regrattier, ière

REGRATTIER, IÈRE

(re-gra-tié, tiè-r') s. m. et f.
Celui, celle qui vend en détail, et de seconde main, des marchandises de médiocre valeur. Anciennement, regrattiers, ceux qui vendaient du sel à petite mesure, dans les pays de gabelle.
Fig. et familièrement. Celui qui a l'habitude de faire des réductions sur les petits articles d'un compte. C'est un regrattier, un franc regrattier.
Fig. Écrivassier, compilateur ignorant.
Je me garde bien d'en user comme ces regrattiers insolents de la littérature, ces faiseurs d'observations à tant la feuille qui usurpent le nom de journalistes.... [VOLT., Dict. phil. Vers.]
Les regrattiers de nouvelles littéraires, qui écrivent ici les sottises de Paris [ID., Lett. d'Argental, 14 nov. 1750]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Nus [nul] ne puet [peut] estre regratiers de pain, c'est à savoir venderes de pain que autres fourniece et guise [cuise], se il n'achate le mestier du roy [, Liv. des mét. 31]
    Espiciers et regratiers, On vous tiendra pour musart, Se vers vous n'avez renart [, Queue de renart]
  • XIVe s.
    Regretier [DU CANGE, auscionarius.]
  • XVe s.
    Faulz laboureurs, faulz couratiers, Faulz marcheans, faulz regratiers [, Mir. de Ste Genevieve]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. regratier ; espagn. regatero, regaton, regatear, user de subterfuge, et marchander, liarder ; ital. rigattiere. Dans l'état actuel, il n'est pas possible de mettre sous un même chef d'une part le français et le provençal, d'autre part l'espagnol et l'italien ; l'r ne permet pas de les confondre. Il est vraisemblable que le français et le provençal viennent de gratter ; quant à l'espagnol et à l'italien ils viennent de gato, gatto, chat : faire le chat.