rejet

(Mot repris de rejets)

rejet

n.m.
1. Action de rejeter, de renvoyer hors de soi ; ce qui est rejeté : Le rejet d'une épave par la mer. Les rejets chimiques d'une usine.
2. Action de rejeter, de ne pas agréer : Le rejet d'une demande de révision d'un procès refus
3. Réaction de défense par laquelle le système immunitaire tend à détruire un tissu, un organe greffé.
4. Pousse qui se développe à partir d'une tige ou à partir d'une souche d'arbre coupé.
5. En versification, action de rejeter au début du vers suivant un ou plusieurs mots nécessaires au sens ; le ou les mots ainsi rejetés : « Le berger » est un rejet dans « Même il m'est arrivé quelquefois de manger / Le berger » [La Fontaine].

REJET

(re-jè ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des re-jè-z heureux ; rejets rime avec paix, succès, faits, etc.) s. m.
Action de rejeter ; état de ce qui est rejeté. En termes de travaux des champs, la terre rejetée de côté quand on creuse un fossé. Terme d'exploitation. Position de couches dont une faille a dérangé le plan de stratification, de manière qu'une partie de la formation est plus élevée d'un côté de la faille que de l'autre.
Seconde immersion qu'on fait subir aux laines teintes en bleu.
Terme de fontainier. Petit bout de tuyau en plomb que l'on soude sur un corps de pompe, et par où s'échappe l'eau qui est aspirée.
Se dit quelquefois d'un essaim d'abeilles, de jeunes abeilles qui sortent de la ruche.
Terme de chasse. Se dit de petites baguettes pliantes avec lesquelles on fait des piéges qui portent le même nom.
On la prend [la bécassine] plus aisément avec un rejet semblable à celui qu'on place dans les sentiers des bois pour prendre la bécasse [BUFF., Ois. t. XIV, p. 258]
Terme de métrique. Mots que l'on rejette au vers suivant. Un rejet heureux.
Terme de finance. Renvoi d'une partie d'un compte sur un autre chapitre. Dans l'ancienne administration, faire le rejet d'une taxe sur une paroisse, réimposer la paroisse pour atteindre un chiffre voulu de contribution.
Fig. Action de rebuter, de ne pas admettre. Le rejet de vos propositions. Le rejet d'une loi, d'un pourvoi.
Nouvelle pousse d'une plante, d'un arbre, c'est-à-dire cela qui est rejeté, ou jeté hors.
Cette reconnoissance de chacune vente vous fera découvrir encore les surmesures et tous les abus qui ont été commis en l'exploitation, qui souvent ont ruiné les ventes et en ont empêché le rejet, [, Lett. etc. de Colbert, IV, 185]
On voyait encore dans un champ anciennement moissonné quelques rejets de maïs [CHATEAUB., Natch. 2e part.]
10° Rejeton. Les rejets d'un arbre.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le fossé appartient à celui sur lequel est le rejet ; car qui douve a, si a fossé [LOYSEL, 289]
    Un fol amant à maints maulx est sujet ; Après un ris on fait de lui rejet ; S'il est joieus avant qu'il soit une heure, Il est dolent, et si lamente et pleure [, Les triomphes de la noble dame, f° 267, dans LACURNE]
    Si tu permets, Cesar, repulluler de moy Un si meschant reject, chacun dira de toi.... [DU BELLAY, III, 73, recto.]
    Haies vifves de grenadiers, coudriers, coigners, et semblables plantes de rejet [O. DE SERRES, 149]
    Nul ne peut mener bestes aumailles, chevalines, chievre, ou autre, qui peuvent porter dommages au reject es bois taillis, jusqu'à ce qu'ils soient defensables [, Coust. gén. t. I, p. 210]

ÉTYMOLOGIE

  • Re..., et jet ; provenç. reget, ruade.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • REJET. - HIST. Ajoutez : XIVe s.
    Certain lieu que il disoient avoir esté et devoir estre voie publique, de vint et deux piez ou environ, depuis le regiet des fossés de ladicte ville (1346) [VARIN, Archives administrat. de la ville de Reims, t. II, 2e part. p. 1128]

rejet

REJET. n. m. Action de repousser une chose, de n'en pas vouloir, de ne pas l'admettre. On a ordonné le rejet de cette pièce comme inutile, falsifiée, supposée. Il a voté pour le rejet de la loi proposée. Il s'est prononcé pour le rejet de la proposition. Le rejet d'un pourvoi, d'une demande.

En termes de Finance, il se dit du Renvoi d'une partie d'un compte, qui doit être portée sur un autre chapitre du même compte ou sur un autre compte. Cet article de dépense ayant paru déplacé, on en a ordonné le rejet sur un autre chapitre de compte.

En termes de Versification, il se dit d'Un ou de plusieurs mots que l'on rejette au vers suivant.

En termes d'Agriculture, il se dit du Nouveau bois, de la nouvelle pousse d'une plante, d'un arbre. Voilà le rejet de cette année. Ce n'est encore là que le rejet d'une année.

Il se dit aussi pour Rejeton. Les nombreux rejets de cet arbre empêchent qu'il ne profite.

rejèt


REJèT, s. m. REJETABLE, adj. REJETER, v. a. REJETON, s. m. [1re e muet; 2e è moy. au 1er, e muet aux trois aûtres: devant la syll. fém. l'e muet se change en è moy. il rejette ou rejète, il rejettera ou rejètera. = Anciènement, on écrivait reject, rejecter: on écrivit ensuite rejetter, rejetton, etc. et plusieurs l'écrivent encôre de même; mais cette ortographe désigne que l'é est fermé, et il est muet: il ne faut donc mettre qu'un t devant la syllabe masculine, nous rejetons, je rejetai, il rejeta, rejetant, etc. Devant l'e muet, il faut mettre deux t, ou mettre un accent gràve sur l'e: il rejette ou il rejète, pour marquer que l'e est moyen.] Rejèt se dit de la nouvelle pousse d'une plante, d'un arbre. = En termes de Pratique, pièce, qui est rejetée d'un procês: on a ordoné le rejet de cette pièce.
   REJETABLE, qui doit être rejeté: proposition, preuve, pièce rejetable.
   REJETER, c'est 1°. Jeter une seconde fois. "Rejetez-moi la balle: je vous la rejèterai. = 2°. Repousser. "On lui avait jeté la balle: il la rejeta avec vigueur. = 3°. Jeter une chôse dans l' endroit d'où on l'avait tirée. "Il trouva le poisson trop petit: il le rejeta dans l'eau. = 4°. Jeter dehors. "Ce que la mer rejète sur le rivage. "Il a rejeté tout ce qu'il a mangé. = 5°. En parlant des arbres, repousser, aprês avoir été coupé. "Cet arbre a rejeté de nouvelles branches. Et neutralement: il rejète par le pied. = 6°. Fig. Rebuter, n'agréer pas, ne vouloir pas accepter ou recevoir. "Rejeter des ofres, des propositions, etc.
   Rem. On dit qu'une chôse nous jèterait trop loin, pour dire qu'elle ocasionerait de longues discussions. Un Auteur anonime a dit dans le même sens, rejeter trop loin. "Le Baron de Montesquieu eut des mortifications à dévorer. Peut être s'en étoit-il atiré quelques-unes; examen, qui nous rejeteroit trop loin. — Je n'ôse ni condamner, ni aprouver cette façon de parler. = Rejeter sur est fort en usage au figuré. "Ne rejetons pas sur la sagesse, les faûtes des sages. Millot. "Les prétendus sages ont encore plus de tort de rejeter sur la Religion les crimes des chrétiens, qu'elle condamne si sévèrement. = Rejeter pour renvoyer, est tout au moins d'un usage douteux. "Le Gouverneur dona ordre que le sacrifice fut rejeté à un aûtre jour. Let. Édif. — L'Acad. ne le met pas dans ce sens.
   REJETON, nouveau jet, que pousse un arbre par le pied ou par le tronc. = Fig. dans le style soutenu, et surtout en poésie, on dit les rejetons pour les descendans. "D'Illustres~ rejetons d'une anciène maison.
   D'une tige coupable il craint un rejeton:
   Il veut avec leur soeur ensevelir leur nom.      Phèdre.
  S'il reste un rejeton de la race d'Alcide,
  De quinze ans de travaux j'ai perdu tout le fruit.
       Mérope.

Synonymes et Contraires
Traductions

rejet

rejection, discharge, shootדחייה (נ), הדחקה (נ), הידחות (נ), מיאון (ז), נתיזה (נ), פליטה (נ), שלילה (נ), הַדְחָקָה, מֵאוּן, שְׁלִילָה, נְתִיזָה(het) achter aan de zin plaatsen [taal], (het) teruggooien, afstoting [medisch], afwijzing, enjambement [vers], loot, spruit, uitgegraven grond, weigering, verwerping, afkeuringbocciatura, brocco, germoglio, pollone, rigettoAblehnungотхвърляне拒絕hylkääminen거부avslag (ʀəʒɛ)
nom masculin
1. action de refuser le rejet d'une demande
2. réaction d'intolérance du corps rejet après une greffe

rejet

[ʀəʒɛ] nm
[propositions] → rejection
l'approbation ou le rejet des propositions → approval or rejection of the proposals
(MÉDECINE) [greffe] → rejection
(POÉSIE)enjambement
(BOTANIQUE)shoot