refuite

(Mot repris de refuites)

REFUITE

(re-fui-t') s. f.
Terme de chasse. Trajet que fait une bête chassée.
Endroit où une bête a coutume de passer quand on la chasse.
On dressa les filets dans les refuites [BARTHÉL., Anach. ch. 39]
Ruses d'une bête qu'on chasse. Les refuites d'un cerf sont les ruses par lesquelles il tâche d'échapper aux chiens, ou de reprendre les voies de son buisson.
Lorsque le cerf ne s'y trouve pas, il ne reste d'autre moyen que d'imaginer la refuite qu'il peut avoir faite [BUFF., Quadrup. t. II, p. 22]
Par extension.
Mais celles [galères] des Grégeois se montrent mieux instruites à provoquer l'attaque et feindre des refuites [BRÉBEUF, Phars. III]
Fig. Retardements, détours d'une personne qui veut échapper à quelque chose.
Mais cessez de chercher ces refuites frivoles [CORN., Mél. I, 2]
La chicane, maîtresse des cavillations et féconde en refuites, veut être forcée dans ses retranchements [SAINT-SIMON, 375, 60]
Le duc du Maine avec ses adresses ordinaires pour éluder.... Mme la duchesse ne prit pas le change ; accoutumée à ses refuites, elle le suivit jusqu'à ce qu'elle l'eût atteint [STAAL, Mém. t. III, p. 165]
En termes de charpenterie, on dit qu'un trou a de la refuite, lorsque la mortaise est trop profonde pour l'usage qu'on en veut faire. Donner de la refuite, donner de la facilité aux pièces emboîtées, pour qu'elles puissent être retirées.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    ....Il savait les adresses et les refuites [d'autres éditions ont refuges] du pays, pour ce qu'il en estoit [FROISS., I, I, 161]

ÉTYMOLOGIE

  • Re..., et fuite.

refuite

REFUITE. n. f. T. de Chasse. Endroit où une bête a coutume de passer lorsqu'on la chasse. Il y a tant de refuites dans cette forêt. Mettre des relais aux refuites.

Il se dit aussi des Ruses d'une bête qu'on chasse. Un cerf qui use de refuites.

refuite


REFUITE, s. f. [Re-fui-te: 1re et dern. e muet.] Au propre, rûse d'un cerf qu'on chasse. = Au fig. retardement afecté. "Cet homme ûse de refuite dans toutes les afaires. * Brébeuf l'emploie au propre, en parlant des soldats.
   À~ provoquer l'ataque et feindre des refuites.
Ce mot est peu digne de la haute poésie, et avec feindre il est encore plus mauvais, car refuite est une feinte, une rûse: ainsi feindre des refuites, c'est comme si l'on disait feindre des feintes.