refuser

(Mot repris de refuserez)

refuser

v.t. [ du lat. recusare, refuser, et refutare, réfuter ]
1. Ne pas accepter ce qui est proposé, ce qui n'a pas les qualités voulues : Il a refusé ma proposition décliner, écarter, rejeter ; adopter, retenir renvoyer ; prendre
2. Ne pas accorder ce qui est demandé ; ne pas consentir à : L'actrice refuse toute interview. Le président refuse de négocier avec les rebelles.
3. Ne pas laisser entrer en surnombre : Ce restaurant refuse du monde tous les soirs.
4. Ne pas recevoir à un examen : Refuser la moitié des candidats ajourner

se refuser

v.pr.
1. Se priver volontairement de : Elle se refuse tout repos tant qu'elle n'a pas terminé son travail s'interdire
2. (à) Ne pas consentir à : Je me refuse à cautionner ses idées.
3. (En tournure négative) En parlant de qqch, être écarté, repoussé : Une invitation pareille ne se refuse pas.

refuser


Participe passé: refusé
Gérondif: refusant

Indicatif présent
je refuse
tu refuses
il/elle refuse
nous refusons
vous refusez
ils/elles refusent
Passé simple
je refusai
tu refusas
il/elle refusa
nous refusâmes
vous refusâtes
ils/elles refusèrent
Imparfait
je refusais
tu refusais
il/elle refusait
nous refusions
vous refusiez
ils/elles refusaient
Futur
je refuserai
tu refuseras
il/elle refusera
nous refuserons
vous refuserez
ils/elles refuseront
Conditionnel présent
je refuserais
tu refuserais
il/elle refuserait
nous refuserions
vous refuseriez
ils/elles refuseraient
Subjonctif imparfait
je refusasse
tu refusasses
il/elle refusât
nous refusassions
vous refusassiez
ils/elles refusassent
Subjonctif présent
je refuse
tu refuses
il/elle refuse
nous refusions
vous refusiez
ils/elles refusent
Impératif
refuse (tu)
refusons (nous)
refusez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais refusé
tu avais refusé
il/elle avait refusé
nous avions refusé
vous aviez refusé
ils/elles avaient refusé
Futur antérieur
j'aurai refusé
tu auras refusé
il/elle aura refusé
nous aurons refusé
vous aurez refusé
ils/elles auront refusé
Passé composé
j'ai refusé
tu as refusé
il/elle a refusé
nous avons refusé
vous avez refusé
ils/elles ont refusé
Conditionnel passé
j'aurais refusé
tu aurais refusé
il/elle aurait refusé
nous aurions refusé
vous auriez refusé
ils/elles auraient refusé
Passé antérieur
j'eus refusé
tu eus refusé
il/elle eut refusé
nous eûmes refusé
vous eûtes refusé
ils/elles eurent refusé
Subjonctif passé
j'aie refusé
tu aies refusé
il/elle ait refusé
nous ayons refusé
vous ayez refusé
ils/elles aient refusé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse refusé
tu eusses refusé
il/elle eût refusé
nous eussions refusé
vous eussiez refusé
ils/elles eussent refusé

REFUSER

(re-fu-zé) v. a.
Ne pas accepter ce qui est offert, présenté. Refuser une offre. Il a refusé de se servir de mon bras.
J'aurais refusé également la religion de Mahomet et celle de la Chine.... par cette seule raison que l'une n'ayant pas plus de marques de vérité que l'autre.... [PASC., Pens. XIV, 3, édit. HAVET.]
Les Juifs le refusent [Jésus], mais non pas tous ; les saints le reçoivent, et non les charnels [ID., ib. XIX, 5 bis.]
Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste étant captif [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
La paix que vous avez tant de fois refusée [FLÉCH., Turenne.]
D'Alembert est pauvre, et il n'est pauvre que parce qu'il a refusé cinquante mille livres de rentes en Russie [VOLT., Lett. Richelieu, 6 avr. 1772]
Il se dit des pièces de théâtre que les auteurs présentent, et que les comédiens ne veulent pas jouer.
La tragédie de Sylla fut présentée aux comédiens et refusée [VOLT., Louis XIV, Écrivains, le P. de la Rue.]
On assure que, Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tragédie de Mérope, sans leur apprendre qu'il en était l'auteur, elle fut refusée, parce qu'il n'y avait point dans cette pièce d'autre amour que la tendresse maternelle [D'ALEMB., Élog. la Chauss. note 2]
Ne pas consentir à ce qui est demandé, ordonné. Il a refusé son consentement. Refuser obéissance.
Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair ? [BOSSUET, le Tellier.]
On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière ; Dieu, qui l'inspire, ne peut lui rien refuser [ID., Mar.-Thér.]
M. de Lamoignon refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire les choses nécessaires ? [FLÉCH., Lamoignon.]
Et Pégase pour eux refuse de voler [BOILEAU, Disc. au roi.]
Les dogmes de l'impiété n'ont rien de plus clair et de plus intelligible que les mystères de la religion ; et, en refusant de croire, on perd la foi, sans que la raison y gagne et s'éclaircisse [MASS., Or. fun. Conti.]
Je suis obligé de m'excuser de mon voyage à Berlin auprès d'un cœur comme le vôtre....j'ai refusé au roi de Prusse deux jours de plus qu'il me demandait [VOLT., Lett. d'Argental, 6 janv. 1741]
Le régent ne savait rien refuser ; et ce qu'il ne donnait pas, on le lui arrachait [DUCLOS, Œuv. t. V, p. 372]
On offre les services, on refuse les secours [ID., Consid. mœurs, 7]
On refuse durement le nécessaire, on accorde aisément le superflu [ID., ib.]
Absolument.
Il s'est trouvé des hommes qui refusaient plus honnêtement que d'autres ne savaient donner [LA BRUY., VIII]
L'impossibilité d'obéir n'a plus d'autre nom que la rébellion et la mauvaise volonté qui refuse [MASS., Pet. carême, Tentat. des gr.]
Pouvant refuser avec aménité, je refusai avec dureté, et voilà en quoi j'eus tort [J. J. ROUSS., Conf. X]
Refuser la porte à quelqu'un, ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu. Il se présenta pour entrer au bal, on lui refusa la porte.
Refuser quelqu'un, ne pas l'accepter. Ce domestique a été refusé. On lui présenta des commis ; il les refusa. Refuser une fille en mariage, veut dire qu'on la refuse à l'homme qui la demande, ou que l'homme à qui on la propose la refuse. On dit de même, en parlant de mariage : Cet homme a refusé un bon parti ; Cette fille a refusé un parti avantageux ; On lui a refusé la main de cette jeune personne.
En parlant des personnes, ne pas leur accorder ce qu'elles demandent.
Ce n'est pas toujours jeu sûr de refuser de plus grand que soi [RETZ, II, 343]
Ne les pressez point tant, ces dieux qui vous refusent ; Ils savent mieux que nous d'où dépend notre bien [QUINAULT, Agrippa, IV, 2]
Dieu vous refuse ? mais c'est pour vous obliger de le prier plus longtemps [MASS., Carême, Prière 2]
Je dois te refuser, hélas ! et ne le puis [C. DELAV., le Paria, IV, 2]
Refuser quelqu'un de quelque chose, ne pas lui accorder cette chose.
Le comte : Qui peut mieux l'exercer [un emploi] en est bien le plus digne. - D. Diègue : En être refusé n'en est pas un bon signe [CORN., le Cid, I, 6]
Voilà tout mon souhait et toute ma prière ; M'en refuserez-vous ? [ID., Hér. IV, 4]
Vous ne l'avez jamais refusé de rien [le cardinal de Richelieu] [, Lett. de l'Acad. franç. au chevalier Servien, dans PELLISSON, Hist. de l'Acad. IV]
Quelle plus grande honte y a-t-il d'être refusé d'un poste que l'on mérite, ou d'y être placé sans le mériter ? [LA BRUY., VIII]
Un homme de mérite se donne, je crois, un joli spectacle, lorsque la même place à une assemblée ou à un spectacle dont il est refusé, il la voit accorder à un homme qui n'a point d'yeux pour voir, ni d'oreilles pour entendre [ID., VIII]
En le refusant [le régent] des 50000 livres de rente sur Lyon, il [Villeroy] ne refusait rien en effet [SAINT-SIMON, 474, 76]
Ne pas accorder, sans idée que rien soit demandé.
Ma voix, depuis dix ans qu'il commande une armée. A-t-elle refusé d'enfler sa renommée ? [CORN., Nicom. IV, 2]
Si mon cœur prévenu refuse de vous croire ? [HAUTEROCHE, Esp. foll. III, 2]
Avec tant de grandes et tant d'aimables qualités, qui eût pu lui refuser son admiration ? [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
On dit qu'il [Scipion Émilien] ne put refuser des larmes à la malheureuse destinée de Carthage [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 557, dans POUGENS]
Au milieu des douleurs les plus aiguës, il refuse même à ses souffrances ces plaintes innocentes qui semblent les soulager [MASS., Or. fun. Conti.]
Ne pas consentir à, ne pas accepter.
Refusant tous les autres noms, elle s'obstine à dire qu'elle est la princesse [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Refuser avec que et le subjonctif.
Puisque vous avez toutes autres sortes d'avantages sur moi, je ne refuserai point que vous ayez encore cettui-ci [MALH., Lett. I, 13]
Ne pas laisser aller à.
Quoique vous soyez de profession militaire, je ne vous refuse point aux affaires de notre métier [BALZ., liv. VIII, lett. 39]
Des haines plus modérées et plus tranquilles.... qui, en refusant le cœur au devoir, ont assez d'empire sur elles pour donner les apparences au monde [MASS., Carême, Pardon]
Fig. Il se dit des choses auxquelles on attribue en quelque sorte un refus. La nature a refusé la vigne aux contrées équatoriales.
[Le vieillard] Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse, Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse [BOILEAU, Art p. III]
Des déserts que le ciel refuse d'éclairer [RAC., Alex. V, 1]
Se priver de.
Passer ses jours dans le repos et dans le plaisir, ne rien refuser à sa sensualité et à ses désirs [BOURDAL., Pensées, t. III, p. 113]
Se refuser une chose, la refuser à soi, s'en priver, ne pas se l'accorder.
Ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ?... et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout ? [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Il ne se refusait aucune dépense [MONTESQ., Lett. pers. 141]
Familièrement. Il ne se refuse rien, il se donne tout ce qui lui est agréable.
Faire tout ce qu'on veut, vivre exempt de chagrin, Ne se rien refuser, voilà tout mon système ; Et de mes jours ainsi j'attraperai la fin [REGNARD, Folies amour. Divert Mur. de la folie, 1]
Terme de guerre. L'ennemi refusa sa droite, il évita de l'engager.
10° V. n. Il ne refuse à rien, il se charge de toutes les besognes.
11° Terme de manége. Ce cheval refuse, il ne peut pas ou ne veut pas obéir.
12° En termes de métier, on dit d'un outil (mouton, couteau, charrue), qu'il refuse, quand il ne peut enfoncer, pénétrer, couper. Terme de marine. En parlant du vent, changer de direction, de manière à rendre impossible la continuation d'une route commencée au plus près.
À six heures et demie, les vents refusant de plus en plus, et la marée contraire étant assez forte.... [BOUGAINVILLE, Voyage, t. II, p. 288]
Refuser de virer, se dit d'un navire qui n'a pas exécuté le mouvement qui devait, portant sa proue dans le lit du vent, le faire virer ainsi vent devant.
13° Se refuser, v. réfl. Être refusé, n'être pas accepté. De pareilles propositions ne se refusent pas. N'être pas donné.
Achèverai-je d'accabler ton pauvre cœur, ou t'offrirai-je des consolations qui se refusent au mien ? [J. J. ROUSS., Hél. I, 30]
14° Se refuser à une chose, ne pas vouloir la faire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien, il est prêt à tout faire.
15° Se refuser à une chose, ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre.
Cependant à leurs vœux votre âme se refuse, Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse [MOL., Mis. I, 1]
Lorsqu'on se voit tout d'un coup élevé aux places les plus importantes.... on ne se possède plus.... c'est aux hommes vulgaires un trop grand effort, que celui de se refuser à cette éclatante beauté qui se donne à eux [BOSSUET, le Tellier.]
Je n'ai pour tout accueil que des frémissements ; Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements [RAC., Phèdre, III, 5]
Un cœur qui se refusait aux excès, qui ne paraissait point fait pour le dérèglement [MASS., Carême, Mot. de conv.]
On l'a vu, en garde contre lui-même, se refuser aux goûts les plus innocents [MASS., Or. fun. Conti.]
Vous vous êtes si longtemps refusé à Dieu, malgré les plus vives inspirations de sa grâce [ID., Carême, Prière 1]
Fig. Se refuser se dit de choses qui n'accomplissent pas leur office. La plume se refuse à décrire de pareilles horreurs.
La langue se refuse à la foi qui l'anime, les forces manquent, la parole cesse [MASS., Or. fun. Conti.]
Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

PROVERBE

    Tel refuse qui après muse, ou qui refuse muse, c'est-à-dire on se repent d'avoir refusé ce qui était offert.
À Genève on dit : qui refuse n'use.

REMARQUE

  • 1. Avec un infinitif, refuser prend ordinairement la préposition de : Il a refusé de marcher ; il vous a refusé de faire la démarche. Quand il s'agit de choses pour lesquelles, si on les accordait, on pourrait dire, donner à, refuser prend la préposition à : Il lui a refusé à dîner, à déjeûner.
  • 2. Corneille a dit :
    J'aurais peine, seigneur, à lui refuser grâce [CORN., Sertor. I, 3]
    On a contesté la correction de cette phrase. Mais pourquoi ne dirait-on pas refuser grâce, comme demander grâce ?

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qui dreite lei et dreit jugement refusera [, Lois de Guill. 41]
  • XIIe s.
    Et mes fins cuers [cœur] me fait d'une amorete Si douz present que [je] ne l'os refuser [, Couci, VI]
    Par sainte obedience [il] a mandé [à] saint Thomas, Que s'il puet faire pes, qu'il ne la refust pas [, Th. le mart. 112]
    Mais altrement font ces choses li ellieu [les élus] et altrement li renfuseit [les refusés] [, Job, p. 452]
  • XIIIe s.
    Et cil [l'aiglon] qui les oils [yeux] remue [en face du soleil], est refusez et gitez dou nif comme bastars [BRUN. LATINI, Trésor, p. 196]
    La vie contemplative refuse le monde, et se delite [délecte] en Dieu seulement [ID., ib. p. 458]
    Il oï parler de la grant carité de l'hospital d'Acre, et oï dire que nus mesaisiés [malade] n'i estoit refusés [, Chr. de Rains, p. 107]
    Ele [la dame] a, espoir [peut-être], tel refusé Dont ele se repentiroit, S'ele recouvrer i pooit [, Lai du conseil]
    Riens n'i perdent li refusé, Fors tant cum il i ont musé [, la Rose, 7609]
    Qui ne les refuse [les juges] avant que jugement soit fes, il ne les pot refuser fors par apel [BEAUMANOIR, LXVI, 1]
  • XVe s.
    Ils refuserent à payer [FROISS., I, I, 275]
    [Ils] esperonnerent leurs chevaux de grand voulonté ; mais à ceste premiere lance ils faillirent, car les chevaux refuserent [ID., liv. IV, p. 41]
    Son mary l'a refusée d'une robbe, dont elle est bien couroucée [, Les 15 joyes du mariage, p. 81, dans LACURNE]
    Tel reffuse au premier jour ung marché, qui au second le octroye [, Perceforest, t. IV, f° 111]
  • XVIe s.
    Chiron refusa l'immortalité [MONT., I, 89]
    Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire [ID., I, 166]
    La philosophie ne doibt estre refusée ny aux festins ny aux jeux [ID., I, 182]
    Je ne veulx pas qu'on refuse, aux charges qu'on prend, l'attention.... et le sang au besoing [ID., IV, 152]
    Il ne le demanda point [à être censeur], pour la doubte qu'il eut d'en estre refuzé [AMYOT, Marius, 55]
    Ilz refuzerent de passer oultre [ID., Lucul. 63]
    Et qui plus est, quand il cuida entrer au logis de Caton, on luy refusa la porte, à cause que... [ID., C. d'Ut. 49]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. refusar, refudar, refuidar ; espagn. rehusar ; ital. rifiutare. Mot incertain. L'italien rifiutare vient du latin refutare qui avait pris de bonne heure dans la basse latinité le sens de refuser. Mais le changement du t en s ne s'explique ni dans l'espagnol rehusar, ni dans le français refuser. Diez suppose qu'il y a eu confusion entre le latin recusare et refutare, et qu'il en est résulté un verbe mixte où se trouvent l'f et l's. Cette conjecture est ingénieuse, sans être tout à fait sûre. Recusare avait donné reüser.

refuser

REFUSER. v. tr. Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé; Ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné. On lui a refusé la grâce qu'il demandait. Il ne peut rien refuser à ses amis. Il a refusé son consentement. Il a refusé de me prêter de l'argent. Refuser obéissance. Il refuse de payer, de travailler.

Il s'emploie absolument dans la même acception. Il refuse si poliment qu'on ne peut pas se fâcher. Je me vois dans la nécessité de refuser. Il refusa net.

Refuser la porte à quelqu'un, Ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu, de quelque maison, etc. Il s'est présenté pour entrer au bal, on lui a refusé la porte.

En termes de Manège, Ce cheval refuse l'obstacle, il refuse à l'obstacle, On ne peut pas l'obliger à franchir l'obstacle.

En termes de Marine, Le vent refuse, Le vent devient contraire.

REFUSER se dit aussi en parlant des Personnes auxquelles on refuse, ou dont on ne veut pas. Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu'ils lui demandent. Il a déjà refusé tous ceux qui l'en ont prié. Il refuse tout le monde. J'ai offert de servir, mais j'ai été refusé.

Refuser sa fille en mariage, Ne pas vouloir donner sa fille en mariage à quelqu'un qui la demande. Refuser une jeune fille en mariage se dit aussi de Celui qui ne veut pas épouser une jeune fille qui lui est proposée en mariage. On dit également : Cet homme a refusé un bon parti; cette jeune fille a refusé un parti avantageux; on lui a refusé la main de cette jeune fille. On peut dire encore dans le même sens et d'une manière absolue : Refuser, être refusé. Il désirait épouser cette jeune fille; il en a été refusé. Il m'a proposé sa fille; je l'ai refusée.

REFUSER signifie aussi Rejeter une offre, ne pas accepter ce qui est offert. On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l'a refusé. Refuser des présents. Refuser des offres. Refuser un emploi. Refuser des conditions avantageuses. J'ai refusé d'aller chez lui.

Absolument et proverbialement, Tel refuse, qui après muse, ou Qui refuse, muse, Celui qui refuse ce qui lui est offert perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera pas.

REFUSER signifie encore Ne pas admettre. On a refusé du monde à la porte. Il a été refusé à son examen. La pièce a été refusée.

Il s'emploie aussi au figuré; et alors il signifie simplement Ne pas donner, ne pas accorder. La nature lui a refusé la beauté. La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente. Je ne puis refuser mon admiration, mon estime à une telle conduite.

En termes de Tactique, il signifie Éviter d'engager, ne pas avancer. L'ennemi refusait sa droite.

SE REFUSER, avec un complément direct, signifie Ne pas se permettre, se priver de. C'est un avare qui se refuse le nécessaire, jusqu'au nécessaire. C'est un homme charitable qui se refuse tout pour faire plus de bien aux pauvres. Il est très prodigue et ne se refuse rien. C'est un homme qui ne s'est jamais refusé un bon mot, une plaisanterie.

Avec un complément indirect, il signifie Ne pas vouloir faire une chose. Je me refuse à croire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on lui demande, à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien pour obliger. On dit de même, familièrement : Il ne se refuse à rien.

Se refuser à une chose, Ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre, y résister. Il se refuse aux plaisirs les plus innocents. Il est impossible de se refuser à la force de ses raisons. Ce serai se refuser à l'évidence.

Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, Le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

refuser

Refuser, Abnegare, Denegare, Aspernari, Recusare.

Refuser à faire quelque chose, Fastidire, Diffugere, Refugere, Negare.

Refuser à prendre ou à bailler, Abnuere.

Refuser et nier en faisant signe de la teste, Renuere.

Refuser de porter aucun faix, comme trop pesant, Grauari.

Il ne le devroit pas refuser pour juge, Iudicem refugere non deberet.

Ne refuser point l'offre, Conditione vti, Conditionem accipere.

Qui fuit et refuse de faire quelque chose, Detrectator.

Refuser tout à plat, Praecidere postulata, B.

Refuser d'obeyr à justice, Imperium iudicis detrectare et abnuere, Budaeus.

Refuser obeissance, Aspernari imperium et abnuere, Detrectare, vel Recusare imperium, B.

Refuser et delayer de signer un appoinctement accordé, Prolatando detrectare subnotationem conuenti iudicialis, B.

Refuser le renvoy d'une chose, Negare se causam relegaturum, vel reiecturum, B.

Refuser un serment deferé, Oblatum iusiurandum recusare et respuere, B.

Estre refusé, Ferre, vel Referre repulsam, Pati vel accipere repulsam.

Apres avoir esté trois fois refusé, Post tres repulsas.

Vous m'avez fait cet honneur apres en avoir passé et refusé plusieurs, Hoc honore me affecistis multis post habitis.

Je leur ay refusé et si ne s'en sont mescontentez, Hoc ego Pompeio petenti et Torquato nostro negaui, et iis probaui, Budaeus ex Cic.

Synonymes et Contraires

refuser

verbe refuser
1.  Ne pas accepter ce qui est offert.
3.  Ne pas vouloir faire une chose.
5.  Ne pas reconnaître.

refuser (se)

verbe pronominal refuser (se)
Traductions

refuser

ablehnen, versagen, abschlagen, ausschlagen, verweigern, weigern, abweisen, ausmerzen, refüsieren, herunterdrehenrefuse, reject, decline, withhold, turn down, deny, disallow, disavow, dismiss, shun, spurnafwijzen, weigeren, afkeuren, terugwijzen, vertikken, afslaan, hetverdommen, ontzeggen, schralen [wind], versmaden, nee zeggen tegen, verwerpen, wraken, bedankenהשיב בשלילה, מיאן (פ'), סירב (פיעל), שלל (פ'), הֵשִׁיב בִּשְׁלִילָה, סֵרֵב, מֵאֵןafslaan, afwimpel, afwys, bedank, weierrefusarafslå, afvise, nægte, sige nej tak til, vægre sigmalakceptirechazar, rehusar, suspender, declinarmenolak, tolakafþakka, neitarifiutare, rifiutarsi, negare, respingere, ricusare, declinare断る, 小さくする, 拒否する거절하다nekte, takke nei til, avviserecusar, indeferir, negar-se a, refuidar, rejeitarvägra, neka, tacka nej till, tacka nejαρνούμαι, απορρίπτωيَرْفُضُ, يَرْفِضُodmítnoutkieltäytyä, torjuaodbitiodmówić, opaśćотказыватьปฏิเสธgeri çevirmek, reddetmektừ chối拒绝垃圾 (ʀəfyze)
verbe transitif
1. dire non à qqch refuser une invitation
2. ne pas vouloir faire qqch suivi d'un inf. Il refuse de partir.
3. ne pas donner refuser une autorisation
4. ne pas accepter à un examen refuser un candidat

refuser

[ʀ(ə)fyze]
vt
[+ offre, invitation] → to refuse, to turn down
refuser un ordre → to refuse to obey an order
refuser de faire → to refuse to do
Il a refusé de payer sa part → He refused to pay his share.
refuser que qn fasse → not to let sb do
Il a refusé qu'on le transporte en ambulance → He refused to go in the ambulance., He wouldn't let them take him in the ambulance.
je refuse que ...
Je refuse qu'on me parle ainsi! → I won't let anybody talk to me like that!
[+ accès, permission] → to deny
refuser qch à qn → to refuse sb sth
On lui a refusé une augmentation → He was refused a pay rise.
[+ spectateurs] → to turn away
refuser du monde → to have to turn people away
(ÉDUCATION) [+ candidat] → to fail
vi (= dire non) → to refuse [ʀ(ə)fyze]
vpr/vi
se refuser à faire qch → to refuse to do sth
Je me refuse à accepter ce genre de travail → I refuse to accept this kind of work.
se refuser à qch
Il se refuse à toute compromission avec le nouveau régime → He refuses to compromise in any way with the new regime.
Il s'est refusé à tout commentaire → He refused to comment.
vpr/réfl
se refuser qch → to deny o.s. sth
Il se refusait le moindre plaisir → He denied himself any pleasure.
ne rien se refuser → not to stint oneself
Il ne se refuse rien → He doesn't stint himself.
se refuser à qn → to refuse sb