rendre


Recherches associées à rendre: aller, prendre, rendre compte, se rendre, se rendre compte

rendre

v.t. [ du lat. reddere, donner en retour, altéré par prehendere, saisir ]
1. Restituer à qqn ce qu'il a prêté : Il ne m'a pas rendu mon stylo redonner ; garder rembourser
2. Renvoyer, rapporter à qqn ce que l'on a reçu de lui et que l'on ne veut ou ne peut garder : Elle lui a rendu la bague qu'il lui avait offerte. Cette jupe est abîmée, je vais la rendre à la commerçante rapporter, retourner
3. Faire revenir qqn à un état antérieur ; ramener qqch à sa destination première : Cette nouvelle lui a rendu le sourire. Rendre une église désaffectée au culte.
4. Donner en retour, en échange : Rendre une invitation inviter ceux qui vous ont invité ; retourner
5. Formuler un avis, un jugement, oralement ou par écrit : Rendre une sentence émettre, prononcer
6. Fam. Expulser par la bouche ce qui est contenu dans l'estomac : Rendre son petit déjeuner vomir
7. Émettre tel ou tel son : Cet instrument de musique rend des sons graves produire
8. Faire passer qqn, qqch à un nouvel état, les faire devenir tels : Ton départ l'a rendu furieux. Rendre un cours d'eau navigable.
Bien le rendre à qqn,
avoir en retour le même sentiment à son égard : Elle me déteste, mais je le lui rends bien.
Rendre les armes,
s'avouer vaincu.

rendre

v.i.
Avoir un certain rendement : Cette année, les pommiers ont bien rendu produire

se rendre

v.pr.
1. Aller quelque part : Se rendre à Lyon.
2. Cesser le combat : Se rendre à l'ennemi capituler se livrer
3. Agir de façon à être, à devenir, à apparaître tel : Elle fait tout pour se rendre indispensable.
Se rendre à l'évidence,
admettre ce qui est incontestable.
Se rendre maître de,
s'emparer de.

rendre


Participe passé: rendu
Gérondif: rendant

Indicatif présent
je rends
tu rends
il/elle rend
nous rendons
vous rendez
ils/elles rendent
Passé simple
je rendis
tu rendis
il/elle rendit
nous rendîmes
vous rendîtes
ils/elles rendirent
Imparfait
je rendais
tu rendais
il/elle rendait
nous rendions
vous rendiez
ils/elles rendaient
Futur
je rendrai
tu rendras
il/elle rendra
nous rendrons
vous rendrez
ils/elles rendront
Conditionnel présent
je rendrais
tu rendrais
il/elle rendrait
nous rendrions
vous rendriez
ils/elles rendraient
Subjonctif imparfait
je rendisse
tu rendisses
il/elle rendît
nous rendissions
vous rendissiez
ils/elles rendissent
Subjonctif présent
je rende
tu rendes
il/elle rende
nous rendions
vous rendiez
ils/elles rendent
Impératif
rends (tu)
rendons (nous)
rendez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais rendu
tu avais rendu
il/elle avait rendu
nous avions rendu
vous aviez rendu
ils/elles avaient rendu
Futur antérieur
j'aurai rendu
tu auras rendu
il/elle aura rendu
nous aurons rendu
vous aurez rendu
ils/elles auront rendu
Passé composé
j'ai rendu
tu as rendu
il/elle a rendu
nous avons rendu
vous avez rendu
ils/elles ont rendu
Conditionnel passé
j'aurais rendu
tu aurais rendu
il/elle aurait rendu
nous aurions rendu
vous auriez rendu
ils/elles auraient rendu
Passé antérieur
j'eus rendu
tu eus rendu
il/elle eut rendu
nous eûmes rendu
vous eûtes rendu
ils/elles eurent rendu
Subjonctif passé
j'aie rendu
tu aies rendu
il/elle ait rendu
nous ayons rendu
vous ayez rendu
ils/elles aient rendu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse rendu
tu eusses rendu
il/elle eût rendu
nous eussions rendu
vous eussiez rendu
ils/elles eussent rendu

RENDRE

(ran-dr') , je rends, tu rends, il rend, nous rendons, vous rendez, ils rendent ; je rendais ; je rendis ; je rendrai ; je rendrais ; rends, rendons ; que je rende ; que je rendisse ; rendant, rendu v. a.

Résumé

Remettre une chose, une personne à celui à qui elle appartient, redonner.
En marine, rendre son bâtiment après le désarmement ; rendre le quart.
Remettre à son adresse.
Voiturer, porter, conduire.
Rendre de l'ouvrage, le remettre à celui à qui il est destiné.
Transmettre.
Fig. S'acquitter, en parlant de certains devoirs.
Rendre service, obliger. En un sens contraire, rendre des mépris, des déplaisirs.
Rendre preuve, faire acte.
10° Payer de retour.
11° Rendre combat. Rendre résistance.
12° Faire recouvrer ce qui a été perdu.
13° Remettre en un certain état, avec un nom de personne pour régime.
14° Faire devenir, faire qu'une chose ou une personne devienne ce qu'elle n'était pas auparavant.
15° Produire, rapporter.
16° Il se dit du suc qui sort de certaines choses.
17° Exhaler. Rendre l'âme, l'esprit.
18° Faire entendre.
19° Rejeter par les voies naturelles ou autrement.
20° Livrer, céder. Rendre les armes.
21° Rendre la bride, la main à un cheval.
22° À certains jeux, donner un avantage à l'adversaire.
23° Représenter, exprimer.
24° Traduire.
25° Répéter.
26° Rendre témoignage, certifier, témoigner.
27° Rendre un arrêt, une sentence, un oracle. Rendre la justice, rendre justice.
28° Rendre ses comptes, rendre compte.
29° V. n. Aboutir.
30° Cette raquette rend bien, rend mal.
31° Rendre, en parlant d'un cordage.
32° V. réfl. Se rendre, être rendu, donné en retour.
33° Se rendre à quelque chose, reprendre quelque chose.
34° Aller, se transporter.
35° Aboutir.
36° Devenir, se faire tel.
37° Céder, se soumettre.
38° Il se dit de l'amour qui obtient la victoire.
39° À la guerre, il se dit de villes qui se soumettent, de troupes qui capitulent.
40° N'en pouvoir plus.
41° Être prononcé.
42° Être traduit.
Remettre une chose, une personne à celui à qui elle appartient, redonner.
Je ne pus m'empêcher de lui répondre [à un seigneur qui hésitait à se lancer dans un hasard] : vous devez tant à la fortune, vous avez tant reçu d'elle ; ce ne sera pas lui donner beaucoup, ce ne sera que lui rendre quelque chose [BALZ., De la cour, 4e disc.]
Bien loin d'interrompre le cours de mes desseins, tu ne fais qu'accomplir l'ouvrage que j'ai commencé.... achève donc, ô mort favorable, et rends-moi bientôt à mon maître [BOSSUET, Bourgoing.]
Allez, hypocrites, dit-il : rendez à César ce que vous confessez vous-mêmes être à César, et rendez à Dieu ce qui est à Dieu [BOURDAL., Serm. 22e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. IV, p. 318]
Pour consumer autrui, le monstre [la chicane] se consume, Et, dévorant maisons, palais, châteaux entiers, Rend pour des monceaux d'or de vains tas de papiers [BOILEAU, Lutr. V]
C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde [ID., Sat. IX]
Gardons Proserpine, Les enfers ne rendent rien [QUIN., Proserp. V, 1]
C'est l'usage parmi tous les honnêtes gens : Quand il est survenu rupture ou brouillerie.... On se rend l'un à l'autre et lettres et portraits [REGNARD, les Ménechm. IV, 3]
D'un maudit lansquenet le caprice outrageant M'oblige à te prier de vouloir bien me rendre Cent louis que de moi le besoin te fit prendre [ID., ib. IV, 5]
Nous rendrons aux quatre éléments ce que nous tenons d'eux, après avoir souffert quelque temps par eux, et après avoir été agités de crainte et d'espérance pendant les deux minutes de notre vie [VOLT., Lett. à Mme du Deffant, 1er nov. 1773]
Louis le Germanique avait pris l'Alsace à Lothaire, mais il la rendit ; Charles le Chauve la prit et ne la rendit point [ID., Ann. Emp. Louis II, 869]
Il [Frédéric III] rend le jeune Ladislas à ses peuples ; on l'a beaucoup loué d'avoir été un tuteur fidèle, quoiqu'il n'eût rendu ce dépôt que forcé par les armes [ID., ib. Frédéric d'Autriche, 1450]
Je n'ai guère vu dans les enfants que ces deux espèces de générosité : donner ce qui ne leur est bon à rien, ou donner ce qu'ils sont sûrs qu'on va leur rendre [J. J. ROUSS., Ém. II]
Une autre difficulté encore plus grande, c'est l'argent que je n'ai pas ; beaucoup d'amis m'en offrent ; mais je ne serais pas en état de le rendre, et je ne veux l'aumône de personne [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 4 août 1770]
Rendre le pain bénit, voy. PAIN, n° 6. Rendre le reste d'une pièce de monnaie, donner ce qui reste de la valeur d'une pièce, après avoir pris sur cette pièce ce qui était dû. Rendre à quelqu'un sa parole, le dégager de l'engagement qu'il avait pris.
Moi-même je vous rends le serment qui vous lie [RAC., Iph. IV, 6]
Cléante m'a rendu ma parole de la meilleure grâce [GENLIS, Théâtre d'éduc. la Cloison, sc. 18]
Populairement. Quand il emprunte, c'est à ne jamais rendre, c'est-à-dire il ne rend pas volontiers ce qu'on lui a prêté. Fig. Je lui ai rendu mon estime, ma confiance, mon cœur.
Une fois elle avait rendu son cœur à Dieu [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Mais si ce feu, seigneur, vient à se rallumer, S'il lui rendait son cœur, s'il s'en faisait aimer ? [RAC., Andr. I, 3]
Lysimaque, me dit-il, je te rends mon amitié, rends-moi la tienne [MONTESQ., Lysim.]
Dans un sens analogue, se rendre, rendre à soi-même.
Rends-toi cette vertu pleine, haute, sincère, Qui t'affermit si bien au trône de mon frère [CORN., Perth. V, 2]
Rendre un dépôt, remettre ce qui a été confié. Fig.
Philippe.... examine d'un œil et d'un soin curieux Où les vagues rendront ce dépôt précieux [CORN., Pomp. II, 2]
Terme de marine. Rendre son bâtiment après le désarmement, le remettre et le laisser aux soins des directions du port. Rendre le quart, remettre le service du quart à celui ou à ceux qui le prennent après. Anciennement. Rendre le bord, revenir au port.
Il [le capitaine] ne rendra le bord qu'après avoir consommé tous ses vivres, en sorte qu'il ne lui en reste au plus que pour quinze jours lorsqu'il entrera dans le port où il devra désarmer, [, Ordonn. de 1689, VII, 26]
Remettre à son adresse. Rendre un paquet.
Le cardinal de Bouillon, à qui la lettre était adressée, ne l'a point rendue au roi, et lui en a seulement rendu compte [PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 416]
Ta lettre m'a été rendue à Erzeron où je suis [MONTESQ., Lett. pers. 8]
Voici les lettres que j'ai reçues pour vous ; je suis bien fâché de ne vous les pas rendre en main propre [VOLT., Lett. Rochefort, 28 janv. 1767]
Rendre réponse, faire par écrit une réponse ou transmettre par un messager une réponse.
Voici le fils qui me vient rendre réponse [MOL., Mar. forcé, X]
Rendre un cartel, remettre un cartel.
J'ai charge de sa part de lui rendre un cartel [CORN., Suivante, V, 1]
Voiturer, porter, conduire. Rendre des marchandises en un lieu. Dans ce sens il se dit des personnes. Montez dans ma voiture, et dans une heure je vous rendrai chez vous.
Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je vous rends dans trois mois au pied du Capitole [RAC., Mithr. III, 1]
M. d'Almare veut absolument que nous soyons rendus à Toulon vers les derniers jours d'avril [GENLIS, Ad. et Th. t. II, p. 267, dans POUGENS]
Rendre quelqu'un (avec un qualificatif), le ramener en tel ou tel état.
Ne prétendez nous le rendre ni beau, ni spirituel ; rendez-nous le sain : c'est tout ce qu'on veut [MAINTENON, Lett. à Mme de Ventadour, 30 juill. 1712]
Rendre quelqu'un en quelque lieu, avec un nom de chose pour sujet, l'y faire arriver.
Mais il faut que le ciel lui-même la renvoie, Cette belle rivale ; et tout notre discours Ne la saurait ici rendre dans quatre jours [CORN., Tite et Bérén. I, 3]
Rendre de l'ouvrage, le remettre à celui à qui il est destiné. J'ai donné de l'ouvrage à mon tailleur qui ne me le rend pas.
Transmettre.
Du prince, en apparence, elle reçoit les vœux ; Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane [RAC., Bajaz. I, 1]
Fig. S'acquitter, en parlant de certains devoirs, de certaines obligations, de marques de respect, de civilité.
Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissance [CORN., Poly. III, 4]
J'adore ce grand cœur qui rend ce qu'il doit rendre Aux illustres aïeux dont on vous voit descendre [ID., Sertor. II, 3]
Vous n'avez point rendu gloire au Dieu qui tient dans sa main votre âme et tous les moments de votre vie [SACI, Bible, Daniel, V, 23]
Si on lisait dans le cœur du maître [Louis XIV], je crois que l'on y verrait qu'il estime plus les hommages de M. le Prince [Condé] que ceux que lui pourrait rendre tout le reste de l'univers [LA FONT., Lett. XI]
Et le mari benêt, sans songer à quel jeu, Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu [MOL., Éc. des femmes, I, 1]
Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend [ID., Princ d'Él. II, 4]
Mais, quand on est du monde, il faut bien que l'on rende Quelques dehors civils que l'usage demande [ID., Mis. I, 1]
Les ministres lui rendent [à Mme de Maintenon] la cour que les autres leur font [SÉV., 21 juin 1680]
Mettez la foi et l'obéissance à la place de la raison, passez outre sur ma parole et rendez-moi cette obéissance [BOSSUET, Lett. à Mme du Mans, 27 mai 1701]
Elle que j'avais vue si attentive pendant que je rendais le même devoir [oraison funèbre] à la reine sa mère, devait être, sitôt après, le sujet d'un discours semblable [ID., Duch. d'Orl.]
Le prince victorieux fléchit le genou, et, sur le champ de bataille [Rocroy], il rend au Dieu des armées la gloire qu'il lui envoyait [ID., Louis de Bourbon.]
Il ne fallut pas emprunter la voix d'un prophète inconnu pour lui dire comme à Ézéchias : vous mourrez ; un fils osa rendre ce triste et charitable office à son père, et la fidélité de l'un fit voir la résignation de l'autre [FLÉCH., le Tellier.]
Andromaque elle-même, à Pyrrhus si rebelle, Lui rend tous les devoirs d'une veuve fidèle [RAC., Andr. V, 5]
[à Athènes] Au retour d'une bataille on rendait publiquement les derniers devoirs à ceux qui avaient été tués [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 467, dans POUGENS.]
Quand même vous vous tromperiez.... en rendant à une fausse vertu l'estime et l'honneur qui ne sont dus qu'à la vertu véritable, qu'eu serait-il ? [MASS., Carême, Injust. du monde.]
Je lui rends des respects et des soins [DANCOURT, Parisienne, SC. 3]
Il [Montézuma] met le comble à son avilissement, en rendant hommage de sa couronne au roi d'Espagne [RAYNAL, Hist. phil. VI, 9]
Absolument.
M. de Louvois, toute sa vie, avait une grande considération pour elle [Mme de Boisdauphin, mère de Mme de Louvois], et ses enfants après lui ; c'était une femme aussi qui savait se faire rendre [SAINT-SIMON, 129, 176]
Rendre le devoir conjugal, ou, simplement, rendre le devoir, satisfaire à l'intention du mariage. Rendre une reconnaissance, témoigner de la reconnaissance.
J'ai rendu jusqu'ici cette reconnaissance à ces soins tant vantés d'élever mon enfance [CORN., Héracl. I, 2]
Rendre des honneurs, accorder, décerner des honneurs.
Il n'y a que les républiques qui rendent de tels honneurs [une statue] ; les rois ne donnent que des récompenses [VOLT., Charles XII, 3]
Terme de féodalité. Rendre foi et hommage, rendre aveu, reconnaître en qualité de suzerain. Rendre visite, aller visiter. Fig.
Et quand la mort vient nous rendre visite, Achille est-il plus heureux que Thersite ? [J. B. ROUSS., Épît. I, 1]
Rendre ses visites, faire les visites que l'usage prescrit dans certaines circonstances. Rendre à quelqu'un sa visite, faire une visite à une personne qui est venue vous visiter.
Les croyant de retour, elle avait été chez eux sans les trouver, et ils venaient lui rendre sa visite [GENLIS, Veillées du château t. I, p. 424, dans POUGENS]
Rendre le salut, saluer quelqu'un par qui on a été salué. On dit de même : Je lui ai rendu son salut. Il ne m'a pas rendu mon salut.
Rendre service à quelqu'un, l'obliger.
L'important service qu'il rendait continuellement à l'État, en faisant connaître les hommes capables de remplir les grandes places [BOSSUET, le Tellier.]
Voulez-vous être rare ? rendez service à ceux qui dépendent de vous [LA BRUY., VI]
Richelieu était ingrat, ambitieux, tyrannique ; mais il avait rendu de très grands services [VOLT., Hist. parl. L.]
Rendre de bons offices, de mauvais offices à quelqu'un, servir ou desservir quelqu'un de parole ou d'action.
Ce grand pontife [Robespierre] aux indévots Rendit quelques mauvais offices [M. J. CHÉNIER, Épître à Delille]
Il se dit parfois en un sens tout opposé. Rendre des mépris, témoigner des mépris.
Telle rend des mépris qui veut qu'on l'importune [CORN., Menteur, III, 6]
Rendre un déplaisir, rendre déplaisir, causer un déplaisir, causer déplaisir.
J'offre ces mêmes vœux et ces mêmes hosties Pour ceux dont la malice ou les antipathies M'ont rendu déplaisir, m'ont nui, m'ont offensé [CORN., Imit. IV, 9]
J'ai des parents et des amis parmi eux, à qui j'ai été bien aise de ne rendre pas ce déplaisir [ID., Lett. au P. Boulard, 10 juin 1656]
Rendre preuve, s'est dit pour faire acte de.
La grande preuve qu'il avait rendue de sa vertu l'avait fait honorer de ses sujets et élever en l'état où il était [, Mém. de Villeroy, t. V, p. 105, dans LACURNE]
Ayant rendu toutes les preuves de générosité qu'on saurait attendre d'un prince [ARNAULD D'ANDILLY, Lett. 71, dans GODEFROY, Lex. de Corneille.]
On a dit dans le même sens : rendre témoignage de.
Les témoignages de valeur qu'il [Alexandre] y rendit vont au delà de toute l'imagination [LA FONT., Lett. XI]
10° Payer de retour soit en bien, soit en mal. Rendre la pareille. Rendre le réciproque. Rendre le change.
Et rendons le malheur à qui nous l'a donné [MAIRET, M. d'Asdrub. III, 1]
Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'hui, Comme il parla pour vous, vous parlerez pour lui [CORN., Pomp. I, 1]
L'effet a dû t'apprendre, Quand on feint avec moi, que je sais bien le rendre [ID., Veuve, IV, 8]
Et je ne rendrai pas menace pour menace ! [ID., Nicom. II, 3]
Ici furent portés et rendus tant de coups.... [ROTR., Antig. III, 6]
Enfin, ma fille, il faut que vous soyez ingrate : le moyen de rendre tout cela ? [SÉV., 48]
Je ne rougis pas de pardonner une injure, jusqu'à rendre le bien pour le mal [BOURDAL., Resp. hum. 2e avent, p. 403]
Rendons-lui les tourments qu'elle me fait souffrir [RAC., Andr. II, 1]
J'aurais vu massacrer et mon père et mon frère.... Et moi.... Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage ! [ID., Ath. II, 7]
Si vous ne haïssez pas de me parler, je vous le rends bien, ma chère Angélique [MARIV., l'Épreuve, SC. 8]
On tua prodigieusement de Russes, mais ils nous le rendirent bien [VOLT., Candide, 12]
Vous êtes prêtre papiste, je suis prêtre calviniste, vous m'avez ennuyé, et je vais vous le rendre [ID., Quest. mir. 15]
Je dis ce qui me vient, et l'on peut me le rendre [GRESSET, le Méch. I, 4]
Il faut convenir que sur ce point nous sommes un peu en avance avec eux, et qu'ils ne nous rendent pas fort exactement les louanges que nous leur donnons [D'ALEMB., Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. III, p. 56, dans POUGENS.]
Les coups qu'on sent le plus sont ceux qu'on ne peut pas rendre [ID., Éloges, l'abbé de St-Pierre.]
Cochin n'aime pas Greuze, et celui-ci le lui rend bien [DIDER., Lett. à Falconet, 1767]
Alors il [l'homme statue] remarque que tout ce qu'il touche sur lui rend à sa main sentiment pour sentiment [CONDIL., Trait. anim. ch. 6]
Et pourquoi, lorsqu'il vous bat ainsi, ne le lui rendez-vous pas ? [GENLIS, Veillées du château t. I, p. 80, dans POUGENS]
Au passif et impersonnellement.
Au grand jour où il sera rendu à chacun selon ses œuvres [MASS., Avent, Bonheur.]
Absolument.
Le cheval sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut [BUFF., Morc. choisis, p. 137]
Le cheval rend à la main, il sent la bride et y obéit. Dieu vous le rende, phrase que prononcent d'ordinaire ceux à qui on fait l'aumône ou à qui on rend quelque service.
Que le ciel vous le rende, madame, lui répondis-je [MARIV., Pays. parv. part. 1]
11° Rendre combat, rendre le combat, résister à une attaque, combattre.
Timée, après avoir rendu un glorieux combat, demeura sur la place [VAUGEL., Q. C. 591]
Où sont-ils ces combats que vous avez rendus ? [RAC., Iphig. IV, 4]
La terreur de ses armes [de Charles XII] était si grande, que la moitié de l'armée saxonne s'enfuit à son approche sans rendre le combat [VOLT., Charles XII, 2]
Fig.
Les péchés véniels où ils ont trouvé cette jeune âme rendant du combat et faisant de la résistance.... [BALZ., 7e disc. sur la cour.]
C'en est fait, Angélique, et je ne saurais plus Rendre contre tes yeux des combats superflus [CORN., la Place Roy. V, 4]
J'ai si peu de combats à rendre contre moi-même [J. J. ROUSS., Hél. I, 8]
On a dit de même : rendre résistance, opposer de la résistance.
Des plus cruels tyrans j'emprunte le courroux, Pour tirer cet aveu de la reine ou de vous ; Mais partout je perds temps, partout même constance Rend à tous mes efforts pareille résistance [CORN., Perth. V, 2]
12° Faire recouvrer ce qui a été perdu. Rendre la santé, la vue. Rendre la parole. Rendre la liberté.
La mort de votre amant vous rendra-t-elle un père ? [CORN., Cid, V, 5]
C'est ainsi que sa mort lui rend toute sa gloire, à vous toute l'Égypte, à César la victoire [ID., Pomp. V, 3]
Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté ? [ID., Nicom. IV, 1]
En achevant ces mots, la déesse guerrière.... Rend aux trois champions leur intrépidité [BOILEAU, Lutr. III]
Il faut à votre fils rendre son innocence [RAC., Phèdre, V, 7]
Dieux, vous rendrez Oreste aux larmes de sa sœur [VOLT., Oreste, I, 2]
Le supplice d'un Dieu leur rendra l'innocence [aux humains] [DELILLE, Paradis perdu, X]
Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ? [LAMART., Médit. le Lac.]
Par exagération. Rendre la vie, tirer d'une grande peine.
Et par cette nouvelle il m'a rendu la vie [CORN., Cinna, III, 1]
13° Remettre en un certain état, avec un nom de personne pour régime. Ce médecin le rendit à la santé. Un arrêt de non-lieu l'a rendu à la liberté.
Et vous n'avez, seigneur, qu'à vous y faire voir Pour rendre d'un coup d'œil chacun à son devoir [ID., Othon, V, 2]
Au jour que je fuyais c'est toi qui m'as rendue [RAC., Phèdre, IV, 6]
Tu ne ris du vice des hommes Que pour les rendre à la vertu [LAMOTTE, Odes, t. I, p. 504, dans POUGENS]
Tu me rends à l'espoir, tu me rends à la vie [DUCIS, Othello, II, 1]
Cela le rendit à lui-même, cela le remit en son état ordinaire, fit cesser ses illusions, ses préventions.
Ah ! je vous reconnais ; et ce juste courroux, Ainsi qu'à tous les Grecs, seigneur, vous rend à vous [RAC., Andr. II, 5]
Il n'en fallait pas moins pour me rendre à moi-même ; mais j'y suis rendu, cela est sûr ; ou plutôt je suis tout à l'amitié.... [J. J. ROUSS., Lettre à Mme d'Houdetot, Corresp. t. V, p. 6, dans POUGENS]
Cet excès de fausseté me rend enfin à moi-même [GENLIS, Théât. d'éduc. le Méchant par air, V, 2]
14° Faire devenir, être cause qu'une personne ou une chose devient ce qu'elle n'était pas auparavant.
Qui peut rendre pur celui qui est né d'un sang impur ? [SACI, Bible, Job, XIV, 4]
J'aime tout en vous, et même votre beauté.... ayez pitié de votre portrait, ne le rendez point celui d'une autre [en devenant maigre par la maladie] [SÉV., 18 oct. 1688]
Si vous ne me rendez cet endroit vraisemblable, je croirai que j'ai lu un roman [ID., 19 juill. 1690]
L'amitié qu'elle [Mme de la Fayette] a pour moi, qui la rend sur cette affaire [la nomination de Ch. de Sévigné à la députation] comme si c'était pour son fils [ID., 4 sept. 1689]
La mortification lui rend [au chrétien] la mort familière [BOSSUET, Bourgoing.]
Ces juges sévères qui, selon le langage du prophète, rendent les fruits de la justice amers comme de l'absinthe [FLÉCH., Lamoignon.]
De combien de remords m'ont-ils rendu la proie ! [RAC., Andr. I, 4]
Non, non, mon intérêt ne me rend point injuste [ID., Brit. I, 1]
Aimez, profitez du temps, Jeunesse charmante, Rendez vos désirs contents [QUIN., Isis, II, 7]
Les images des ancêtres rangées en grand nombre dans une salle rendent-elles un homme plus estimable ? [ROLLIN, Traité des Ét. V, 1re part. § 6]
Vous eût-elle [l'Église] appelé à son secours par l'imposition des mains, et rendu participant de ses honneurs, si vous eussiez déclaré que vous ne prétendiez pas entrer en part de ses travaux ? [MASS., Confér. Zèle contre les scand.]
Le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon, si connu par la manière dont il avait fait sa fortune, en rendant catholique ce Law ou Lass, auteur du système qui bouleversa la France [VOLT., Comm. Œuv. aut. Henr.]
Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux ; mais, pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire [J. J. ROUSS., Ém. III]
Il lui rendit les bienfaits odieux, les bienfaiteurs insupportables, la reconnaissance importune [MARMONTEL, Mém. VIII]
Rendre suivi d'un participe passé ; tournure moins usitée qu'avec un adjectif, mais autorisée par les meilleurs auteurs.
Et rendra les desseins qu'ils feront pour lui nuire, Aussitôt confondus comme délibérés [MALH., II, 1]
Rendre en si doux ébat les heures consumées [ID., VI, 25]
Sa réponse rendra nos débats terminés [CORN., Veuve, V, 8]
Un favorable aveu pour ce digne hymenée Rendrait ici sa course heureusement bornée [ID., Tois. d'or, I, 2]
[Qu'il] N'ait rendu de nos dieux le courroux apaisé [ROTR., St Gen. III, 2]
Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris Rend ceux qui sortent avertis Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire [LA FONT., Fabl. VI, 3]
Tandis que le héros admire Cythérée, Elle rend par ces mots son âme rassurée [ID., Adonis.]
Vous me direz, pourquoi cette narration ? C'est pour vous rendre instruit de ma précaution [MOL., Éc. des f. I, 1]
C'est que l'amie [Mme de Maintenon] est d'un orgueil qui la rend révoltée contre les ordres de l'autre [Mme de Montespan] [SÉV., 7 août 1675]
15° Produire, rapporter. Sa ferme lui rend dix mille francs par an.
Quelques grains rendant cent pour un, d'autres soixante, et d'autres trente [SACI, Bible, Évang. St Math. XIII, 8]
Le cabinet de M. de Julienne a rendu à la vente beaucoup au delà de ce qu'il avait coûté [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 7, dans POUGENS]
Le revenu territorial, les douanes et les petites branches de commerce ne rendent pas annuellement, à Ceylan, plus de 2 200 000 livres [RAYNAL, Hist. phil. II, 15]
Absolument.
Le jeu rendait à merveille dans les commencements [HAMILT., Gramm. 2]
J'ai grand nombre d'écoliers ; mais cela rend peu [DANCOURT, le Prix de l'arquebuse, SC. 14]
Comme il y a souvent des années où la chasse et la pêche rendent très peu, ils [les sauvages] sont désolés par des famines fréquentes [MONTESQ., Lett. pers. 120]
Ce métier où l'on devrait mourir de faim ne laisse pas de rendre [ID., ib. 36]
L'État ne peut subsister qu'autant que le travail des hommes rend au delà de leurs besoins [J. J. ROUSS., Contr. III, 8]
Ce n'était [la mine d'Ucantaya, au Pérou] qu'une croûte d'argent presque massif, qui rendit d'abord beaucoup, mais qui fut bientôt épuisée [RAYNAL, Hist. phil. VII, 30]
Fig.
Les du Maine commencèrent à me faire mille avances ; lassés de ce que cela ne rendait pas, ils pressèrent Mme de Saint-Simon de m'amener à Sceaux [SAINT-SIMON, 258, 211]
Ce fermier rend tant de sa ferme, il en paye tant.
Je sais ce qu'un fermier nous doit rendre par an [BOILEAU, Lutr. IV]
16° Il se dit du suc qui sort de certaines choses. Cette orange, cette viande rend beaucoup de jus. Cette volaille a rendu de la graisse.
17° Exhaler. Cette fleur rend une odeur agréable. Fig. Rendre l'âme, l'esprit, le dernier soupir, la vie, mourir.
Prêt à rendre l'âme [BOSSUET, le Tellier.]
Quelques heures après il rendit doucement l'esprit, le dix-septième de janvier de l'année 395, l'an seizième de son empire et la cinquantième de son âge [FLÉCH., Hist. de Théodose, IV, 77]
Je rends dans les tourments une pénible vie [RAC., Phèdre, IV, 6]
Ne me donnez plus de ces vilaines pilules ; elles ont failli à me faire rendre l'âme. - Je voudrais qu'elles t'eussent fait rendre mon drap ! [BRUEYS, Avoc. Pat. II, 3]
18° Faire entendre. Cet instrument rend un son harmonieux.
.... Plainte Qu'encore ne rendrai-je en ces derniers efforts, Si.... [RÉGNIER, Élégie I]
Le zinc rend, lorsqu'on le plie, un petit cri comme l'étain [BUFF., Min. t. V, p. 407]
Son armure en marchant rend un son plus horrible [DELILLE, Én. IX]
19° Rejeter par les voies naturelles ou autrement. Rendre de la bile. Rendre par haut et par bas.
[à Vichy] On tourne, on va, on vient, on se promène ; on entend la messe ; on rend les eaux, on parle confidemment de la manière qu'on les rend : il n'est question que de cela jusqu'à midi [SÉV., 277]
J'ai une médecine à prendre, à rendre et beaucoup de lettres à écrire [MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 1714, t. IV, p. 66, dans POUGENS.]
Le lamantin rend beaucoup de sang par ses blessures [BUFF., Quadrup. t. XI, p. 264]
Ce paysan, âgé de trente-cinq ans, rendit par la bouche, en mai 1759, des salamandres de différentes grandeurs, les unes vivantes, les autres mortes [BONNET, Consid. corps org. t. V, p. 144, dans POUGENS]
Dans le commencement des fièvres et des maladies inflammatoires, les malades rendent ordinairement une urine rouge, très colorée, ardente, imitant presque la couleur de sang, chaude et âcre [FOURCROY, Connaiss. chim. t. X, p. 172]
Nous retirâmes des flots le malheureux Paul sans connaissance, rendant le sang par la bouche et par les oreilles [BERN. DE ST-P., Paul et Virg.]
Cette plaie, ce vésicatoire rend beaucoup, il en sort beaucoup d'humeur. Populairement. Rendre gorge, vomir pour avoir trop bu ou trop mangé ; et fig. restituer par la force ce que l'on a mal acquis. Absolument, rendre, vomir. Fig. et familièrement. Il a bon cœur, il ne rend rien, c'est-à-dire il ne rend pas ce qu'on lui prête.
20° Livrer, céder.
Le gouverneur, vieil et barbu, ne dit au roi que ces paroles : Je viens rendre Gand à Votre Majesté, c'est tout ce que j'ai à lui dire [RAC., Frag. hist.]
Elle trahit mon père, et rendit aux Romains La place et les trésors confiés en ses mains [ID., Mithr. I, 1]
Lorsque, en vertu du traité les troupes françaises qui étaient dans Damiette rendirent cette ville [VOLT., Mœurs, 58]
Une seconde lettre du roi [Xerxès] ne contenait que ces mots : " Rends-moi tes armes. " Léonidas écrivit au-dessous : " Viens les prendre, " [BARTHÉL., Anach. Introd. II, 2]
Fig.
Enfin cette beauté m'a la place rendue, Que d'un siége si long elle avait défendue [MALH., V, 4]
Fig. Rendre les armes, s'avouer vaincu dans une contestation, dans une discussion. Rendre les armes signifie aussi s'avouer charmé.
À prudence endormie il faut rendre les armes [MOL., Fem. sav. III, 2]
Rendre la main, céder le tour, céder la place.
Ont-ils la main, ils dansent, ils se font danser les uns les autres, ils dansent encore, ils dansent toujours, ils ne rendent la main à personne de l'assemblée [LA BRUY., XVI]
21° Terme de manége. Rendre la bride à son cheval, la tenir moins haute, moins ferme.
Serrer les genoux, appuyer des éperons, rendre la bride [VOLT., Bl. et noir.]
Rendre la main, lâcher un peu la bride.
22° À certains jeux, donner à l'adversaire un avantage. Aux échecs, rendre un pion, un fou, un cavalier, se priver soi-même d'un pion, d'un fou, d'un cavalier.
Si je me suis laissé battre, c'est par pure courtoisie, et je vous rendrai la tour au lieu du fou tant qu'il vous plaira [CH. DE BERN., le Gentilh. camp. II, § 13]
Rendre des points dans les jeux où l'on compte par points comme les dominos, le billard, etc. Fig. Rendre des points, être plus fort, se croire plus fort que l'adversaire.
En toutes choses, je suis homme à lui rendre des points [CH. DE BERN., les Ailes d'Icare, § 1]
23° Représenter, exprimer.
Est-ce une marque de supposition ou de nouveauté, que la langue de l'Écriture soit si ancienne, qu'on en ait perdu les délicatesses, et qu'on se trouve empêché à en rendre toute l'élégance ou toute la force dans la dernière rigueur ? [BOSSUET, Hist. II, 13]
Pourvu qu'on forme un tout qui rende parfaitement l'original [HAMILT., Gramm. 1]
Aucune expression n'y peut atteindre ; vous n'êtes fidèlement rendue que dans mon cœur [MARIV., l'Heur. stratag. I, 12]
Ces nuances-là étaient délicates à saisir ; je ne sais si je les ai bien exprimées, mais je sais qu'il sera difficile à une actrice de les rendre [VOLT., Lett. d'Argental, 14 déc. 1751]
Le livre [le conte du Tonneau de Swift] est très mal traduit en français ; il n'était pas possible de rendre le comique dont il est assaisonné [ID., Mél. litt. Lett. à M. le prince de ***, 5]
C'est la même idée, mais elle est grossièrement rendue dans Garnier, et admirablement dans Corneille ; l'expression fait la poésie [ID., Comm. Corn. Rem. Pomp. V, 1]
Thymèle, du temps de Domitien, fut à Rome ce que la fameuse Empuse avait été dans la Grèce ; il n'y avait point d'action théâtrale qu'elle ne rendît avec la force, la vivacité et l'énergie dont elle était susceptible [CAHUSAC, Dans. anc. et mod. I, III, 3]
Pour rendre ces sortes d'effets, il faut un pinceau et non pas des paroles [BUFF., Ois. t. V, p. 436]
Nous remarquerons que penser et bien rendre ce qu'on pense sont deux choses bien différentes [CONDIL., Gramm. I, 9]
Voilà ce que le papier ne peut jamais rendre ; voilà où le geste triomphe du discours ! [DIDER., Lett. sur les sourds et muets]
On rend avec netteté ce que l'on conçoit bien [D'ALEMB., Œuv. t. I, p. 147]
Les mots arrivent plus aisément pour rendre une émotion vive qu'une idée claire [ID., ib. t. III, p. 239]
Si le traducteur ne rend pas ce style et ce goût, il n'a rien rendu ; il a anéanti son auteur en croyant le faire revivre [ID., Éloges, Saci.]
L'objet des arts est infini en lui-même : il n'est borné que par leurs moyens ; le modèle universel, la nature, est présent à tous les artistes ; mais le peintre, qui n'a que les couleurs, ne peut en imiter que ce qui tombe sous le sens de la vue ; le pinceau de Vernet ne rendra jamais dans une tempête le cri des matelots et le bruit des cordages [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 410]
Absolument.
Bien écrire, c'est tout à la fois bien penser, bien sentir et bien rendre [BUFF., Disc. de récept.]
24° Traduire. Rendre un passage mot à mot.
Je suis bien éloigné de désapprouver qu'après avoir fait expliquer du latin pendant un certain temps et après avoir fait observer sur ce latin les principales règles de la syntaxe, on fasse rendre du français en latin, soit de vive voix, soit par écrit [DUMARS., Œuv. t. I, p. 213]
25° Répéter. L'écho rend les sons.
Chavigni en parla à Monsieur en ces propres termes en présence de Madame, qui me les rendit le lendemain [RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 192, dans POUGENS]
Je vous rendrais vos paroles, et ma lettre ne serait que l'écho de la vôtre, parce que je suis assez heureuse pour penser comme vous dans cette occasion [SÉV., à Moulceau, 6 janv. 1687]
J'ai parlé à d'Alembert comme un ange ; je vous rendrai cette conversation au Grandval [DIDER., Lett. à Mlle Voland, 9 oct. 1759]
26° Rendre témoignage, certifier, témoigner.
Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, et à qui ils ont rendu ce grand témoignage, que jamais il n'avait perdu un seul moment favorable [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Ces hommes auparavant si timides.... rendent hardiment témoignage devant les princes des prêtres assemblés à la résurrection de Jésus-Christ [MASS., Confér. Zèle contre les scand.]
27° Rendre un arrêt, une sentence, prononcer un arrêt, une sentence.
Ce fut le 9 mars 1765 que fut rendu cet arrêt authentique qui justifia les Calas, et qui changea leur destinée [VOLT., Comm. Œuv. aut. Henr.]
Rendre des oracles, prononcer des oracles.
L'arche sainte est muette, et ne rend plus d'oracles [RAC., Athal. I, 1]
On a cru dans les premiers siècles du christianisme, que les oracles étaient rendus par des démons [FONTEN., Oracles, I, 4]
Rendre la justice, administrer la justice.
Affligea-t-il les malheureux, et leur fit-il acheter, par quelque dureté, la justice qu'il leur a rendue ? [FLÉCH., Lamoignon.]
[Ces juges] qui, fiers de leur pouvoir, et même de leur vertu, redoutables indifféremment aux innocents et aux coupables, font croire qu'ils ne rendent la justice aux uns qu'à regret, et aux autres qu'avec colère [ID., ib.]
L'Écriture, après avoir représenté le courage de David dans ses combats.... ajoute incontinent, comme la perfection de son règne, qu'il rendait justice et jugement à son peuple [ID., le Tellier.]
Le devoir des juges est de rendre la justice, leur métier est de la différer [LA BRUY., XIV]
Rendre justice à quelqu'un, reconnaître son mérite, ses droits.
Si vous doutiez de ma sincère et parfaite joie, je douterais de la vôtre : ne nous offensons point, rendons-nous justice l'une à l'autre [SÉV., 26 août 1685]
Phèdre au fond de son cœur me rend plus de justice [RAC., Phèdre, IV, 2]
Un brave chevalier peut être d'un parti différent d'un autre brave chevalier ; mais tous deux doivent se rendre justice [VOLT., Lett. Richelieu, 20 mai 1771]
On dit dans un sens analogue : C'est une justice à lui rendre. Il faut lui rendre cette justice. Avec cette locution on ne peut représenter justice par un pronom et dire par exemple : Vous lui avez rendu justice ; et il méritait que vous la lui rendissiez. Il faudrait prendre une autre tournure. Cependant cette règle, exacte en soi, n'est pas toujours observée, surtout si le sens ne reçoit aucun dommage.
On ne lui avait pas assez rendu justice [à Mme du Châtelet] ; car, mon cher ami, à qui la rend-on ? il faut être mort, pour que les hommes disent enfin de nous un peu de bien, qui est très inutile à notre cendre [VOLT., Lett. d'Aigueberre, 26 oct. 1749]
Aux sentiments de qui rendriez-vous justice, si vous ne la rendiez pas aux miens ? [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 9 mars 1770]
28° Rendre ses comptes, rendre compte, soumettre à qui de droit les résultats d'une gestion.
La Némésis des païens fait des avances et du crédit [à la jeunesse] ; elle agrée que les comptes soient rendus sans compensation ; mais elle se dédommage sur la vieillesse, [, Anal. de Bayle, t. III, p. 299]
Il [Périclès] songeait à les rendre [ses comptes], lorsque Alcibiade dit qu'il ferait mieux de songer à ne les rendre pas ; et cette plaisanterie fut un conseil qu'il suivit [CONDIL., Hist. anc. II, 5]
Rendre compte d'une chose, en donner le détail. Rendre compte d'un événement. Rendre compte de sa gestion.
Quand je dis qu'il n'est point besoin de rendre compte de ce que font les acteurs pendant qu'ils n'occupent point la scène, je n'entends pas dire qu'il ne soit quelquefois fort à propos de le rendre, mais seulement qu'on n'y est pas obligé [CORN., 3e disc.]
Bien faire et bien rendre compte de tout, c'est la perfection ; mal faire et mal rendre compte, c'est l'abîme ; mais d'un homme qui ne rendrait pas bon compte ou d'un autre qui ferait mal et qui rendrait bon compte, celui-ci se sauverait plutôt que l'autre [, Lett. etc. de Colbert, III, 2, p. 174]
Rendre compte, être responsable de.
Si nous contemplons le terme où elle [la vie] aboutit et le compte qu'il en faut rendre [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
J'ai paru devant les Romains, citoyen au milieu de mes concitoyens, et j'ai osé leur dire : Je suis prêt à rendre compte de tout le sang que j'ai versé pour la république [MONTESQ., Sylla et Eucrate.]
Avec inversion et familièrement.
Elle [Thérèse] est sa maîtresse absolue, va, vient, sans compte rendre [J. J. ROUSS., à Mme d'Épinay, 13 déc. 1766]
Rendre compte de quelqu'un, veiller sur sa conduite.
Puis je rendrai de vous un très bon compte à l'avenir, et vous jure ma foi Que nuit et jour vous serez près de moi [LA FONT., Gag.]
Se rendre compte à soi-même de quelque chose, y réfléchir et s'en faire une notion claire.
Dirai-je.... qu'il se rendait compte à lui-même de tous les jugements qu'il avait rendus, et repassait de temps en temps toutes les années de sa vie ?... [FLÉCH., Lamoignon.]
Populairement et fig. Rendre ses comptes, mourir. Rendre raison d'une chose, en expliquer la cause. Rendre raison de différents phénomènes naturels. Rendre raison à quelqu'un, se battre en duel avec lui pour réparation d'une offense.
29° V. n Aboutir.
Alors, ouvrant une porte secrète qui rendait dans le temple, ils l'assommèrent à coups de pierres lui et ceux qui l'accompagnaient [SACI, Bible, Machab. II, 1, 1]
Le petit degré qui rend à votre garde-robe [HAUTEROCHE, Cocher supp. SC. 3]
Elle s'attache à l'orteil dès le soir Un brin de fil qui rendait à la porte De la maison.... [LA FONT., Gag.]
Il faut vous dire que je logeais dans une aile du château assez retirée, et qui, par un escalier dérobé, rendait dans le jardin, d'où l'on pouvait venir à ma chambre [MARIV., Marianne, 9e part.]
30° Cette raquette rend bien, rend mal, elle est bien tendue, mal tendue.
31° Terme de marine. Un cordage rend, donne ou adonne, quand il s'allonge sous l'effort qu'il subit.
32° Se rendre, v. réfl. Être rendu, donné en retour.
Le mal se rend chez vous au centuple du bien [LA FONT., Fabl. VIII, 3]
33° Se rendre à quelque chose, reprendre quelque chose.
Et cette âme innocente, Qui brave impunément la fortune impuissante, Regarde avec dédain ce qu'elle a combattu, Et se rend tout entière à toute sa vertu [CORN., Œd. V, 9]
Je me rends à toute l'espérance que j'avais, et je suis persuadée que vous viendrez, comme vous me l'avez promis [SÉV., 18 nov. 1676]
Je me rends tout entier à ma grandeur suprême [VOLT., Orph. de la Chine, III, 4]
Se rendre à son devoir, se réformer, céder à l'empire de la raison.
34° Aller, se transporter. Se rendre aux ordres d'un chef, d'un supérieur.
Dans deux heures Pompée en ce lieu doit se rendre [CORN., Sertor. I, 2]
J'entre un moment pour calmer son chagrin, Et me rendrai chez vous à l'heure du festin [ID., Sertor. IV, 3]
Une jeune ingénue en ce lieu se vint rendre, Et goûter la fraîcheur sur ces bords toujours verts [LA FONT., Scamandre.]
Où va donc se rendre cette multitude infinie de créatures qui disparaissent tous les jours à nos yeux ? [MASS., Carême, Élus.]
La veille de mon départ, nous soupâmes chez Platon ; je m'y rendis avec Apollodore et Philotas [BARTHÉL., Anach. ch. 23]
Par formule de politesse. Je me rends à vos ordres. Se rendre à son devoir, se rendre au lieu où le devoir appelle.
35° Aboutir. Le sang se rend au cœur.
Où se rend ce chemin-là ? Cette rivière allait se rendre dans le grand port [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 650, dans POUGENS]
36° Devenir, se faire tel.
Aux dépens de Néarque il doit se rendre sage [CORN., Poly. III, 3]
S'il se rendait d'une humeur trop sévère [ID., Théod. I, 1]
Le Seigneur s'est rendu le refuge du pauvre [SACI, Bible, Psaum. IX, 10]
Ce chétif animal [grenouille] Qui voulut en grosseur au bœuf se rendre égal [LA FONT., Fabl. V, 1]
Vers le Levant, le Vieil de la Montagne Se rendit craint par un moyen nouveau [ID., Fér.]
Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit [MOL., Tart. III, 1]
Plusieurs, dans la crainte d'être trop faciles, se rendent inflexibles à la raison [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Les inventions par lesquelles ils [les orgueilleux] s'imaginent forcer la nature, et se rendre différents des autres, malgré l'égalité qu'elle a ordonnée [ID., Gornay]
[Dans le protestantisme] Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance [ID., Reine d'Anglet.]
Ils [les peuples] ont dans le fond du cœur je ne sais quoi qui s'échappe.... et on ne leur laisse plus rien à ménager, quand on leur permet de se rendre maîtres de leur religion [ID., ib.]
On se rend complice des injustes entreprises d'un grand, ou compagnon de ses débauches [BOURDAL., Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 273]
Au fond de leur palais leur majesté terrible [des rois de Perse] Affecte à leurs sujets de se rendre invisible [RAC., Esth. I, 3]
C'est nous le plus souvent qui nous rendons tendres, pour orner nos passions ; mais c'est la nature qui nous rend amoureux [MARIV., Pays. parv. part. 5]
Je défierais qu'on imaginât une personne plus chétive que je me suis rendue [ID., Marianne, 6e part.]
Se rendre catholique, se rendre ermite, se faire catholique, se faire ermite.
Ici la loi pardonne à qui se rend chrétien [VOLT., Alz. V, 5]
Rends-toi chrétien comme elle ; accorde-moi ce prix De ses jours et des tiens, et du sang de mon fils [ID., ib.]
Terme de jurisprudence. Se rendre partie contre quelqu'un, se déclarer partie contre lui.
37° Céder, se soumettre.
Dès le premier essai mon courage se rend [RÉGNIER, Sat. I]
Cette haute vertu qui règne dans votre âme, Se rend-elle si tôt à cette lâche flamme ? [CORN., Cid, II, 5]
Vous ne vous rendez pas à la surprenante merveille de cette statue mouvante et parlante ? [MOL., Festin, V, 2]
Ah, monsieur, rendez-vous à tant de preuves, et jetez-vous vite dans le repentir [ID., ib. V, 5]
Tout le monde s'est rendu à son jugement [PASC., Prov. XVII]
Vous seriez bien difficile, si vous ne vous rendiez à de si bonnes raisons [SÉV., 558]
Ceux qui auraient été assez insensibles pour ne pas se rendre aux paroles du P. Bourgoing, auraient été forcés de se rendre à la force toute-puissante de ses exemples [BOSSUET, Bourgoing]
Je me rends, monsieur, à vos remarques [ID., Lett. 157]
Ces lâches combattants qui se sont rendus aux moindres assauts [BOURDAL., Pensées, t. III, p. 105]
Le maréchal de Villars a tant fait de représentations pour n'aller pas en Italie, que le roi s'y est rendu [MAINTENON, Lett. à Mme des Ursins, 4 juill. 1706]
Il est impossible qu'on ne se rende pas à cette vérité quand on la sent [VOLT., Ingénu, 8]
Je me rends avec plus de docilité que personne aux bonnes critiques ; mais les mauvaises ne m'épouvantent pas [ID., Lett. d'Argental, 13 juill. 1751]
Se rendre sur une chose, céder sur une chose.
Une femme coquette ne se rend point sur la passion de plaire et sur l'opinion qu'elle a de sa beauté [LA BRUY., III]
L'on ne se rend point sur le désir de posséder et de s'agrandir [ID., ib.]
Absolument.
Je me rends, dit-elle, Psyché ; oubliez le mal que je vous ai fait [LA FONT., Psyché, II, p. 212]
Dorante : Il n'y a plus rien à dire, je me rends. - Climène : Rendez-vous ou ne vous rendez pas, je sais fort bien que vous ne me persuaderez pas de.... [MOL., Critique, 7]
Quoi ! vous ne vous rendez pas encore, et vous vous défendez d'être médecin ! [ID., Méd. m. lui, I, 6]
....Souple à la raison, corrigez sans murmure ; Mais ne vous rendez pas dès qu'un sot vous reprend [BOILEAU, Art p. IV]
J'ai promis à Burrhus ; il a fallu me rendre [RAC., Brit. IV, 4]
Quand même, dit saint Chrysostome, tout le monde vous appellerait [à une dignité].... examinez les qualités de votre âme, et ne vous rendez point, si vous vous trouvez indigne de cet honneur [MASS., Confér. Vocation, 1]
Quelquefois les institutions les plus salutaires sont mal reçues, parce qu'elles ne viennent pas dans un temps favorable ; mais bientôt les bons esprits se rendent [VOLT., Lett. Rochefort, 27 mars 1771]
Il ne se rend jamais, c'est un opiniâtre qui ne cède jamais.
38° Il se dit de l'amour qui obtient la victoire.
La plupart des femmes se rendent plutôt par faiblesse que par passion [LA ROCHEFOUC., Pens. 104]
Ainsi mon cœur, Frosine, un peu trop faible, hélas ! Se rendit à des soins qu'on ne lui rendait pas [MOL., Dép. am. II, 1]
Je ne viens point ici par de jalouses larmes Vous envier un cœur qui se rend à vos charmes [RAC., Andr. III, 4]
Jeunes cœurs qui cherchez à vous rendre, N'aimez pas tant : Un amour trop tendre N'est jamais content [QUIN., Phaét. V, 4]
On dit bien que des femmes se sont rendues à des dieux déguisés en hommes, et quelquefois en bêtes ; à plus forte raison devra-t-on se rendre à des hommes déguisés en dieux [FONTEN., Dial. 2, Morts anc.]
39° Il se dit, dans la guerre, des villes qui se soumettent, des troupes, des individus qui capitulent ou deviennent prisonniers.
....Voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats, Et que seuls désormais en vain ils se défendent, Ils demandent le chef : je me nomme, ils se rendent [CORN., Cid, IV, 3]
Joachin, roi de Juda, sortit de Jérusalem, et vint se rendre au roi de Babylone avec sa mère, ses serviteurs, ses princes et ses eunuques [SACI, Bible, Rois, IV, 24, 12]
Un des gardes du prince d'Orange qui s'est venu rendre [PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 56]
Le roi n'est plus occupé qu'à recevoir les députés des villes qui se rendent [SÉV., 150]
Je me rends prisonnier, et demeure en otage [VOLT., Zaïre, I, 4]
Cette île de Minorque s'appelait autrefois l'île de Vénus ; il est juste que ce soit à M. de Richelieu qu'elle se rende [ID., Lett. Mme du Deffant, 5 mai 1756]
Avant ce jour [Pultava], seize mille soldats du roi Charles eussent attaqué toutes les forces de l'empire moscovite, et eussent péri jusqu'au dernier plutôt que de se rendre [ID., Charles XII, 4]
Pondichéry, livré aux horreurs de la famine, fut obligé de se rendre le 15 janvier 1761 [RAYNAL, Hist. phil. IV, 23]
Avec ellipse du pronom personnel.
Les femmes de ceux qui s'y étaient retirés, ayant été prises dans la ville, ont beaucoup contribué, comme on croit, à la faire rendre [PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 135]
40° Se rendre, n'en pouvoir plus. Je ne peux plus marcher, je me rends.
Qui mange et qui boit mieux que Dracon en un seul repas ? il enivre toute une compagnie et se rend le dernier [LA BRUY., III]
Ce cheval se rend, il est outré à force de fatigue, ou bien, il finit par obéir. Terme de chasse. Une bête se rend lorsqu'elle commence à être mal menée et à paraître sur ses fins.
41° Être prononcé.
Les sentences criminelles se rendent dans la place publique par les syndics, avec beaucoup d'appareil [D'ALEMB., Gouv. de Genève.]
42° Être traduit. Cela se rend en latin ainsi.

PROVERBES

  • Ce qui est bon à prendre est bon à rendre.
  • Amis au prêter, ennemis au rendre.
  • Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c'est-à-dire à chacun ce qui lui est dû.

SYNONYME

  • RENDRE, RESTITUER. Rendre est plus général : on rend quand on remet à qui de droit ce qui a été pris, prêté ou donné. Restituer est plus particulier : on restitue quand on remet ce qu'on a pris, volé, ou ce qu'on gardait par quelque raison que ce fût : Je vous restitue ce livre qu'on m'avait confié, sans me dire qu'il fût à vous.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    [Que il] rendist ceo que il i avereit pris [, Lois de Guill. 1]
    Franc e paien merveilus colps i rendent [, Ch. de Rol. CVII]
    Malvais service le jur [ce jour] li rendit Guenes [, ib. CVIII]
    Tant il le guardent que le rendent à Charlun [, ib. CXXXV]
    À Rolant [ils] rendent un estur fort e pesme [, ib. CLV]
    La meie mort me rent si anguissus [, ib. CLX]
    Rendre [il] le quidet u mort u recreant [, ib. CXCIII]
    Pais ne amor [je] ne dei à paien rendre [, ib. CCLXI]
    Et Bramidone les turs li ad rendues [, ib. CCLXVIII]
    Bien [il] set parler e dreite raisun rendre [, ib. CCLXXV]
  • XIIe s.
    Et tuit [tous] li rendirent treü [tribut] [, Machab. I, 1]
    Dame, pour ce qu'à vous [je] me rent, merci [, Couci, IV]
    À la plus bele du mont [monde] mon cuer [je] rent [, ib. IX]
    Mais je ne puis moi ne mon cuer defendre De plus amer, qu' [car] amours ne me veut rendre [, ib. XX]
    Cil qui premiers la trueve [dame Helissant], à Guiteclin la rant [remet] [, Sax. XI]
    Malemant [il] nos vuet randre [récompenser pour] les granz bones honors, Que li soliens [nous soulions] vaincre par tot les granz estors [combats] [, ib. XXVII]
    Li reis li a mandé qu'il seit prez l'endemain De respundre e de rendre sun acunte [rendre ses comptes] tut plain [, Th. le mart. 33]
    Or veit [voit] bien sainz Thomas sun martire en present, Ses mains juint à ses oilz, à damne Deu se rent [, ib. 149]
  • XIIIe s.
    Il nous dira la verité, Et si ne faudra ochaisons [occasion] De nous rendre le droit respons [réponse], Romanc. le Comte de Bretagne, p. 162. .... Qui pou emprunte pou rent [, Ren. 27805]
    Se la raison que li parleres rent est fause [BRUN. LATINI, Trésor, p. 561]
    Se li parleres rent foible raison de son dit [ID., ib.]
    Ensi fu la ville rendue en la merci le duc de Venise, sauves leur vies [VILLEH., XLIX.]
    Et puis [il] se rendi moine dedans une abeïe [, Berte, II]
    Comme sage et courtoise, [à] chacun son salut [elle] rent [, ib. IX]
    [Que Dieu] Doint qu'encor leur en soit li guerredons rendus [, ib. XXIV]
    [Dieu] Qui vous rende les biens que vous fais nous avez [, ib. CXXXII]
    Ne moine ne abbé, ordené ne rendu [entré dans une abbaye] [, ib. CXXXVII]
    Moult fu grans li assaus que li escuier rendirent au castiel en celui jour [H. DE VALENC., XXXIV]
    Que li baron en rengent [rendent] [de la terre] à l'emperour son droit [ID., XIII]
    Jhesus Criz, à qui li Jui rendirent mal pour bien, et pour amour haine [, Psautier, f° 136]
    Et s'il waugoit [avait des nausées] ou rendoit par le [la] bouche [ALEBRANT, f° 30]
    Si i avoit trestout à taille De riches pierres grant plenté, Qui moult rendoient grant clarté [, la Rose, 1074]
    Et [Papelardie] fu de simple contenance ; Et si fu chaucie et vestue Tout ainsinc cum fame rendue [nonne] [, ib. 422]
    Or vous levés un poi, soiés à genellon, Et si rendés vos coulpes, par grant affliction, Des peciés qu'avés fais par vo grant mesprison [, Ch. d'Ant. I, 856]
    Or est à savoir se Jehans vent à Pierre en le [la] vile de Creeil dix muis de blé rendus à Clermont à certain jor [BEAUMANOIR, XXVI, 3]
    Et, en regardant vers le ciel, rendi à nostre createur son esperit, en celle hore meismes que li filz Dieu morut en la croix [JOINV., 303]
  • XIVe s.
    Aucuns jettent leurs armeures, ou se rendent, ou font aucunes autres choses laidement [ORESME, Eth. 99]
    Et ce dit-on : ou rendre ou pendre [, Hist. des trois Maries, p. 267, dans LACURNE]
    Ch'est mierveille qu'il [deux chevaliers aux prises] ne s'estonnent Des grans coz qu'en peu d'eure donnent.... Cors efforchent et bras estendent, Che qu'il enpruntent, tantost rendent [J. DE CONDÉ, t. II, p. 21]
  • XVe s.
    L'assaut fut moult grant et très fier.... aussi les chevaliers et escuyers qui estoient dedans rendoient grand entente de eux defendre, et bien le convenoit [FROISS., I, I, 103]
    Icellui Mangier fut esprouvé et rendu malade de lepre [DU CANGE, reddere.]
    Et près d'eulx jouoient plusieurs bas instrumens qui rendoient de grandes melodies [J. DE TROYES, Chron. 1461]
    Des fusées qui rendent ung peu de flambe [COMM., I, 5]
    Il m'est avis que desormais vous vous rendez [ne voulez plus manger] [, Rec. de farces, p. 318]
    Quant le Daulphin veit que par son espée il ne le pourroit conquerre, il la rendit dedans le fourreau, et puis se lance au Badran, et le prent à bras [, Perceforest, t. I, f° 139]
  • XVIe s.
    L'affaire ne sut estre menée si secretement, que quelque valet ne le vit entrer là-dedans un jour de jeune, et le rendist [rapportât] au lieu où il ne fut celé à personne [MARG., Nouv. XX]
    J'ay estudié à rendre fidelement ce que l'autheur a voulu dire [AMYOT, Épit.]
    Chascune de ces parts pouvoit rendre à son maistre par chascun an soixante et dix minots d'orge [ID., Lyc. 12]
    Il ne defendoit de combats à ses citoyens, si non ceulx ès quelz on tend la main, c'est à dire où l'on se rend [ID., ib. 40]
    Les premieres filles qui furent rendues et vouées à cette religion [vestales] par Numa furent Gegania et Verenia [ID., Numa, 17]
    Ces armes rendoient un son qui donnoit quelque frayeur à l'ouir [ID., P. Aem. 56]
    Artemidorus promit à Lucullus, s'il le vouloit croire et suivre, qu'il le rendroit en un lieu fort et seur pour y loger son camp [ID., Lucul. 28]
    Sur la place à laquelle se rendent et aboutissent tous les grands chemins de l'Italie [ID., Galba, 30]
    Puis [Gargantua s'éveillant].... rendoit sa gorge [expectorait], baisloit, crachoit, toussoit.... [RAB., I, 3]
    Rendre son païs entre les mains d'un tyran [MONT., I, 4]
    Rendre une place [ID., I, 54]
    Rendre [accomplir] les vœux [qu'on a voués] [ID., I, 19]
    Il jecta dans ce qu'elle rendit [vomit] une espingle tortue [ID., I, 100]
    Rendre tesmoignage d'une chose [ID., I, 103]
    Se rendre à la verité [ID., I, 167]
    Se rendre à la raison [ID., II, 70]
    Rendre la gorge [vomir] [ID., I, 184]
    Rendre l'ame [ID., I, 243]
    Ce pacquet lui ayant esté rendu pendant son souper.... [ID., II, 43]
    Mon pourpoint estoit taché du sang que j'avois rendu [ID., II, 54]
    Les assiegeans gagnerent le fond des fossez par mines qu'ils rendirent [poussèrent] jusques dessous le rempart [D'AUB., Hist. I, 27]
    Cette grande armée ne rendit combat qui vaille [ID., ib. II, 317]
    Si la sangsue est maniée à main nue, elle se rend desdaigneuse et despiteuse, et ne veut pas mordre [PARÉ, XV, 69]
    Qui a appris à prendre, sçait tard que c'est de rendre [COTGRAVE, ]
    Le rendre fait mal à la gorge [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 331]
    Qui prent doibt rendre, ou l'enfer attendre [ID., ib. p. 403]
    Je blasme vostre inconsideration [de Henri IV] à vous jeter aux perils sans besoin ; cela seroit supportable à un jeune homme qui n'auroit jamais rendu preuve de son courage [SULLY, Mém. t. IV, p. 159]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, reind ; provenç. rendre, reddre, redre, retre ; catal. et espagn. rendir ; ital. rendere, du lat. reddere (par intercalation de la nasale n devant d), de re...., et dare, donner. On remarquera que quelques formes romanes n'ont pas intercalé l'n. D'après M. Baudry, dans reddere il y a deux racines confondues par homonymie : dare, radical da ( a avec un accent long), quand reddere signifie redonner ; et le radical dha ( a avec un accent long), poser, faire, quand reddere signifie faire ou faire devenir. Corssen aussi (Beitr. p. 117) reconnaît le radical dha(a long) dans con-dere, ab-dere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    RENDRE. Ajoutez :
    43° S. m. Le rendre, l'action de rendre.
    L'un est diverti par une vilaine honte qu'il a que le rendre ne lui soit une confession d'avoir reçu [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]

rendre

RENDRE. (Je rends, tu rends, il rend; nous rendons, vous rendez, ils rendent. Je rendais. Je rendis. J'ai rendu. Je rendrai. Je rendrais. Rends, rendez. Que je rende. Que je rendisse. Rendant. Rendu.) v. tr. Remettre une chose entre les mains de celui à qui elle appartient, de quelque manière qu'on l'ait eue. Rendre à quelqu'un l'argent qu'on lui a emprunté. Rendre une somme volée, touchée indûment. Rendre des livres qu'on a empruntés. Il ne rend jamais ce qu'on lui prête. Rendre un dépôt.

Prov., Il faut rendre à César ce qui appartient à César, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû.

Rendre la monnaie d'une pièce, Donner ce qui reste de la valeur d'une pièce, après avoir pris sur cette pièce ce qui était dû.

Fig., Rendre à quelqu'un la monnaie de sa pièce, Lui rendre la pareille, répliquer, riposter.

RENDRE se dit aussi figurément. Je lui ai rendu mon amitié, mon estime, ma confiance.

Rendre à quelqu'un sa parole, Le dégager de la promesse qu'il avait faite.

RENDRE signifie encore Faire recouvrer certaines choses dont on était privé, qu'on avait perdues, comme la santé, les forces du corps, etc. Rendre la santé, la vue, l'ouïe. Ce remède lui a rendu la vie. Ce régime lui rendra des forces. Rendre l'appétit. Rendre la liberté. Ce jugement lui a rendu l'honneur. Cette nouvelle lui a rendu l'espoir, le courage, lui a rendu sa gaieté.

Fam. et par exagération, Vous me rendez la vie, Vous me tirez de peine, je vous ai une obligation extrême.

RENDRE se dit aussi, en parlant des Personnes, dans une acception à peu près semblable et signifie Les faire rentrer en possession d'une chose dont elles étaient privées, ou à laquelle elles avaient renoncé. Il vient d'être rendu à la liberté. Cela vous rend à l'honneur. Vos conseils le rendront à la vertu. Ce remède peut le rendre à la vie. On l'a rendu à ses amis. On dit dans un sens analogue : Cela le rendit à lui-même, Cela fit cesser l'illusion, la prévention, etc., qui troublait, qui égarait sa raison et qui l'empêchait de juger sainement.

RENDRE signifie aussi Remettre une chose à celui à qui elle est destinée. Rendre un paquet. Rendre une lettre. Il a vieilli en ce sens.

Rendre un paquet, des marchandises en un lieu, Les y porter, les y faire voiturer, les y conduire. Il m'a vendu tant de kilos de soie, et il doit me les rendre à Lyon.

Rendre de l'ouvrage, Le remettre à celui pour qui on l'a fait. Ce tailleur est bien long à rendre son ouvrage. Je lui ai donné de l'ouvrage, il ne me le rend pas.

RENDRE se dit figurément en parlant de Certains devoirs, de certaines obligations dont on s'acquitte, de certaines marques de respect, de déférence, de civilité, etc., que l'on donne à quelqu'un. Rendre ses devoirs, ses respects à quelqu'un. Je ne manquerai point de lui rendre ce que je lui dois. Rendre les derniers devoirs à son ami. Rendre les honneurs à un officier général, à un ambassadeur, à un prince étranger. Rendre obéissance. Rendre gloire, rendre grâce à Dieu. Grâces vous soient rendues. Rendre à chacun ce qui lui est dû.

En termes de Féodalité, Rendre foi et hommage, rendre aveu s'est dit pour Remplir certains devoirs à l'égard de son suzerain.

Rendre visite à quelqu'un, L'aller visiter. Rendre à quelqu'un sa visite, L'aller visiter après avoir reçu de lui une visite. Rendre ses visites, Faire les visites que l'usage prescrit dans certaines circonstances. Ces nouveaux mariés ont aimablement rendu leurs visites.

Rendre service à quelqu'un, Servir, obliger quelqu'un. Rendre de bons offices, de mauvais offices à quelqu'un, Servir ou desservir quelqu'un par ses paroles ou par ses actions.

RENDRE signifie aussi Donner en échange, payer de retour, soit en bien, soit en mal. Rendre la pareille. Rendre avec usure. Rendre le bien pour le mal. Rendre le mal pour le bien. Rendre injure pour injure. Il m'a fait un plaisir, je le lui ai rendu. Il m'a fait une cruelle offense, mais je le lui rendrai bien.

Dieu vous le rende, Expression de reconnaissance dont se servent ceux à qui on donne l'aumône, ceux à qui on fait quelque petit présent, à qui on rend quelque bon office.

Rendre le salut, Saluer quelqu'un dont on vient de recevoir le salut. Je lui ai rendu son salut. Il ne m'a pas rendu mon salut.

Rendre réponse à quelqu'un, Lui faire une réponse, par écrit ou oralement.

RENDRE signifie aussi Produire, rapporter. Il y a de bonnes terres qui rendent deux récoltes par an. Un grain de blé en rend quelquefois plus de soixante. Cette affaire, ce métier rend peu, rend beaucoup. Ce commerce ne rend pas, ne rend rien.

Cet instrument rend un son harmonieux, Il en sort des sons harmonieux quand on en joue.

Absolument, Cette raquette rend bien, rend mal, Elle est bien ou mal tendue, elle renvoie fortement ou faiblement la balle. On dit de même : Les bandes d'un billard rendent bien, ne rendent pas.

RENDRE signifie également Exprimer, représenter. Cette copie ne rend pas bien l'original. Ce portrait rend bien l'expression de votre visage. Ce mot rend mal votre idée. Rendre nettement, clairement, vivement sa pensée. Je ne saurais rendre, vous rendre à quel point j'ai souffert de votre indifférence, combien je suis touché de votre procédé.

Rendre des oracles, Prononcer des oracles.

Rendre témoignage, Témoigner.

Rendre un arrêt, une sentence, Prononcer un arrêt, une sentence.

Rendre la justice, Exercer, administrer la justice. Les tribunaux sont institués pour rendre la justice.

Rendre justice à quelqu'un, Reconnaître son mérite, ses droits. Le public lui rend enfin justice. Tout le monde rend justice à son mérite. On dit dans un sens analogue : C'est une justice à lui rendre. Il faut lui rendre cette justice.

Rendre raison, Expliquer pourquoi on fait quelque chose, pourquoi quelque chose est ou se fait. Rendez-moi raison de voire conduite, de votre procédé. Il y a des phénomènes, dans la nature, dont on ne peut rendre raison.

Rendre raison à quelqu'un, Se battre en duel avec lui pour réparation d'une offense. Il faudra bien qu'il me rende raison de cette insulte. Je suis prêt à lui rendre raison quand il voudra.

Rendre compte d'une chose, La détailler, en donner l'explication. Rendre compte d'un, événement. Rendre compte de sa gestion. Rendre un compte détaillé de sa gérance. Rendre ses comptes. On dit aussi : Se rendre compte d'une chose, Se l'expliquer, en prendre nettement connaissance. Je me rends parfaitement compte de votre situation. Il ne s'est pas bien rendu compte de ce qui se passait.

RENDRE signifie aussi Traduire. Il a mal rendu le sens de son auteur. Rendre un passage mot à mot. Cherchez à rendre le sens plutôt qu'à traduire chaque mot.

Il signifie également Répéter. L'écho rend les sons, rend les paroles. Il ne vous a pas bien rendu ce que je l'avais chargé de vous dire. Je vous rends son discours mot pour mot.

RENDRE se dit encore en parlant de Ce que le corps rejette, par les voies naturelles ou autrement. Rendre un remède. Rendre une médecine, un vomitif. Rendre de la bile. Il rend le sang par le nez. On lui perça un abcès qui rendit quantité de pus. Rendre un aliment comme on l'a pris. Absolument, Le malade a rendu plusieurs fois dans la journée.

Fig., Rendre gorge, Restituer par force ce qu'on a pris, ce qu'on a indûment acquis. On lui a fait rendre gorge.

Fig., Rendre l'esprit, rendre l'âme, rendre le dernier soupir, Mourir, expirer.

RENDRE signifie aussi Livrer, céder. Les vivres venant à s'épuiser, le gouverneur se vit forcé de rendre la place.

Fig., Rendre les armes, S'avouer vaincu dans une contestation, dans une discussion.

En termes de Manège, Rendre la bride à son cheval, La tenir moins haute, moins ferme. On dit aussi : Rendre la main à un cheval, Lui lâcher un peu la bride.

À certains jeux où l'on compte par points, Rendre des points, Consentir que son adversaire compte d'avance à son profit un certain nombre de points, de manière à compenser l'inégalité de force entre les deux joueurs.

Fig., Rendre des points à quelqu'un, Être ou se croire plus fort que lui.

En termes de jeu d'Échecs, Rendre un cavalier, une tour, un fou, Se priver volontairement d'une de ces pièces pour donner un avantage à son adversaire.

RENDRE signifie aussi Faire devenir; être cause qu'une personne, qu'une chose devient ce qu'elle n'était pas auparavant. Sa vertu l'a rendu illustre. Cette action l'a rendu odieux. Ses victoires l'ont rendu maître de tout le pays. La parure la rend plus belle. Le malheur l'a rendu sage. Cet accident l'a rendue sourde. L'exercice rend le corps plus vigoureux. Rendre un chemin praticable, une rivière navigable.

SE RENDRE signifie Devenir, avec ou sans intention, mais par son propre fait. Il veut se rendre agréable, nécessaire. Il s'est rendu odieux, méprisable, ridicule par sa conduite, par ses manières. Ce prince s'est rendu redoutable à tous ses voisins. À force d'excès, il s'est rendu malade. Les ennemis se sont rendus maîtres de la place. Se rendre maître de l'esprit de quelqu'un.

SE RENDRE signifie aussi Céder, se mettre au pouvoir de quelqu'un, se soumettre. Les assiégés ne voulurent point se rendre. La citadelle ne s'est rendue qu'à la dernière extrémité. Se rendre aux ennemis. Ils se sont rendus sans coup férir. La garnison s'est rendue à discrétion.

Fig., Se rendre à la raison, à l'évidence, à l'autorité, à des raisons, à des prières. Cette femme s'est rendue à ses désirs.

Je me rends se dit lorsque, dans une discussion, on finit par céder. Il ne se rend jamais, C'est un opiniâtre, un entêté qui ne cède jamais.

SE RENDRE signifie encore Se diriger vers, aboutir. Les fleuves se rendent à la mer. Le sang se rend au coeur.

Se rendre en quelque endroit, lorsqu'il s'agit des Personnes, signifie Se transporter en quelque endroit, y aller. Il se rendra à Lyon tel jour. Si vous voulez vous rendre en tel endroit, vous m'y trouverez. Je me rendrai auprès de vous. Se rendre à son régiment. Se rendre à son bord. Se rendre à l'assignation. Se rendre à son poste. Se rendre à une invitation. Se rendre aux ordres d'un chef, d'un supérieur. Par formule de politesse, Je me rends à vos ordres.

Se rendre à son devoir, Se rendre au lieu où le devoir appelle. Se rendre à son devoir se dit aussi de Quelqu'un qui se réforme, qui cède à l'empire de la raison. Mon fils, quand vous rendrez-vous à votre devoir?

Le participe passé RENDU s'emploie adjectivement et signifie Qui est remis à destination. Cette barrique de vin coûte tant, rendue à Paris, rendue à domicile.

Compte rendu. Voyez COMPTE.

RENDU signifie aussi Qui est arrivé où l'on voulait aller. Il n'y a plus qu'un petit quart de lieue d'ici chez nous, nous voilà bientôt rendus.

Il signifie encore Qui est las, fatigué, qui ne peut plus marcher. Je suis rendu, je ne saurais aller plus loin. Ce cheval est rendu.

En termes de Beaux-Arts, il se dit des Objets ou des détails bien étudiés et rigoureusement exprimés. Dessin, modèle bien rendu.

Dans ce sens il s'emploie aussi comme nom. Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce tableau, c'est le rendu des draperies.

Fig. et fam., C'est un prêté rendu se dit en parlant d'un Tour qu'on vient de jouer à quelqu'un et qui vaut bien celui dont on a été victime de son fait auparavant.

Fig. et fam., C'est un prêté pour un rendu signifie que La victime d'un mauvais procédé saura prendre sa revanche.

rendre

Rendre, Tantost signifie restituer, Reddere, Restituere. Comme rendre ce qu'on a emprunté, Mutuum aut Commodatum reddere. Tantost representer et remettre, Referre. Comme, Rendre la pareille, Par pari referre, Paria facere, Parem gratiam repraesentare. Tantost faire, Efficere. Comme, Je le vous rendray tributaire, Tributo obnoxium tibi praestabo ac efficiam, Domabo, Subiiciam ac subiugabo. Tantost Assigner, comme, Je vous rendray raison de tout, Omnium gestorum rationem tibi assignabo.

Rendre tout fait, Aliquid effectum tradere.

Rendre ou ouir un conte, Rationem cum aliquo putare.

Nous leur rendrons une fois ce que nous leur avons osté, Illis alibi reponemus.

¶ Rendre un medicament en forme de trochisque, Pastilicare.

Rendre cler ce que paravant estoit obscur, Declarare.

Rendre une chose malaisée à faire, Difficultatem afferre.

Rendre les abbays, entre veneurs, c'est quand le cerf recreu de trop courre s'accule en un lieu le plus advantageux qu'il peut choisir, endurant que les chiens l'abbayent. Le contraire est au regard du sanglier, lequel est dit rendre les abbays quand il sort de sa bauge, et gite abbayant aux chiens.

¶ Rendre un criminel à son Evesque, De reo secundum infulas pronuntiare. B.

La Cour a rendu et rend le prisonnier à son Evesque pour luy faire son procez sur le delict commun, à la charge du cas privilegié, etc. Curia reum non suae ditionis, translatitij criminis ergo ad pontificium iudicium relegandum censuit. Quod vero ad praecipuum admissum regiumque attinet. B.

Rendu à l'Evesque, Redditus suis ac pontificiis legibus, Infularum iuris compos sententia Curiae, Infulati capitis priuilegio seruatus. Bud.

¶ Assujectir et rendre à l'obeissance de l'empire Romain, Subiungere vrbem aliquam sub imperium Romanum, Sub imperium Romanum redigere, In ditionem vel potestatem vel seruitutem redigere.

Rendre une province sous son obeissance, Perdomare prouinciam aliquam.

¶ Rendre un plaisant odeur et recreatif, Iucunde olere.

Rendre grand odeur, Fragrare.

Rendre fort grand odeur, Perolere.

Rendre grande lueur, Perlucere, Praelucere.

Rendre fort clair, Collustrare lumine.

¶ Qui rend et produit beaucoup, Ferax.

Il a rendu cent grains pour un, Centesimum fructum ager attulit.

¶ Ces choses m'ont rendu fier, Mihi nescio quos spiritus haec attulerunt.

¶ Se rendre doux et traictable, Se ad leuitatem dare.

Rendez vous fideles à nous vouloir escouter, Sit vestra benignitas ad audiendum.

Se rendre et monstrer legier aux siens, Concinnare se leuem suis.

Se rendre du tout suject à un homme, Se alicui homini addicere.

Se rendre prisonnier et serf des voluptez, Constringendum se tradere libidinibus.

Se rendre coulpable de larrecin, Abstringere se furti, Alligare se furti.

Se rendre partie, Se joindre en la cause, In causam, et ad causam descendere. Bud.

¶ Se rendre à aucun et mettre en sa sauvegarde et puissance, Contribuere se alicui, Concedere in deditionem alicuius, In fidem deditionemque se suaque tradere, Permittere se fidei, vel in fidem et potestatem alicuius, Permittere se in deditionem alicuius.

Se rendre à la merci d'aucun, sous l'asseurance par luy promise, In fidem alicuius venire.

Ils se rendirent à la merci du Consul, Abiecti armis, in fidem Consulis venerunt. B. ex Liu.

Se rendre à quelqu'un et luy donner gaigné, Cedere, Manus dare, Herbam porrigere.

Se rendre aux gendarmes, Permittere se militibus.

Se rendre à son ennemi, Tradere se.

Rendre la forteresse aux ennemis, Arcem prodere hostibus.

Se rendre à son ennemi la vie sauve, Pacisci vitam ab hoste, Vita incolumi hosti se dedere. Liu. lib. 23.

Se rendre bagues sauves, Suppellectili, ac vasis impedimentisque incolumibus se dedere. Liu. lib. 23.

Se rendre à l'ennemi, Deditionem facere. Liu. lib. 22.

Se rendre à la merci du Roy, Facere deditionem qua se suaque Regi permittit. Liu. lib. 23.

Les gens de cheval de l'ennemi se sont venus rendre en nostre armée, Hostium equites ad nostrum exercitum transfugerunt. ex Liu. lib. 23.

Rendre raison à quelqu'un de quelque chose, Rationem alicuius facti reddere. Cic. lib. 5. Epist. ad Attic.

Qui s'est allé rendre aux ennemis, et tient leur parti, Perfuga, Transfuga.

Se rendre du parti des ennemis, Ad hostes transfugere.

Se rendre comme vaincu, Palmam dare.

Je me rends à toy, Dedo me tibi.

Quand on se rend à aucun, Deditio.

Apres qu'on se fut rendu, Deditione facta.

Il se rend à l'heure de huit heures, Ad horam octauam praesto est.

¶ Des yeux se va rendre au cerveau, Ab oculis pertingit ad cerebrum.

Il se rend dedans le Rhein, Defertur in Rhenum.

rendre


RENDRE, v. a. [Randre: 1re lon. 2e e muet.] Je rends, tu rends, il rend, nous rendons; je rendois ou rendais; je rendis; j'ai rendu, je rendrai, je rendrois ou rendrais, rends, que je rende, je rendisse; rendant, rendu. = 1°. Remettre, restituer. (syn.) À~ proprement parler, nous rendons ce qu'on nous avait prété ou doné: nous remettons ce que nous avions en gage ou en dépôt; nous restituons ce que nous avions pris ou volé. = Rendre est le genre; les autres sont les espèces. On peut dire rendre, d'un dépôt et d'une chose volée. Rendre une somme qu'on avait volée, ou touchée. = Il se dit aussi pour remettre. "Rendre un dépôt; rendre un paquet, une lettre. = En parlant de marchandises, les faire porter, voiturer dans l'endroit, dont on est convenu. "J'ai acheté de lui dix balles de soie, et il a promis de me les rendre à Lyon. = Il régit aussi les persones, en ce sens. "Dans deux heures, je vous rendrai là. = 2°. S'aquiter de certains devoirs. Rendre gloire, grace à Dieu. Rendre honeur, homage, obéissance, réponse, compte à (sans article.) Rendre ses devoirs, ses respects à quelqu'un, etc. Rendre le salut, saluer celui qui nous a salué le premier. = Rendre visite, aller visiter: rendre à quelqu'un sa visite ou absolument, rendre ses visites; aller visiter celui, ou ceux et celles, qui nous ont visités les premiers. = Rendre la justice et rendre justice, ont aussi diférens sens. Le 1er signifie, administrer la justice; le 2d reconaître le mérite de quelqu'un. = 3°. Dans le sens moral, faire aux aûtres ce qu'ils nous ont fait, soit en bien, soit en mal. Rendre la pareille, le réciproque, le change, le bien pour le mal; injure pour injure. Il m'a fait un plaisir, ou, il m'a joué un vilain tour. Mais je le lui ai bien rendu. = 4°. Faire recouvrer. Rendre la santé, la vue, la vie, les forces, l'embonpoint, la liberté, la parole, l'apétit. — 5°. Faire devenir. Rendre agréable, nécessaire, ou odieux, méprisable, ridicule, etc.
   Oui: le devoir n'est fait que pour nous rendre heureux.
       La Chaussée.
= 6°. Produire, raporter. "Cette terre rend beaucoup, ou ne rend pas grand'chôse. "Un grain de blé en rend quelquefois plus de soixante. "Cette orange rend beaucoup de jus. Et dans un sens aprochant; fleur, qui rend une odeur agréable, instrument qui rend un son harmonieux. = 7°. Livrer. "Rendre une place, rendre l'épée, les armes. = 8°. Traduire. Rendre un passage mot à mot: il a mal rendu le sens de son Auteur. = 9°. Répéter. "Echo, qui rend fidèlement les sons. "Il n'a pas rendu fidèlement ce que j'ai dit. "Il a une telle mémoire qu'il rend un long discours presque mot pour mot. = 10°. Exprimer, représenter. "Cette copie ne rend pas bien l'original. "Quelle langue pourroit rendre un spectacle si déplorable? Jér. Dél. = 11°. Il s'unit à plusieurs noms. — Rendre un Arrêt, une sentence. Rendre raison, témoignage. Rendre des oracles. Rendre à quelqu'un sa parole. Voy. ces mots à leur place. = 12°. V. n. et rec. Aboutir. "Ce chemin rend à un tel village. "Celles, (les rues) qui vont rendre aux rues de Richelieu et de Grammont, etc. Ann. Litt. "Les fleuves se rendent à la mer. "Où se rend ce chemin? = 13°. Se rendre, a plusieurs aûtres sens. = Aler, se transporter. "De là, je me rendis à ma chambre, pour faire mon paquet. Mariv. "Quelques tems aprês, Descartes se rendit en Suède. Paulian. Dict. de Physique. "se rendre à son devoir, à sa charge; au lieu où ils nous demandent. = Céder, il faut se rendre aux bones raisons qu'on vous done. = S'avouer vaincu. "Une femme coquette ne se rend point sur la passion de plaire et sur l'opinion de sa beauté. La Bruyère. Je ne me rends pas. Racine dit: je ne suis pas rendu.
   La Requête civile est ouverte pour moi.
   Je ne suis pas rendu.      Les Plaid.
= Devenir. "Se rendre agréable, utile, ou odieux, ridicule, importun. = N'en pouvoir plus. "Je ne puis plus manger, ou marcher: je me rends. "Quoi! vous vous rendez déja. = 14°. Rendu, partic. et adj. "Le vin de Bourgogne coûte tant, rendu à Paris. "Cheval qui est rendu, lâs, fatigué, outré. "Nous voilà déja rendus, arrivés. = S. m. Les rendus; qui se sont rendus à l'énemi. = C'est un rendu, un tour qu'on joûe à la pareille. St. fam.
   REM. Rendre, faire devenir, ne régit que les adjectifs: il ne doit pas se joindre aux participes. On ne doit pas dire: rendre chéri, rendre préparé, rendre conu, etc. Tout cela est barbâre. Bouhours. S'aler rendre, régit quelquefois des subst. sans article. "Elle s'ala rendre Religieûse à l'Abaye de Maubuisson. Maimbourg. = Rendre régit quelquefois le datif de la persone, et il régit encôre à l'acusatif un adjectif et un subst. celui-ci précéde de l'aûtre. "L'amitié me rend personel tout le bien qu'on vous fait. = * Pluche traite rendu comme devenu: il fait l'un et l'aûtre indéclinable, contre l'usage. "Ces élémens rendu agissans, s'insinuent dans la petite ouvertûre des semences. Spectacle de la Nature. Il falait, rendus agissans. Voy. DEVENIR, n°. 7°. = Dieu vous le rende, est une expression triviale, peu digne d'entrer dans un Poème. "C'est maintenant, mon cher Philoctète, s'écria Hercule, (sur le bucher) que j'éprouve ta véritable amitié... que les Dieux te le rendent. Télém.

Synonymes et Contraires

rendre

verbe intransitif rendre
Avoir tel rendement.

rendre

verbe transitif rendre
2.  Exprimer quelque chose.
3.  Prononcer un jugement.
4.  Familier. Expulser par la bouche.

rendre (se)

Traductions

rendre

zurückgeben, machen, sich erbrechen, sich übergeben, veranlassen, sich brechen, abgeben, brechen, leisten, wiedergeben, zurücknehmenrender, return, make, cause, get, give back, throw up, vomit, give in, give up, repay, surrender, turn over, drive, yield, take backmaken, overgeven, teruggeven, braken, doen, kotsen, laten, spugen, vomeren, latendoen, (terug)geven, opleveren, succes hebben, terugkaatsen [bal], uitdrukken, vertalen, spuwen, opgeven, terugbetalen, weergeven, uitbraken, laten doen, retourneren, terugnemenהחזיר (הפעיל), השיב (הפעיל), נתן בחזרה, הִשִּׁיב, הֶחְזִירkaste op, give tilbage, returnere, tage tilbageigidevolver, causar, dartehdä, palauttaaspýjarendere, restituire, contraccambiare, profittare, ricambiare, riconsegnare, rigettare, rimettere, riporre, rippore, riportareczynić czymś, skłaniać do czegoś, oddać, odebrać, powrócićlançar, devolverkräkas, spy, ge tillbaka, lämna tillbaka, ta tillbakaπαραδίδω, επιστρέφωيَرُدُّ, يُعْيدُvrátitvratiti取り消す, 戻す, 返す...을 되돌려 주다, 돌려주다, 취소하다gi tilbake, returnere, ta tilbakeвозвращатьให้คืน, คืน, นำไปคืนgeri almak, geri dönmek, geri vermekđưa lại, lấy lại, trả lại回返, 归还, 拿回来 (ʀɑ̃dʀ)
verbe transitif
1. donner ce qu'on a pris ou reçu Je lui ai rendu les clés. rendre la monnaie à qqn rendre la liberté à qqn
2. rapporter ce qu'on a acheté rendre un article défectueux
3. faire devenir suivi d'un adj. Cela me rend fou.
4. aller voir qqn
5. aider qqn
6. vomir bébé qui rend son biberon
7. exprimer L'ambiance est bien rendue dans le film.

rendre

[ʀɑ̃dʀ] vt
(= restituer) [+ livre, argent] → to give back, to return; [+ otages] → to free
J'ai rendu ses disques à Christine → I've given Christine her records back.
J'ai rendu mes livres à la bibliothèque → I've taken my books back to the library.
rendre la monnaie → to give change
rendre la liberté à qn → to set sb free
rendre la vue à qn → to restore sb's sight
rendre la santé à qn → to restore sb's health
(= faire devenir) rendre qn célèbre → to make sb famous
rendre qch possible → to make sth possible
[+ visite] → to return
rendre la politesse à qn (fig) → to repay sb, to return the favour (Grande-Bretagne), to return the favor (USA)
(DROIT) [+ jugement] → to pronounce, to render; [+ verdict] → to return
[+ honneurs] → to pay
rendre hommage à → to pay tribute to
[+ sang, aliments] → to bring up
[+ sons] [instrument] → to produce, to make
(= exprimer, traduire) → to render
Elle a su rendre ce texte en français avec une grande sensibilité → She managed to render this text in French with great sensitivity. [ʀɑ̃dʀ]
vpr/vi
[armée, criminel] → to surrender, to give o.s. up
Le meurtrier s'est rendu à la police → The murderer gave himself up to the police.
se rendre à [+ arguments] → to bow to
se rendre à l'évidence → to bow to the evidence
Malgré son obstination il a dû se rendre à l'évidence → Obstinate though he was, he had to bow to the evidence.
(= aller) se rendre quelque part → to go somewhere
(autres locutions) se rendre compte de qch → to realize sth
se rendre compte que → to realize that
vpr/réfl
se rendre insupportable → to make a nuisance of o.s.
se rendre malade → to make o.s. ill