verbaux tirés des participes passifs, il doit toujours suivre le substantif. Massillon le fait mal-à-propos précéder. "À~ nos plus reculés neveux. L'inversion est dûre et contre l'usage. Voy. ADJECTIF, V. n°. 4°.
   RECUL, mouvement d'une chôse qui recule. Il se dit proprement du canon. "Le recul du canon, quand il tire.
   RECULADE, action d'une ou de plusieurs voitûres qui reculent. "Les reculades sont dangereuses pour les gens à pied. = Fig. Ce qui éloigne la conclusion d'une afaire. "Cette faûsse démarche lui a fait faire une reculade; st. famil. et plaisant.
   RECULÉE se dit avec feu. On apele feu de reculée, un feu qui oblige à se reculer.
   RECULEMENT, action de reculer. "Le reculement d'un carrosse, d'une charrette. = Recul se dit du canon; Reculade et Reculement des voitûres.
   À~ RECULONS, en reculant, en alant en arrière. "Les écrevisses vont et les Cordiers travaillent à reculons. = Fig. st. famil. En empirant. Ces afaires vont à reculons. = * En certaines Provinces on dit de reculons: c'est un gasconisme.

Synonymes et Contraires

recul

nom masculin recul
1.  Mouvement en arrière.
reculade, repli, retrait, retraite, rétrogression.
Traductions

recul

kick, recoil, blowbackנסיגה (נ), רגרסיה (נ) [נסיגה], רתיעה (נ), רתע (ז), תנועה לאחור (נ), תסוגה (נ), נְסִיגָה, רְתִיעָהafstand, teruggang, terugstoot [wapen], uitloop [tennisbaan], terugstootarretramento, recesso, rinculo下降poklestilbagegangnedgång (ʀəkyl)
nom masculin
1. mouvement en arrière avoir un mouvement de recul
2. diminution le recul de la pauvreté
3. éloignement dans l'espace prendre du recul pour contempler qqch
4. éloignement dans le temps qui permet de mieuxjuger avoir du recul

recul

[ʀ(ə)kyl] nm
avoir un mouvement de recul → to start back
prendre du recul → to stand back
avec le recul → with the passing of time, in retrospect

le recul de l'économie → the recession
[chômage] → fall
[valeurs] → decline
le recul des valeurs chrétiennes → the decline in Christian values
[civilisation, épidémie] → decline
[troupes, armée] → retreat
[arme à feu] → recoil, kick