refuir

(Mot repris de refuyez)

REFUIR

(re-fuir) v. n.
Terme de chasse. Il se dit du cerf et des animaux qui reviennent sur leurs pas pour donner le change. Se dit aussi du gibier qui fuit simplement devant les chasseurs.
Même sens que fuir, mais avec un degré d'énergie de plus.
Mais il y faut venir : c'est en vain qu'on recule, C'est en vain qu'on refuit, tôt ou tard on s'y brûle [CORN., Mél. I, 1]
V. a. Éviter, se détourner de.
C'est ainsi que la terre, au retour du printemps, Des grâces du soleil se défend quelque temps, De ses premiers rayons refuit les avantages, Et pour les repousser élève cent nuages [CORN., Victoires du roi.]
Que tout ce qu'il abhorre et tout ce qu'il refuit, Si tôt que cette grâce [de Dieu] entre dans la balance, Devient tout ce qu'il aime et tout ce qu'il poursuit [ID., Imit. II, 12]
Vois arriver sans trouble et supporte sans bruit Tout ce qu'obstinément ta volonté refuit [ID., ib. II, 40]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    De vous amer onques ne me refui ; Puis cele heure, dame, je vostre fui, Que mes fins cuers [cœur] vous fist tant à moi plaire [THIBAUT, Chansons mass. p. 32, dans LACURNE]
    Cil qui en chastel assegé sont, Quant sont environné entour, Il refuient tout ce qu'il ont Et le retraient en la tour [DU CANGE, refugium.]
  • XVe s.
    Et ne sçai où refuir Pour garir Ne amenrir [amoindrir] Les grieftés qu'en moi je truis [je trouve] [FROISS., Poés. mss. p. 269, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Les dangiers se refuyent de moy, quelque part que je soys, sept lieues à la ronde [RAB., Pant. III, 47]
    Si entendez pourquoy un cinge en une famille est toujours mocqué et hercelé, vous entendrez pourquoy les moines sont de tous refuyz, et des vieulx et des jeunes [RAB., Garg. I, 40]
    Il ne fault ny fuir la vie, ni refuir à la mort [MONT., I, 89]
    Mon ame, de sa complexion, refuyt la menterie [ID., III, 52]
    Il prit une autre route pour s'en refouir en Asie par les isles [AMYOT, Lyc. 15]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. refugir ; espagn. rehuir ; ital. rifuggire ; du latin refugere, de re, et fugere (voy. FUIR).

refuir

REFUIR. v. intr. T. de Chasse. Il se dit du Cerf ou autre animal qui, lorsqu'il est poursuivi, revient sur ses pas, afin de donner le change.

refuir

Refuir, Refugere, voyez Fuir.

Refuir et refuser de faire quelque labeur, Fugere, vel Refugere laborem.

Refuir sur soy, est dit du cerf, quand il reprent les voyes de son buisson, et par où il est venu, Cubile repetere.

Refuiant le labeur, Fugiens laboris.